30 décembre 2008
CULTIVONS LE GOUT
Puisque demain soir « Sylvestre » nous invite à préparer ou simplement déguster un repas digne de ce nom et avant que Bruxelles et la politique affairiste de notre pays ne sonnent le glas de nos « vieilles et bonnes» nourritures terrestres, je vous invite à une petite plongée au cœur de la « Physiologie du goût ou Méditations de Gastronomie Transcendante» de Brillat-Savarin.
Jean Anthelme Brillat-Savarin est né un 2 avril 1755 à Belley dans une famille bourgeoise. Après des études de droit, de médecine et de chimie à Dijon, il retourne dans sa ville pour y pratiquer le droit.
On peut facilement im
aginer qu’un homme aussi joyeux, bavard, gourmand et gourmet cherche à ordonner sur papier ses souvenirs, anecdotes et méditations sur la façon de se nourrir à son époque et selon les coutumes rencontrées lors de ses nombreux voyages (il fait un séjour aux Etats-Unis en 1794 et y couche un rare et charmant récit), et déplacements (en Suisse, où il s’exile en 1793, après s’être détaché de la Révolution, alors que bourgeois libéral, il était membre de l’Assemblée Constituante de 1789).
Mais ce livre va bien au-delà qu’une compilation de simples et charmants tableaux, qui pourraient nous sembler désuets, jaunis et démodés. Il est à la base de toute une culture aujourd’hui héritage- patrimoine, puisque basée sur les relations et réflexions d’un homme, de cette époque très particulière, qui se situe à la fin du XVIIIs. et avant le XIXs.
Il serait plus simple de dire que "Physiologie du goût" n’est pas un livre de cuisine bien qu’il ne parle que de cela ; tout ce qui touche à la fonction « se nourrir » y est observé et relaté :
les Sens – le Goût – la Gastronomie – l’Appétit – les Aliments en général – Spécialités – Théorie de la friture – la Soif – les Boissons – la Fin du monde – la Gourmandise – les Gourmands – Eprouvettes gastronomiques – Plaisirs de la table – Haltes de chasse – la Digestion – le Repos – le Sommeil – les Rêves – Influence de la diète sur le repos, le sommeil et les songes – l’Obésité – Traitement préservatif de l’obésité – la Maigreur – le Jeûne – l’Epuisement – la Mort – Histoire philosophique de la cuisine – les Restaurateurs – La gourmandise classique mise en action – bouquet- variétés.
Cette liste des noms qu’il a donné à ses méditations est à elle seule l’illustration des domaines parcourus. Je ne peux rentrer dans le détail de chacune des rubriques, mais vous en livrer quelques savoureuses bribes :
« Une dernière cause d’obésité consiste dans l’excès du boire et du manger. On a eu raison de dire qu’un des privilèges de l’espèce humaines est de manger sans avoir faim et de boire sans soif : et, en effet, il ne peut appartenir aux bêtes, car il naît de la réflexion sur le plaisir de la table et du désir d’en prolonger la durée. On a trouvé ce double penchant partout où l’on a trouvé des hommes ; et on sait que les sauvages mangent avec excès et s’enivrent jusqu’à l’abrutissement toutes les fois qu’ils en trouvent l’occasion. Quant à nous, citoyens des deux mondes, qui croyons être à l‘apogée de la civilisation, il est certain que nous mangeons trop. Je ne dis pas cela pour le petit nombre de ceux qui, serrés par l’avarice ou l’impuissance vivent seuls et à l’écart : les premiers, réjouis de sentir qu’ils amassent ; les autres, gémissant de ne pouvoir mieux faire ; mais je le dis avec affirmation pour tous ceux qui, circulant autour de nous, sont tour à tour amphitryons ou convives …/…dans chaque majorité immense, tous mangent et boivent trop, et des poids énormes et comestibles sont chaque jour absorbés sans besoin. »
Le sucre : Mêlé aux fruits et aux fleurs, il donne les confitures, les marmelades, les pâtés et les candis, méthode conservatrice qui nous fait jouir du parfum de ces fruits et de ces fleurs longtemps après l’époque que la nature avait fixée pour leur durée.
Diverses manières de faire le café : Il y a quelques années que toutes les idées se portèrent simultanément sur la meilleure manière de faire le café ; ce qui provenait, sans presque qu’on s’en doutât, de ce que le chef de l’état en prenait beaucoup. On proposait de la faire sans le brûler, sans le mettre en poudre, de l’infuser à froid, de le faire bouillir pendant trois quart d’heure, de le soumettre à l’autoclave etc …J’ai essayé dans le temps toutes ces méthodes et celles qu’on a proposées jusqu’à ce jour, et je me suis fixé, en connaissance de cause, à celle que l’on appelle « à la Dubelloy », qui consiste à verser de l’eau bouillante sur du café mis dans un vase de porcelaine ou d’argent, percé de très petits trous. On prend cette première décoction, on la chauffe jusqu’à l’ébullition, on la repasse de nouveau, et on a un café aussi clair et aussi bon que possible. »
Je vous invite donc à le relire sans limite, afin de conserver ce patrimoine en mémoire de ce qui fût le goût, « notre » goût collectif car les anticipations sur la nourriture, demain, sont bouleversantes. « Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es » nous dit-il…mais Brillat -Savarin aurait de quoi faire une jaunisse s’il lui prenait l’envie de faire ses achats de comestibles, ou s’il lui prenait l’idée de s’inviter à nos tables … Les paysans travaillent pour les centrales d’achats (auchan, casino, leclerc, carrefour) qui leur passent commandes (unique condition pour pouvoir continuer à travailler leur terre qui est bien souvent celle de leurs aïeux); commandes ayant tant de cahiers des charges à respecter (goût, couleur, pouvoir de non -péremption). Des laboratoires privés ou non (l’Inra par exemple) s’occupent alors, en fonction des demandes, de chercher la solution adéquat : tel melon à la peau rugueuse, à la chair couleur abricot à haute teneur en sucre même sans exposition au soleil, tomates mûrissant en frigo, pommes- de- terre toutes calibrées à la pousse
etc etc…; pour les viandes, les scandales de ces dernières années illustrent la réalité de cette perte de bon sens (vache folle et grippe aviaire) ; les poissons et certains fruits de mer sont maintenant élevés dans des parcs et nourris de bouillies infâmes, les matières premières, comme les céréales, transitent en fonction des marchés comme s’il s’agissait de produits manufacturés, à tel point que les boulangers ne connaissent même plus la provenance de ce qu’ils pétrissent…
Le plus inquiétant tenant au fait que nos nourritures passent les frontières sans s’en faire et que les législations sur les produits autorisés en matière de culture et d’élevage sont propres à chaque pays… Les aulx argentins, par exemple, sont pulvérisés de produits interdits en France pour raison de toxicité; idem pour les pommes chiliennes, les tomates espagnoles, les poireaux hollandais qui remplissent les centres d’approvisionnement français, où ils sont, en plus, largement pulvérisés de conservateurs afin de rester le plus possible « attrayants ». L’imbécilité du système des produits « bio »… contrôlés en France par un organisme (ecocert) qui ne fonctionne que pour l’agriculteur sur sol français … tandis que, par exemple, les oignons chinois « bio » ne sont contrôlés par personne et la certification est une certification d’opérette…sauf le prix qu’on la paye.
Difficile de s’y retrouver et de combattre le système en place. Il faut rester vigilant, entretenir cette mémoire de l’amour des goûts afin que manger ne devienne pas patrimoine et cultiver notre jardin car… que mangera-t-on demain ? Qui cultivera, et où ?
Huile de Jan Davidsz de Heem - 1640 -
Photo D.Hasselmann "épicerie" - 2008
29 décembre 2008
PETIT TEXTE DU LUNDI MATIN...L'AIR DE RIEN
D'UNE PREUVE TRENTENAIRE DE L'EXISTENCE DE DIEU
Le 14 juin 1931, le vapeur Saint-Philibert coulait au large de
Noirmoutier, entraînant dans la mort près de cinq cents
excursionnistes nantais partis pour une journée de plaisir. Sur ce
naufrage une des plus grandes catastrophes maritimes de tous les
temps l'oubli, bien naturellement, s'est fait. Je ne l'évoquerais
donc point si cette année, en guise d'anniversaire, un journaliste
d'Ouest-France, M. Pierre Moine, ne nous rappelait opportunément que
ce jour-là ne fut pas un jour de deuil, mais de gloire. Le 14 juin
1931, Dieu donna au monde une preuve de son existence.
A vrai dire, on nous a déjà parlé de cette preuve. Chaque année, ou
presque, dans ce vaste et beau département qui s'appelle la
Loire-Atlantique, un curé au moins profite de l'anniversaire du
Saint-Philibert pour relater le drame à sa manière dans son bulletin
paroissial. Sachez donc que ce 14 juin fatal était jour de la
Fête-Dieu ; que les excursionnistes du vapeur, partis à 6 heures du
matin, ne pouvaient par conséquent assister ni à la Messe-Cathédrale,
ni à la Procession ; que le fait d'avoir choisi ce jour pour un
pique-nique à Noirmoutier inférait d'ailleurs qu'ils n'en avaient
nulle envie ; sachez enfin que parmi eux se trouvaient horreur !
des dockers syndicalistes ouvertement anticléricaux. Mais ce n'est pas
tout. Le naufrage du Saint-Philibert ayant eu lieu pendant la
traversée du retour, une cinquantaine de passagers y échappèrent, soit
qu'ils eussent été retenus dans l'île, soit que la tempête menaçante
les eût dissuadés de reprendre le bateau. Or, parmi ces rescapés à
leur insu, se trouvaient deux Enfants de Marie, victimes d'une colique
et soignées à l'heure où le bateau partait. Là-dessus, M. Pierre Moine
miracle.
Il est éloquent, il est précis, il est poète, M. Pierre Moine. Avec un
rare don d'évocation, il nous montre le « doigt de Dieu » organisant
méthodiquement la catastrophe pardon : le miracle. Admirez
l'enchaînement des faits. D'abord « Dieu permit qu'un bon nombre de
débardeurs, plus pressés de boire que de s'embarquer, empêchèrent le
navire de partir à l'heure. » On arriva donc à Noirmoutier trop tard
pour chahuter la procession qui s'y déroulait ; alors (je cite) « pour
se consoler de cette mésaventure, nos fameux touristes firent le tour
de toutes les buvettes de la ville, parlant et jurant à tue-tête, si
bien que le soir, à quatre heures, ils étaient ivres-morts ».
Là-dessus « Dieu permit (bis) qu'au soir [...] surgît tout à coup un
vent déchaîné du sud-ouest [...] Si le capitaine, conscient du danger,
avait mis le cap sur Pornic, la traversée vent arrière eût été de tout
repos. Mais Dieu permit (ter) qu'il s'obstine à affronter vents et
marées qui, à l'entrée de l'estuaire, firent chavirer le bateau et
périr les passagers ! » Tous ? Non, on le sait : moins deux petites
Enfants de Marie prises de coliques dans l'île et un bon et pieux
jeune homme « à qui sa pieuse maman avait accroché à son cou (sic) une
médaille de sainte Thérèse » et qui, projeté à la mer, réussit à
s'agripper à une bouée et fut « le seul retrouvé vivant ». Alléluia !
« Digitus dei est hic : le doigt de Dieu est là ! »
Que dirai-je d'un tel récit ? Peu de chose, sinon que M. Moine n'a pas
de chance. Du moins, pas avec moi. En juin 1931, j'étais en effet
journaliste débutant à Nantes. Le reportage du Saint-Philibert fut un
de mes premiers « papiers » et l'un de mes inoubliables souvenirs.
Je lui apprendrai donc, non ce qu'il ignore, mais ce qu'il a décidé
d'ignorer :
Les syndicalistes anticléricaux dont il parle ne constituaient qu'un
tiers environ des passagers, tout le reste étant composé
d'excursionnistes de hasard, par exemple : une pension de famille
d'étudiants entièrement engloutie dans la catastrophe, y compris les
patrons catholiques et la bonne.
Les beuveries tapageuses furent le fait de vingt à trente passagers au
plus, comme il s'en trouve dans pas mal d'excursions, les autres,
parmi lesquels deux de mes amis catholiques ayant organisé une
promenade dans l'île.
Il n'y eut pas deux rescapés à leur insu mais, je le répète, une
cinquantaine, parmi lesquels des syndicalistes athées.
Enfin, le « pieux jeune homme » ne fut pas le seul « retrouvé vivant
», mais il y eut huit naufragés recueillis dont un voisin de mes
parents, ouvrier et athée, qui me fit le récit du drame, récit que je
publiai. Tout cela étant historique, établi, reproduit sur des pages
entières par les journaux de l'époque, archi-prouvé, il nous reste à
admettre que Dieu a encore permis quelque chose : que M. Pierre Moine
falsifie la vérité. Mais je ne m'abaisserai pas davantage à lui mettre
le nez dans ses fabulations. Je me bornerai à lui révéler ce détail :
au cours de l'enquête, un hydravion de la Marine survola le lieu du
naufrage. J'interviewai le pilote et le trouvai livide : sur la mer, à
l'endroit de l'épave, plus de vingt voitures d'enfants surnageaient...
Rappellerai-je ces jours d'horreur, où toute une ville croyants et
non-croyants ! pleurait plus de quatre cents cadavres couchés dans
la chapelle ardente du Château de Nantes, désastre tel que chaque rue
semblait avoir « son » mort et que des bêtes abandonnées, ici et là,
cherchaient leurs maîtres disparus ? Non, je veux faire la part plus
belle à M. Moine. Admettons donc, oui, admettons ! que Dieu ait voulu
cela. Admettons que le naufrage du Saint-Philibert fut un miracle, une
preuve ! Alors nous examinerons cette preuve, voulez-vous ? La semaine
dernière, dans je ne sais quelle église de village, une statue de la
sainte Vierge s'est détachée du mur et a fracassé le crâne d'un dévot
en prière. Voir en cet accident une preuve a contrario me paraîtrait
ridicule : c'est un accident, voilà tout. Mais puisque vous me
proposez un Dieu faiseur d'accidents et de quelle taille ! alors,
permettez-moi de le regarder, de le juger à ses œuvres. Et sous quels
traits se montre-t-il, ce Dieu ? M. Moine vient de nous le dire. Sous
les traits d'un Maître quinteux et méchant qui s'amuse à des astuces
de roman policier. Qui se divertit à faire chavirer un pauvre vapeur
fleuri des dimanches, et de rire, ha ! ha ! à la tête que font les
mécréants, leurs femmes et leurs gosses, dans la baignoire. Cependant
que bénies, élues, triomphantes, deux Enfants de Marie sortent des
chiottes, quelque part dans l'île, en remerciant leur doux Sauveur de
les avoir, par une diarrhée miraculeuse, préservées d'un retour fatal.
Ce Dieu bouffon, organisateur de catastrophes-miracles, rien que pour
les vingt voitures d'enfants flottant au-dessus de l'épave, au seul
nom des innocents qui ce jour-là périrent dans les flots, je lui
crache à la face. Quant à certains catholiques, je ne leur veux pas de
mal, au contraire : je voudrais que leur Dieu fît un miracle pour eux,
un miracle sans ouragans, naufrages, désastres ni morts d'enfants :
qu'il les rende seulement un peu moins bêtes.
(Morvan Lebesque, La loi et le Système, le Seuil, 1965)
Ce texte , assez croustillant, m'a été proposé par PMB. Je le publie,
avec cependant un petit avis aux lecteurs, mais de taille:
Morvan-lebesque, avant d'^être le célèbre chroniqueur du"CANARD
ENCHAÎNÉ" fut un bien vilain coco. Il participa à la rédaction
,avant-guerre du journal antisémite et nationaliste breton "L'HEURE
BRETONNE" , puis , pendant la guerre à "JE SUIS PARTOUT". C'est dire
l'infection qui se dégage de ce type, qui déclara un jour, pourtant:
« Rien de plus haïssable que le provincialisme raciste de Barrès. »
« Max Jacob est-il moins breton pour nous parce qu'il est aussi juif ? »
C'est, en copiant ces deux citations, que j'ai estimé honorable de
publier le texte de ce gazier assez répugnant....et le texte lui-même,
dans l'esprit anticuraillon de Voltaire vaut la peine. Mais avec une
pince à linge sur le nez. (Non livrée par la direction)
28 décembre 2008
Orgueil et préjugés
Pour changer un peu de registre en ces temps festifs et qu’on aimerait, malgré tout, légers comme des bulles de Mumm, je veux parler d’une femme cher à mon cœur car peu reconnue en France, puisqu’elle est anglaise, écrivain
ayant vécue à la fin du XVII s.
Jane Austen, puisqu’il s’agit d’elle, est née un 16 décembre 1775 dans le Hampshire, au cœur d’une famille modeste mais aux revenus assez confortables, de 8 enfants, au père clergyman. « Elle était assez belle, petite et élégante, avec des joues un peu trop pleines »
Tout le monde ou presque écrivait dans la famille Austen : le père ses sermons, Mme Austen des vers élégiaques,les frères des essais pour les journaux étudiants d’Oxford et des pièces de théâtre collective puisque toute la famille y mettait la main. La petite Jane, vivement encouragée s’est donc mis elle aussi à écrire des récits et des parodies de romans sentimentaux fort à la mode.
En 1795, Jane commence un roman par lettres intitulé « Elinor et Marianne », première version de ce qui allait devenir plus tard « Sens et Sensibility » (« Raison et sentiments ») suivi rapidement d’un second « First Impressions » (« Premières impressions ») qui deviendra le fameux « Pride ans prejudice » (« Orgueil et préjugés ») que tout le monde à ce jour connait par l’affreuse version cinématographique qui en a été tiré. Enfin en 1798 elle écrit « Susan », qui sera « Northanger Abbey. ». Elle cesse d’écrire pendant 10 ans pour se consacrer à sa vie familiale dans la tourmente et c’est son frère Henry qui s’occupe des relations avec les éditeurs… Elle écrit encore « Mansfield Park », a quelques succès et se lance dans la rédaction de son cinquième roman, « Emma », respectueusement dédié au prince régent.
Sir Walter Scott, qui restera jusqu’à sa mort, son fervent admirateur commet une première critique de Jane. Cette dernière, détestant les mondanités et les hypocrisies du milieu ne modifie rien à sa vie malgré tous ses succès. Elle meurt le 18 juillet 1817, à 41 ans de maladie…,On peut lire sur la dalle funéraire gravée par la famille les qualités estimables de sa personne mais aucune allusion à son travail d’écrivain…
Tout le monde aura donc vu « Pride and Prejudice » le film américain insipide et sucré comme un hamburger, tourné en 2005 par Joe Wright avec la fade et plate Keira Knightley, éteinte par force de régimes amaigrissants (que l’on se réfère aux « joues un peu trop pleines ») dans le rôle de l’héroïne Elizabeth Bennett et Mattew Macfadien qui ne vaut pas mieux, dans le rôle de Darcy.
C’est comme si on mettait à bas l’essence même du roman de Jane Austen, essence à l’opposé de tout ce que le réalisateur du film y a cependant mis, de cette facilité des sentiments, de cette conventionalité esthétique dans le choix des incarnations, cette platitude absolue dans le tronçonnage du bouquin…
Jane Austen s’attache, dans son livre, à démonter le système des classes, le patriarcat ; elle se gausse de la hiérarchie (terrible et fameux dialogue avec Lady Catherine ; portrait des parents Bennet : la mère « hystérique » le père terriblement « moderne ») , n’a que faire de prétendants mondains et aristocratiques (refus de reconnaître le noble Darcy), décrit sans fards les hypocrisies et les mensonges induits par le pouvoir (comique Mr Collins, à g
enoux devant Lady Catherine) , dénonce les injustices sociales de l’Angleterre (droit et successions, place et rôle des femmes, statuts des officiers) et dépeint avec délectation les affres sentimentales de jeunes gens que tout oppose avec une effronterie dans l'écriture tellement naturelle qu’elle en devient érotique.
Le tout avec une finesse infinie dans le détail des caractères et des cadres …on croirait contempler ces portraits anglais du XVIIIs, annonces du Romantisme et cependant débordant de bon sens humain (Gainsborough, Reynolds, Lawrence etc…).
La France a-t-elle permis, à la même époque, une femme écrivain équivalente ?
Il existe cependant une version visuelle beaucoup plus proche de l’âme du livre, un téléfilm anglais de 4 heures, tourné en 1995, que je vous recommande absolument, avec la délicieuse Jennifer Ehle (fine et belle et pleine comme un fruit mûr) et le somptueux Colin Firth qui nous livrent le couple E.Bennet et Darcy : magnifique ; L’Angleterre du 18e y est également dépeinte avec un goût absolu, le texte de Jane Austen y est respecté à la virgule près …bref on s’y croirait…
27 décembre 2008
HUNTINGTON, LE DOIGT DANS L'OEIL JUSQU'AU TORLOGNON
SAMUEL HUNTINGTON vient donc de rendre ses burettes .Je dis cela parce que, en fait de "CHOC DES CIVILISATIONS " qui est une farce , une escroquerie intellectuelle qui plaît aux "intellectuels" (oui,oui,ça existe!!!!) de droite, genre Radio-Nostalgie ou Club de l'Horloge, bref, les fachos polis et bien peignés, je dis cela car, suivant JEAN-CHRISTOPHE VICTOR et son "DESSOUS DES CARTES" sans doute l'une des meilleures émissions de la télé, une rapide étude des religions, fût-elle sommaire fait voler en éclat la théorie de l'Oncle Sam
Prenez l'ISLAM. Il y a des dizaines d'Islam. Un Albanais ou un Kosovar et un Indonésien, un Sénégalais et un Indien sont donc, si l'on en croit Oncle Sam dans la même civilisation musulmane, vous savez, en vert sur les cartes. Quelle connerie!!! Et allons plus loin: on nous dit Chiites contre Sunnites. Mais on ne parle pas des duodécimains, des kharidjites etc etc.....et puis cette approche simpliste, voire niaise, globalisante de la finesse des communautés humaines et aux antipodes de la démarche délicate d'un Claude Lévi-Strauss. Il n'y a plus, si tant est qu'il n'y ait jamais eu de "choc des civilisationns". Il y a une foule sans fin d'antagonismes, de heurts, de conflits à l'échelle planétaire. Vous pensez à la "civilisation musulmane". Il faudrait dire LES Islams, comme les Occidents.
En fait, cette caricature d'analyse géopolitique sert le capitalisme, en simplifiant à l'extrême le monde et en le réduisant à ce que nos technocrates chéris appelleraient des "bassins civilisationnels" dans lesquels les multinationales, les banques peuvent piller à merci.
Donc, bon voyage, Oncle Sam et courage, parce que là-haut, on risque de ne pas du tout partager tes convictions. Heureusemennt pouer toi, il n'y a pas de "là-haut.

LE POLAR DU SAMEDI SOIR
Ennui à mourir
La lumière est blafarde, pas bavarde. Il est 8 heures du matin et il fait encore noir : l’encrier de la nuit toujours renversé, l’hiver détient maintenant le monopole, chaque saison a son tour.
Jean-Claude Dumont a presque fini son service : le TER arrivera à Bailleul dans quelques minutes. Les contrôles se sont déroulés sans problèmes majeurs : juste un petit groupe de « punks » (survivance folklorique de temps anciens) imbibés de bière belge mais en possession de leurs billets, et une femme qui s’était trompée de direction.
De toute façon, cette ligne de chemin de fer ne sert plus à grand-chose : qui va là-bas et tout le monde n’a-t-il pas une voiture pour se rendre jusqu’à Lille afin de prendre le TGV pour Paris ou ailleurs ?
Ce matin il fait moins deux. Les wagons sont à moitié chauffés. Le train commence à ralentir. Zone industrielle, lampadaires esseulés comme des mendiants sans espoir, grande surface à bas prix mais pas encore ouverte…
Il ne doit jamais rien se passer dans cette petite ville du Nord, pense le contrôleur, fraîchement muté dans le secteur (il était syndicaliste à Sud-Rail à Paris-Austerlitz). Il n’a pas connu le meurtre du poissonnier de la rue de Lille, il y a quelques années, jamais élucidé.
On lui a dit qu’il y avait eu aussi l’incendie d’un « Sept à Huit » au cours duquel un pompier avait péri, le 10 octobre 2007. Le président de la République s’était même déplacé à l’occasion des obsèques, la ville en état de siège pour la circonstance.
Le train freine, ça crisse et ça grince. Deux ou trois passagers descendent, la gare est éclairée. Parfois il n’y a pas un seul employé dedans. Tout est silencieux.
Mais aucune raison pour qu’il y ait ici un nouveau drame, sauf si l’on croit que l’on peut s’ennuyer à mourir.
- Fini le service ?
- Oui, le service public, tu veux dire !
- Allez, Jean-Claude, toujours le mot pour rire !
Texte de Dominique Hasselmann pour "la République des LIBRES" - 26-12-08
Photo D.H.
26 décembre 2008
MILTON, DU PURITANISME AU ROMANTISME

John Milton, 1608-1674. L'un des plus célèbres Anglais du XVIIème siècle....Né à Londres d'un père notaire, je crois , ou avocat, très puritain, austère, sévère, et cependant compositeur de madrigaux à la cour d'Elizabeth 1ère!!! comme quoi, les hommes ne sont que rarement prévisibles. Car quoi de plus antinomiques que les sinistres puritains et la gaité frondeuse des madrigaux! Bref, son fils John ,élève précoce , lui aussi plongé dans l'austérité, fut un des personnages politiques les plus importants de ce temps. Opposant farouche à Charles 1er dont il dénonça les tentations vers l'absolutisme en lui reprochant ni plus ni moins que de "trahir la Grande Charte" ,il fut un fervent partisan des "Têtes Rondes" les Parlementaristes, en qui il voyait l'établissement d'une plus grande liberté . En 1638, il voyage à Paris en en Italie. En 1648, quelques mois avant l'exécution du malheureux Charles , il publia des libelles terribles contre lui. Milton fut un curieux paroissien. Il occupa longtemps des postes ministériels au-delà de 1659, et jusqu' à la démission de Richard Cromwell. Il fustigea l'intrusion du reliigieuse dans le politique..annonçant ainsi les Lumières. Marié avec une jeune fille de 16 ans, fille du plus gros débiteur de son père, il la terrifia tant et bien qu'elle s'enfuit et Milton écrivit "Pour le divorce juste", ce qui ne manque pas de sel venant de la sphère puritaine. Ce texte lui valut d'être interdit de publication, banni.....Très célèbre et très malade, il écrivit en 1667 (en dictant à ses filles, du fait de sa cécité) ce qui est son oeuvre majeure, "PARADISE LOST"....mais qui ne fut publiée qu'en 1680. On dit que sa gloire éclipsa même celle de Shakespeare. 
Dans cette oeuvre poétique monumentale, qu'on pourrait sans doute assimiler aux oeuvres d'Honoré d'urfé et bien sûr à celle d'Agrippa d'Aubigné, Milton livre une formidable quête philosophique sur la place de l'Homme dans le paradis perdu. On retrouve,comme chez D'Aubigné, la même violence douloureuse, la même angoisse de la mort. Pour Milton , qui écrit une poésie torrentielle, jamais prêchante, pleine de la même terreur que celle des Piétistes, de la même colère insensée qu'on retrouvera chez Bach, évidemment, mais aussi la même méditation profonde que chez les jansénistes.D'ailleurs Milton qui voyagea, connaissait probablement l'oeuvre de Spinoza. Chez le Hollandais, on voit cette même interrogation pressante sur l'Homme. Sans parler de Pascal, sur lequel Melkisedek parlerait bien mieux que moi.
Un long poème tonnant, un texte de fou, admirablement traduit par Châteaubriand. Ce qui m'a fait vous parler de Milton, c'est d'une part, une longue lecture, hier soir, d'un fragment (car c'est très, très long) de cette immense malédiction, et l'interpellation amicale de Jean Granoux, que je remercie du fond du coeur de m'avoir fait découvrir Milton. Romantique "PARADISE LOST"?? assurément, dans la mesure où il nous montre l'homme déchiiré par la passion, conscient de sa fragilité, voire de son éphémérité. Ecrit alors que Milton était aveugle, ce long poème épique n'en est que plus tourmenté, plaqué aux ténèbres. On voit se profiler les tableaux de Delacroix ou les dessins de Hugo...
25 décembre 2008
HAROLD PAR TERRE
Harold Pinter (1930-2008) . Mort hier, on ne présente pas cet illustre emmerdeur. Né à Hackney ,dans la banlieue de londres, d'un père tailleur juif, il passa son enfance dans la capitatle puis , brièvement, à la campagne. Il disait que sa vie, son oeuvre même, et on le croit volontiers, avaient été scupltées par le bombardement de la ville en 1940.
D'où sans doute cette présence de l'absurde, mais d'un absurde ouvert sur une sorte d'espoir, qui court tout au long de ses pièces, fortement influencées par Beckett. Il fut le Prix Nobel 2005, et, accessoirement le scénariste d'un des films les plus intéressants de ces dernières décennies "La Maîtresse du Lieutenant Français".
Ses pièces sont innombrables, très célèbres. Ce qu'il l'est moins, c'est son opposition violente à la Guerre en Irak ,qui lui valut de s'opposer avec acharenement, en 2005 , à la politique de Tony Blair.
« L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d'État flagrant, la preuve d'un mépris absolu pour le droit international. Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien, et on appelle ça 'apporter la liberté et la démocratie au Proche-Orient »(HAROLD PINTER , interview dans le "TIMES")
Résolument de gauche, Harold Pinter aura surtout été un des hommes de l'anti-guerre, que ce soit celle de l'Irak ou celle du Kosovo ou toute autre, même si on peut lui reprocher une tendance un peu fâcheuse à l'admiration pour Milosevic, ce en quoi il ne serait donc pas le seul écrivain illustre à s'être trompé de wagon....vous voyez sans doute à qui je fais allusion.
ET UN MARRONNIER, UN!!!!
"AUSTRALIA" s'appelle , cette année, le bouzin....LE film de Noël. Est-il ou non dans la vieille tradtion des péplums et autres fresques , car, chaque années depuis très longtemps sort un film long, chamarré, cultivant la noblesse des sentiments, l'amour, le courage, le désintéressement ou l'engagement. D'"Autant en emporte le vent" à "Ben-Hur", "Les Dix Commandements", "Docteur Jivago", "Quo Vadis" ou des dizaines d'autres, on était dans "le délice des parents". Je m'explique: commment faire pour ne pas se laisser emmerder l'après-midi du 24 Décembre par des mômes hystériques à la pensée de ce qui va advenir le soir de ce même 24?
L'écran vient à point avec sa faculté d'endormissement relatif.
Noël vit donc sortir deux genres de films qu'on dit "familiaux" ce qui est sans doute l'une des expressions les plus fenouillardesques qui soit: les "grands films" comme ceux cités plus haut en y ajoutant "Lawrence d'Arabie" entre autres , ou "Le Grand BLeu" , dont je n'ai jamais compris pourquoi ce nanar avait pulvérisé le box-office ou "Titanic".
les "grands" dessins animés, dont le genre a été renouvelé par la pixardisation.(et les doublages d'une vulgarité auchanesque)
"AUSTRALIA" avec une Nicole Kidman somptueuse et non-scientologue, des scènes d'amour dans le bush (mais non, mais non, pas lui), les Aborigènes, la mauvaise, les vilains fascistes Japonais qui attaquent.....tout les ingrédients y sont. "OUT OF AFRICA" sans le souffle romantique. Mou du genou. Nicole Kidman en Lady anglaise des années 30 qui vient rejoindre son mari volage dans son immense ranch australien, la rencontre avec le cow-boy rude, sexy....Le bellâtre chasseur guerrier tendre amant, la musique même. Et pourtant, que c'est fade! , lisse, bien propre!!!....air du temps, comme aurait dit Nina Ricci...AUSTRALIA? C'est un film d'aventure pour cadre de la BNP ou pour Formateur IUFM....un film "Caprice des Dieux" ,sans odeur, sans saveur. Oh, parfaitement emballé et construit, tourné au taquet...mais d'un vide sidéral au plan de l'inspiration.
Ce billet fait un peu "marronnier", mais , à vrai dire les lendemains de fête sont peu propices à l'inspiration...
BONNES FÊTES A TOUS, DONC....
23 décembre 2008
LES PAS D'HENRI DANS CEUX DE JEAN-JACQUES
STENDHAL (En vous proposant le portrait de Stendhal, je ne peux m'empêcher de penser à Adalbert Stifter, son "double" allemand qui écrivit, curieusement une sorte d'autobiographie semblable "DER HAGESTOLZ". )
Pour Noël, entre Benouasèze et la dinde carneuse aux marrons, il y a sans doute une petite place sous le sapin Nordmann Monoprix pour un des livres qui, vous l'avouerai-je, a changé ma vie pour toujours. "LA VIE D'HENRI BRULARD". Un livre inclassable, inouï, qui vous transporte dans un bonheur indicible et qui, excusez du peu, réconcilie avec l'Homme. Autobiographie. Certes, et pas n'importe laquelle. Une sorte d'exercice sur soi-même comme Montaigne l'avait fait, si merveilleusement. ΓΝΩΘΙ ΣΕΑΥΤΟΝ. Qui suis-je???
Henri Brulard, hanté par l'ombre immense de Jean-Jacques plonge dans cet abîme. Le Grenoblois répond au Genevois. Et l'écho de leurs voix résonne dans les vallées de ces Alpes si proches et si hostiles.
"La Vie d'Henri Brulard". Un livre féroce, implacable, sur une enfance de petit aristocrate. Une enfance ratée, une mère lointaine et engoncée dans l'étiquette . L'enfant-Stendhal confié à un précepteur, l'Abbé Raillanne (ça ne s'invente pas; raille, âne) qu'il hait, d'une haine totale et féroce. Et tout le degoût viscéral de Stendhal pour la religion et l'autorité viennent de cette haine que même la passion de Napoléon ne sut atténuer. "La Vie d'Henri Brulard" c'est une vie pétrie par la nausée du conformisme. Henri Beyle, HB, Henri Brulard. Coeur brûlé de souffrance. J'ai lu ce livre avec une sorte de tendresse malaisée, une sorte de proximité empathique.
Et puis, au-delà de l'acte autobiographique, quel livre d'histoire!! Grenoble palpite sous nos yeux. Entre la bouffissure bourgeoise( on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec le Rouen de Flaubert) et l'ombre des montagnes. Le ciel tout en haut. Et les deux rivières qui s'embrassent. Le Drac et l'Isère, avec leurs eaux de jade et de lait....improbable échappatoire. Même la révélation de l'Italie, avec Milan, cette Grenoble inversée, s'ouvrant largement sur l'immense Plaine du Pô, ne put détacher Brulard-Beyle de sa ville.
Né en 1783, il assista, il le raconte , d'ailleurs avec un talent sans égal, quand il eut 5 ans à la fameuse "Journée des Tuiles" de Juillet 1788, prodrome de la Révolution. Les tuiles pleuvaient sur l'armée du Roi venue réprimer les émeutes ouvrières...la répression tourna à l'émeute. 
Et ces tuiles qui tombent en pluie, quelle magnifique métaphore pour le Destin. Il y a ,en effet ,dans "La Vie d'Henri Brulard" toute une réflexion sur la destinée. Qui annonce déjà la phénoménologie. Et puis le livre se lit d'une traite. Ah ,c'est autre chose que la mélasse éditoriale qu'on nous balance à la gueule chaque année...on est avec Stendhal, de plain-pied dans une sorte de quête profonde , d'une "anthropologie de l'inspiration littéraire".
"La Vie d'Henri Brulard a été écrite en 1835-1836. Publiée seulement en 1890.....à l'époque de Freud. Or quoi de plus annonciateur de la psychanalyse que ce livre!!!! Souvenirs d'enfance. Pas seulement. Souvenirs d'adultes puisque Stendhal nous parle de Grenoble et de Pont-de-Claix en 1820. mais derrière la date, il y a la même préoccupation inquiète de savoir si l'on sera capable de parler de l'enfance perdue. D'où les plans de la maison de famille et du quartier, de la main même de Stendhal. 
Mathématicien , Stendhal aimait le rationnel, d'où sourdait en un éclair cette fameuse "cristallisation" dont il parle ailleurs. Détail piquant. Absolument contemporain de Stendhal, Champollion à Grenoble, en 1832, qui élucida le mystère des hiéroglyphes...comme une sorte de dévoilement parallèle.Lire ou relire "la Vie d'Henri Brulard" nous rend meilleurs, comme lumineux, soudain, et amis de nous-mêmes.
22 décembre 2008
SOUTANES ET BURNOUS....
Le pape: Préserver l'humain de l'homosexualité?
"Il est tout aussi important de préserver l'humanité des comportements homosexuels ou transsexuels que de sauver la forêt tropicale, a estimé lundi Benoît XVI. "L'Eglise devrait également protéger l'homme contre l'autodestruction. Il faut une sorte d'écologie de l'homme", a déclaré le pape dans son message de Noël à la Curie. "La forêt tropicale mérite qu'on la protège. Mais l'homme, en tant que créature, ne le mérite pas moins", a-t-il ajouté. Pour l'Eglise catholique, l'homosexualité n'est pas un pêché, mais l'acte homosexuel en est un.
Il y a des fois, des intervenants ,qui comme "causeur" vous inspirent. Je voulais poster un billet sur "Henry Brûlard", lequel, patient attendra bien demain, j'ai demandé à Stendthal ,il est d'accord.
"Causeur", donc, affirme que l'Islam serait particulièrement réactionnaire, ce en quoi il n'a pas tort, sauf que l'Islam n'est pas seul à occuper la niche écologique de l'ultra-réaction. La preuve. Benouasèze, pire que Janpoldeu...encore plus réactionnaire. On se disait que ce ne serait pas possible. Mais si, l'Eglsie l'a fait. On se souvient que Janpoldeu avait déjà fustigé "les pratiques contre nature" en matière sexuelle, interdit l'usage du préservatif, et laissé tomber les femmes croates violées "ethniquement" par la soldatesque serbe.
Eh bien, le Ratzinger fait mieux...il assimile les comportements "DEVIANTS" comme disaient les nazis, dont il doit avoir une sacrée nostalgie, à une catastrophe écologique. Salauds de bonobos, dans la forêt pluviale, ou ce qu'il en reste. Ils s'enculent allègrement en dépit des usages.
Les bonobos, les loutres, aussi, les crocodiles, les blattes, les tapirs, les tamanoirs, les curés des "misiones"..tous s'encaldossent allègrement, sous le regard hostile du Péredufilsetdusaintesprit....la nature perd la boule, M'sieur l'abbé. Mais les hommes s'y sont mis depuis longtemps...régime sans sel depuis Sodome. Seau d'eau, mégôt mort. En tous cas ce petit chef d'oeuvre d'homophobie ravira les imams islamistes, les rabbins loubavitch, les popes ultraconservateurs et les pasteurs pentecôtistes, tous unis dans la chasse aux homos....et dans celle des femmes à grande gueule.
L'oecuménisme??? Oh oui, m'sieur l'Abbé, mais celui des ultraconservateurs. M'sieur l'abbé, koikseti c'te tache blanchâtre su vot' soutane???
On remarquera le jésuitisme consommé de la dernière sentence du Grand Satrape Coupeur de Roubignolles....
Ou alors...ou alors, Benouasèze est atteint par Alzheimer...Forêt équatoriale, lieu du stupre et de la fornication.....




