27 novembre 2008
ROUAULT,LA LUMIERE SUBREPTICE
Puisqu'on en est à célébrer les 100 ans de Claude -Lévi-Strauss, on va rester dans "l'anniversarite". Il y a 50 disparaissait Georges Rouault. Pourquoi en parlè-je?? Tout bonnement parce que depuis septembre LA PINACOTHEQUE DE PARIS (titre bien fumeux, quand on compare avec la Pinacothek de munich, mais bon) nous propose une rétrospective ROUAULT, essentiellement les tableaux de la collection IDEMITSU. Les Japonais, en effet, sont , depuis longtemps, fous de la peinture du vieux Georges. Peintre catholique, obsédé par la foi??? Balivernes!! Né en 1871, Rouault garda de sa naissance à Belleville en Mai 1871 une sorte de souvenir halluucinné. Comme il le raconte quelque par, il est né au son du canon. Et ce canon, c'était celui que les Versaillais, ancêtres des pétainistes, faisaient tirer le 27 Mai 1871 contre la dernière barricade de la Commune, Rue des Pyrénées. L'écrasement de la Commune: encore un épisode "glorieux" de notre histoire!!!
Rouault était catholique, amis des Maritain, et de Léon Bloy. Ce dernier, quoique proche de Rouault, détestait sa peinture et une lettre de lui figure dans l'exposition. Mais Rouault est surtout un immense peintre-et d'ailleurs Matisse ne s'y trompa pas. Par-delà le peintre du Christ et des clowns (l'association me plaît assez) il est celui de la lumière subreptice, dirais-je. Ses tablleaux semblent éclairés par derrière. Bien sûr, on peut expliquer cela par la formation de gemmeur de Rouault, mais j'y vois plus une sorte d'inquiétude profonde, soulignée par la "ligne charbonneuse" si typique et elle aussi inspirée du vitrail.Rouault est inclassable. A mi-chemin entre tout ce que l'on veut, les expressionnistes, les abstraits. Il est d'ailleurs curieux que simultanément à l'exposition Rouault (jusqu'au 19 Janvier) on ait eu l'Exposition NOLDE ,au Grand-palais. Exactement conntemporains, on mesure en voyant les tableaux des deux artistes que le concept de "courant pictural" est une sacrée foutaise.
Rouault, comme Dufy, Derain ou Bonnard est partout et nulle part. Il représente, en peinture , cet esprit français, à la fois superficiel et profond, qui court de Debussy à Bergson et à Valéry. La peinture de Rouault s'accorde avec "La France Palais de Chaillot" , celle de la modernité des années 30, celle des photos où l'on voit la Place du Trocadéro, écrasée sous la chaleur d'Août. Une bonne d'enfant traverse la rue en tenant la main à un petit garçon de la haute en costumme marin. Et dans les immeubles mallet-Stevens, on imagine des Rouault.
Bref, il faut y aller, à cette exposition. D'autant que par ces temps de crise éconoomqie et de ratiboisage du pouvoir d'achat on a aussi une exposition POLLOCK. Deux peintres pour le prix d'un . Promotion comme les paquets de café ou les pizzas.


