La République des LIBRES

"Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."J.Jaurès

20 novembre 2008

Il n'a rencontré personne - Ière partie

Il vient de loin, poussé comme une feuille morte par la faim, la mal-chance et le découragement. Et peut-être autre chose qui ne regarde que lui. Son errance s'est arrêtée un temps devant l'église de B..., où il guette la sortie des fidèles : Noël approche, et l’attendrissement charitable allant avec. Les habits en cuirasse de crasse, les cheveux épar-pillés, grisâtres, la peau rougie et fendue par l'alcool et le froid, les yeux d'une eau trouble, perdue, brisé de toute sa carcasse, il attend, il ne sait plus rien faire d'autre, sa seule envie du moment, survivre. Tendant une main tordue et secouée de tremblements, il marmonne au paroissien attardé une supplique imbibée où flottent des mots d'autrefois : un métier, une maison, une famille, tout ça englouti dans ce tourbillon froid que de fieffés spécialistes en leurs grands bureaux chauds ont nommé La Crise.

Par intervalles d'air tiède, il entend sortir du portail entrouvert des bouffées d'orgue assuré, des bribes de cantiques, quelque parole fleurie d'un prêtre : ça aussi c'est avant, très loin, un vague souvenir d'enfance calme, d'un monde où tout allait bien, où les seuls pauvres étaient les petits négros grosses lèvres rouges et ventres pansus pour qui les grands-mères tricotaient pieusement des chaussettes en laine de récupération cacadoie.

Puis les chaises, le battement des pas, le portail qui s'écarte, la foule qui sort : enfants proprets et soulagés, dames souriantes aux toilettes convenues, messieurs lents clignant des yeux au timide soleil de la place. Quelques pièces tombent parfois dans sa casquette, certaines sèches, d'autres accompagnées d'un rapide sourire muet. Mille conversations s'élancent par-dessus sa tête basse, qui ne voit que les chaussuclocheres luisantes, les plis impeccables des pantalons et les socquettes blanches dûment remontées. Il lui faudrait le courage de lever les yeux, affronter ces regards normaux, les chaleureux et les apitoyés comme les indifférents. Eux, ils ont des rites exacts et sûrs, des amis à saluer, une voiture encore tiède de l'aller, un repas dans une maison, histoire de s’entraîner pour le réveillon. Lui, il attend que les lieux soient vides pour se relever en craquant, prendre sa canne, son bissac, et partir.

Lentement, il quitte la place retournée à son désert. Il descend vers la gare entre deux rangées d'immeubles frais repeints de blanc. Un oeil distrait sur l'espace vaguement vert à gauche, où jouent sérieusement quelques gamins crépus ou blonds qui, dans leur amusement, ignorent sa silhouette tremblante et cassée. C'est peut-être mieux. Des guirlandes éteintes pendouillent aux arbres. Il passe devant un restaurant exotique. Pas pour son ventre, ça, depuis longtemps. Son exotisme à lui, ce sont les poubelles, les fins de marché et parfois, les restes qu'il mendie aux terrasses repues avant que les serveurs ne le chassent dégoûtés – à voix basse, ne pas déranger les clients.

Il approche de la gare, délaissée depuis que sa boutique aux journaux a fermé et qu'on a prié son chef d'élire domicile à la grosse ville proche. Il atteint le dédale souterrain qui conduit aux voies et remplace l'ancien passage à niveau. Dans cette étendue sale, il se retrouve brusquement en terre familière : canettes cassées, papiers froissés, grisaille obscure parcourue de pauvres graffitis suintant le refoulement, naufrage de l'art pariétal et du désir adolescent réunis. Seule une ancienne fresque d'origine scolaire abandonnée à l'humidité et une plus récente, plaisante mais accentuant le misérabilisme du reste, peuvent retenir l’œil du passant épris d'insolite. Un vent courant, humide, des flaques noires et douteuses, une odeur aigre à laquelle il est trop habitué, le font hésiter. Pourtant, ce monde englouti l'attire. Là au moins il ne voit plus tout ce qui lui rappelle avant : propreté, chaleur, lumière.

Dans un nouvel et pesant effort, il prend la rue Lamorière, longeant cette voie ferrée rectiligne qui l'aspire : mélange de l'idée qu'il aimerait partir, repartir, loin, vers autre chose, n’importe quoi mais autre chose, et aussi qu'il pourrait s’arrêter là, définitivement, sous les roues aveugles d'un de ces puissants et interminables métalliers qui réveillent le voisinage aux heures troubles de la nuit.

Quand même, il avance. L'automate a des restes de ressort. Il croise le ballon d'un jeune garçon roux aux yeux clairs qui le regarde passer sans oser son sourire habituel. N’importe, il ne l’aurait pas vu : inutile de se rappeler qu’un autre garçon, le sien, ne lui souriait plus. La petite sœur, silencieuse, s’abrite derrière son portail. Plus loin, un braque inquiet lui fait un brin de conduite à voix rauque. L'homme a l'habitude, les chiens savent lui dire tout haut ce que les gens pensent tout bas. Un TGV, surgissant dans un chuintement de métal gris-bleu, le frôle sans qu'il tourne la tête.

PMB pour "la République des Libres".

photo : S.Desprez - Avignon novembre.

Posté par Soded à 16:50 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

ILES LOINTAINES, EXILS,PASSE-TEMPS

cielmarsDE SAINTE-HELENE ET D'AILLEURS...LES ILES LOINTAINES
Jean-Paul Kauffmann , l'un des otages du Liban, avec Jean-Louis
Normandin et Marcel Carton, une fois terminé le calvaire de la
réclusion, dont il faut dire, sans chercher la polémique ,qu'elle fut
mille fois pire que celle , déjà terrible, endurée par Ingrid
Bétancourt, fit un voyage. Une réclusion longue, interminable, dans
une sorte de cave mal éclairée, avec, pour se soutenir et ne pas
sombrer dans la folie, des cours d'oenologie, car Kaufmann est un
ponte du vin de Bordeaux, des recettes de cuisines échangées, des
textes appris par coeur....l'apprentissage, au fond, progressif que la
liberté est une chimère inaccessible.Puis soudain, la porte de la
cellule grince, s'ouvre, on les expulse sans ménagement. La lumière du
soleil fait exploser leurs yeux.
Puis, avec le temps, la vie "normale" revient ,polie, affable,
rassurante. Or on ne se remet jamais d'une pareille épreuve et
Kaufmann ,taraudé sans doute, par ce temps perdu et l'incertitude de
chaque seconde d'une libération, se lança dans l'écriture du livre
sans doute le plus étonnant qu'il m'ait été donné de lire "LA CHAMBRE
NOIRE DE LONGWOOD", un livre sur la captivité ultime de Napoléon, sur
l'Ile de Sainte-Hélène, perdue à 3000 km de toute terre habitée. Une
captivité, en fait, inverse, si l'on ose dire, où la mer fait office
de murs de cellule...

A vous de nous parler d'une solitude géographique

photo : S.Desprez - Luberon 11.08

Posté par MONTAIGNEACHEVAL à 11:11 - Commentaires [40] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

OBAMA NE SERAIT-IL DONC PAS HALLAL

Trouvé au hasard en consultant "GOOGLE ACTUALITES"

Pour le bras droit d'Oussama Ben Laden, Ayman Zawahiri, tous les Noirs occupant d'importantes fonctions aux Etats-Unis sont des esclaves au service des Blancs.
Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman Zawahiri, a mis en garde le président élu américain contre l'envoi de renforts en Afghanistan (Sipa)
Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman Zawahiri, a traité le président élu américain Barack Obama d'"esclave noir" au service des Blancs, dans un message audio diffusé mercredi 19 novembre sur internet.
Pour l'adjoint égyptien d'Oussama Ben Laden, le premier Noir élu président, ainsi que d'autres Noirs occupant d'importantes fonctions aux Etats-Unis, sont "des esclaves noirs domestiques".
"Ce que Malcom X disait au sujet des esclaves employés de maison s'applique à vous et à des gens comme vous", a dit Zawahiri, citant l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell et la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice.
Mise en garde
Le numéro deux d'Al-Qaïda a également mis en garde Barack Obama contre l'envoi de renforts en Afghanistan, dans ce même un message audio.
"Ce que vous avez annoncé (...) que vous retirerez des soldats (américains) d'Irak (pour les envoyer) en Afghanistan est une politique vouée à l'échec", a-t-il dit dans son message cité par le centre américain de surveillance de sites islamistes SITE.
"Si vous continuez à vous entêter dans l'échec américain en Afghanistan, souvenez-vous du sort du (président américain George W.) Bush, de (l'ancien président pakistanais) Pervez Musharraf et du sort des Soviétiques et des Britanniques avant eux" en Afghanistan, a-t-il ajouté.
Lors d'une interview diffusée dimanche, Barack Obama avait confirmé sa volonté de retirer des troupes d'Irak pour concentrer l'effort militaire sur l'Afghanistan.
Quelque 150.000 militaires américains sont encore en Irak, contre 32.000 en Afghanistan, où le conflit avec les insurgés talibans fait rage.
(ARTICLE PARU DANS "LE NOUVEL OBSERVATEUR)

Quel aveu!!!! On est replongé d'emblée dans les temps de ténèbres, lorsque le monde arabe, entre le Xème et le XIIIème siècle pratiquait la traite des esclaves jusqu'au Mozambique ou Madagascar.

Posté par MONTAIGNEACHEVAL à 10:52 - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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