30 novembre 2008
BEATRIX BECK (1914-2008)
Beatrix Beck, Goncourt 1952, pour "LEON MORIN , PRETRE". On ne présente ni l'auteure, qui fut secrétaire de Gide, ni l'oeuvre qui "sauve" du fumier le Vatican ,en sublimant un prêtre qui passe de la réserve austère et au goût de soutane, à l'humanité la plus enflammée pour sauver une jeune femme poursuivie par les allemands. Décidément, la soi-disant Eglise Apostolique de Romaine a eu beaucoup de chance de trouver des Justes, des hommes de bien qui la sauvèrent du déshonneur. Léon Morin est interprêté, on le sait, par Belmondo. Sublime. Ce qu'on sait moins ,c'est qu'on trouve dans le film dans le rôle de l'officier de la Wehrmacht, un certain Volker Schlöndorff ainsi que le lymphatique Marc Eyraud...
Ce qu'on sait encore moins , c'est que Beatrix Beck, à part le Goncourt, obtint (on ne rit pas!) le PRIX DES AMIS DES ANIMAUX pour "L'ENFANT-CHAT" en 1984. Elle fut aussi l'auteure de livres pour enfant qui marquèrent mon enfance.
Merci , donc, à Béatrix Beck, une foué....
E.S.D.C. UNE NOUVELLE DE DI BRAZZA
Veuillez nous excuser pour la disparition du texte "E.S.C.D " indépendant de notre volonté.
co-signé : montaigneàcheval et soeur marie des roses.
Les flagellants de Sparte
« Damokratès, fils de Diocleus, chef de troupe, sous le patronome Claudius, vainqueur du « moan » d
es adolescents, consacre (cette hache) à Artémis Orthéia »
Il est des musées bien tranquilles, comme le musée de Sparte, dans de gracieux bâtiments néo-classiques édifiés par des architectes bavarois, entourés de jardins où se reposent hommes et statues. Seul manque le bruit de l’eau pour se voir évoluer dans l’idylle de Daphnis et Chloé. On pénètre dans le musée disposé à jouir de l’inoffensive émotion que procurent des choses si lointaines. Pourtant, en entrant, ce qui attire la vue, c’est une dizaine de haches de métal incrustées dans des plaques de marbre, portant toutes une inscription semblable à celle que j’ai recopiée. Cet adolescent, qui consacre à la déesse le prix de sa victoire, était un survivant.
Artémis Debout est-elle la déesse olympienne ou une divinité locale ? En tout cas, on dit que son xoanon (statue archaïque en bois) date des temps où Agamemnon à Aulis sacrifiait sa fille, que la déesse amena ensuite en Tauride. Iphigénie, seule ou avec son frère Oreste, retournant servir sa bienfaitrice dans son temple de Brauron en Attique, où elle allait finir ses jours, emmena avec elle la statue. Celle-ci, cependant, se retrouva mystérieusement à Sparte, au milieu d’un buisson d’osier qui la maintenait debout. On dit que son influence sur ceux qui la trouvèrent fut fatale, et qu’une prophétie exigea que la statue soit « teinte de sang humain », afin d’apaiser la déesse. Sous Lycurgue, les sacrifices humains prirent la forme d’un concours, appelé « moan » car il était accompagné de chants, où les adolescents de Sparte étaient flagellés jusqu’au sang. Là, les explications divergent : étaient-ils fouettés avec des branches d’osier lors d’un rite de fécondité ? S’agissait-il d’une véritable épreuve d’endurance et de soumission, où le dernier debout, celui qui n’était ni évanoui, ni mort, ni blessé au point de tomber sur le sol, gagnait une hachette de métal qu’il consacrait ensuite ? Pausanias (III, 16) dit : « mais si par hasard, à cause de la beauté des jeunes gens ou de leur condition sociale, les manieurs de fouet frappent avec mollesse, le xoanon de la déesse s’alourdit dans les bras de la femme qui le tient alors avec difficulté. Elle accuse alors les flagellants : c’est de leur faute si elle souffre. Cette préférence de la statue pour le sang humain date de l’époque des sacrifices en Tauride».
Pausanias écrit au IIème siècle après Jésus-Christ, la Grèce est romaine ; l’inscription que je vous montre est d’époque romaine, un « patronome » (nom porté par certains magistrats de Sparte) du nom de Claudius administre la ville : j’ai lu l’opinion d’un archéologue, qui soutenait que cette flagellation avait cessé longtemps avant la conquête, et que les Romains la remirent à l’honneur sous sa forme la plus cruelle.
Pour ma part, il me semble plausible que le Romain vainqueur n’ait pas hésité à exploiter un rituel archaïque pour le métamorphoser en jeux du cirque.
Or, c’étaient de telles choses qui devaient aussi alimenter la colère de l’évêque d’Hippone, et contribuer au discrédit touchant toute une culture religieuse impitoyablement combattue par le fer et le feu, entre 379 et 450 principalement.
Pausanias, Laconica, III, 6.
Plutarque, Lycurgue, 18 ; Institutions de Lacédémone, 40
Lucien, Anacharsis, 38
Texte de Sapience Malivole pour "la République des LIBRES"
Photo : Aliocha Kolesnikov - Le mont Taygète



