23 novembre 2008
MON STICK DANS TA GUEULE
Il y a quelques jours, un petit collégien de 11 ans, Islam Badr, est mort roué de coups par son professeur de mathématiques. Cela se passe en Novembre 2008 à Alexandrie. Et l'on apprend aussi, en lisant l'article paru dans "LIBE" d'hier, que ce n'est pas un fait rare. Mais jusqu'alors , on se taisait devant l'abject. Les profs égyptiens ont en permanence une cravache, un stick, dont ils peuvent user et abuser. Cette information ne serait qu'un fait divers monstrueux si la femme d'Hosni Moubarak avait diligenté en Egypte un "Comité des Droits de l'Enfant", quelque chose de parfaitement révolutionnaire et d'insupportable aux yeux du clergé musulman ultra-réactionnaire. Désormais, s'appuyant sur ce Comité, les Egytiens n'hésitent plus à parler. Et à avouer l'ignominie de ces élèves tabassés en douce....Les islamistes voient , évidemment, dans cette mesure de protection de l'enfance une trahison, une soumission à l'Occident!!!!
Ça barde donc en Egypte, où le gouvernement est disposé à médiatiser à très grande échelle le tabassage à mort du petit Badr, pour forcer l'opinion à basculer vers la modernité. Deux autres mesures sont en voie d'être votées ,et naturellement contre l'avis des islamistes, qui sont à l'Islam ce que Staline est à Marx. D'une part l'interdiction définitive de l'excision, l'abomination des abominations, et le relèvement à 18 ans de l'âge du mariage, ce qui passe aux yeux des crétins barbus pour, je cite "une incitation à la fornication". On est consterné, une fois de plus, de l'arriération intellectuelle d'une partie du clergé musulman, versé dans l'Islamisme comme certains catholiques ont sombré dans l'intégrisme ainsi que, d'ailleurs des protestants et des Juifs (ne me reprochez pas la majuscule. Le judaïsme mèle peuple et foi). Le retour, non pas du religieux, mais de la bigoterie dogmatique est le nouveau dragon qui attend son nouveau Saint-Michel...et il y a quelques raisons d'espérer: la déconfiture de Sarah Palin, les réformes en Egypte....mais il y a aussi de terribles menaces sur la pensée. Et pas seulement sur la liberté de penser. Atiq Rahimi a reçu des menaces des Talibans, ces "étudiants" (bizarre, ce mot employé ici m'a toujours fait rire) qui prétendent être l es grands connaisseurs mondiaux de la pensée musulmane, alors qu'ils ont autant de finesse intellectuelle qu'une junte sud-américaine...
Photo : la bibliothèque d'Alexandrie.
LES NAMBIKWARAS EN HABITS DE FÊTE
LES NAMBIKWARAS EN HABITS DE FÊTE
Cette
semaine, on va célébrer les 100 ans de Claude-Levi-Strauss. Il y a
quelques années, il disait qu'il était préoccupé de la tournure que
prenait le monde dans lequel il allait disparaître. Claude Lévi-Strauss
est de la génération de Jacqueline de Romilly , de Chritiane
Desroches-Noblecourt, de Fernand Braudel....Il incarne la recherche
humaniste. Au sens premier et profond du terme. On ne fera pas ici le
catalogue de son oeuvre, immense, universelle, insurpassée,
insurpassable, mais on se concentrera sur le livre qui me semble le
plus atypique de tout le XXème Siècle "TRISTES TROPIQUES". Au début du
livre, outre la célèbre boutade, qui n'enn est pas tout à fait une "Je
hais les voyages et les explorateurs", on trouve des pages sublimes,
sur le coucher de soleil au-dessus del a mer, sur cette curieuse
sérénité qui frappe tous les hommes, quand le soleil décline..."TRISTES
TROPIQUES" est une ode et un traîté de l'Universel. Les tropiques
paraissent bien « tristes », en effet. Au fond que nous montrent les
voyages?
« notre ordure lancée au visage de l'humanité »
...
Ouvrage poignant,"TRISTES TROPIQUES" porte en soi le remords de
l'Occident et la difficile posture de l'ethnologue, écartelé entre des
mondes inconciliables. Le livre est aussi une condamnation sans appel
à la fois du colonialisme et du mythe du "bon sauvage". En hommage à
Claude Levi-Strauss, grand passeur pour le siècle qui fut, je vais
relire son "TRISTES TROPIQUES". ...bien tristes en effet, et pas que
les tropiques....
Photo : C.Lévi-Strauss en 1988.


