28 février 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
Trouvez qui a écrit l'extrait suivant.
La photographie, prise par mes soins en août 2007, est une illustration de l'endroit où se déroule le récit...une sorte d'indice si vous voulez (j'espère pas trop facile...) ...
A vous !
..." Alors chacun se releva, et, s'approchant de ces gazons pour voir le tableau qui était dessus, ils aperçurent deux amours, comme j'ai dit, qui, tenant à deux mains les branches de palme et de myrte entortillées, s'efforçaient de se les ôter l'un à l'autre.
La peinture était fort bien faite ; car encore que ces petits enfants fussent gras et potelés, si ne laissait-on de voir les muscles et les nerfs, qui à cause de l'effort paraissaient élevés, non toutefois en sorte que l'on ne reconnut bien que l'embonpoint empêchait qu'ils ne parussent davantage. Ils avaient tous deux la jambe droite avancée et les pieds qui se touchaient presque l'un l'autre. Les bras étaient fort en avant, et, au contraire, les corps en arrière, comme s'ils avaient appris que plus un poids est éloigné, et plus il a de pesanteur, car chacun d'eux pour donner plus de peine à son compagnon se tient de cette sorte, afin que le poids même de leurs petits corps favorisât d'autant la force de leurs bras. Ils avaient les visages beaux, mais presque comme bouffis, à cause du sang qui leur montait au front, pour l'effort qu'ils faisaient, ce que les veines grossies auprès des tempes, et au milieu du front, témoignaient assez. Et le peintre avait été si soigneux, et y avait travaillé avec tant d'industrie qu'encore qu'il les représentât en une action qui faisait paraître que chacun voulait vaincre, si est-ce qu'à leur visage on connaissait bien qu'il n'y avait point d'inimitié entre eux, ayant mêlé parmi leur combat je ne sais quoi de doux et de riant aux yeux et à la bouche de tous les deux. Leurs flambeaux étaient un peu à côté où ils les avaient laissé choir; et, de fortune, étant tombés l'un près de l'autre, les endroits qui étaient allumés s'étaient rencontrés ensemble, de sorte qu'encore que le reste des flambeaux fût séparé, les flammes toutefois des deux s'unissant ensemble n'en faisaient qu'une, et par ce moyen ils éclairaient ensemble et avec d'autant plus d'ardeur et de clarté que l'une ajoutait à l'autre tout ce qu'elle en avait, avec ce mot , NOS VOLONTÉS DE MÊME NE SONT QU'UNE."
27 février 2009
LE DECLIN D'EASTWOOD????
Avant-hier
est sorti "GRAN TORINO" de Clint Eastwood.
Un film superbe, à la
fois drôle et profondément mélancolique. La "Gran Torino", comme tout
le monde le sait est un modèle de Ford des années 70, à laquelle Clint
Eastwood, vieux solitaire réactionnaire acariâtre rescapé de la guerre de Corée, porté sur les flingues, voue
une passion presque amoureuse. Un clin d'oeil malicieux à "Starsky and Hutch" dont la Gran Torino était la voiture emblématique. C'est par Thao, le petit voleur chinois de sa Gran Torino, qu'Eastwood va redécouvrir les autres. Un thèms typiquement "eastwoodien" pour parler comme les snobs de "Positif"!!!!
Il
dit , et on peut le croire, que ce sera son dernier film en tant
qu'acteur. Une sorte de dernier tout de piste en somme. A 79 ans, Clint
Eastwood en a encore "sous la pédale" comme on dit en Allemand.
Une filmographie redoutable. 40 films en tant que réalisateur ou producteur, une centaine comme acteur.
Et
un personnage hautement contesté. Clint Eastwood, en effet, est,
politiquement parlant, ce qu'on appelle "un réac". Il va cependant
,dans 'LES PLEINS POUVOIRS" se livrer à une mise ne cause de la
fonction présidentielle d'une violence inouïe. De même dans "EN EAUX
TROUBLES, , en flic déchu et alcoolique, il règle ses compte avec la
police, qui apparaît sous un jour foncièrement totalitaire. Donc
,chez Eastwood , rien n'est simple. D'ailleurs cette "caractéristique"
apparaît dans pas mal de ses films, dont les célèbres "Inspecteur
Harry". Les dialogues y sont croquignolets et souvent parfaitement
abjects. Et pourtant, avec "BIRD" il va à l'encontre de la réputation
de raciste et de macho impénitent, de bon "boeuf américain" qu'on lui
colle parfois au dos.
Clint
Eastwood a soutenu les présidents républicains. Récemment encore, il
avait soutenu McCain. Mais il a adressé un chaleureux télégramme de
félicitations à Obama. Clint Eastwood est un emmerdeur, un "CANARDEUR".
Et c'est en cela qu'il m'est cher!
Il
y a quelques mois ,il avait menacé Michael Moore de lui "casser la
gueule" s'il continuait à s'en prendre ainsi à son vieux copain
Charlton Heston, président de l'Association Américaine des
Porte-Flingues. A priori, rien de très ragoûtant. Pourtant, tout cela
se balaye d'un simple revers de mains...parce qu'il suffit de voir
n'importe quel film de Eastwood, sauf peut-être les westerns nanars du
début, pour se rendre compte que cette silhouette un peu dégingandée,
avec cette façon d'avancer par saccades a quelque chose qui crève
l'écran. Tout simplement "l'âme de l'Amérique". Un mélange de violence
et de tendresse sans borne. Ainsi en revisitant sa vie, Eastwood nous a
livré au moins deux oeuvres bouleversantes, dont je n'hésite pas à dire
qu'elles sont parmi les plus belles du cinéma: "SUR LA ROUTE DE
MADISON" et , évidemment "GRAN TORINO" que je suis allé voir hier et
qui est l'une des choses les plus émouvantes que j'ai vues. Cela vous
fouaille le coeur. Car c'est au fond ,une sorte de testament d'acteur.
Le vieil Américain xénophobe et pépé-flingueur est le rappel de tous
les personnages , dont celui de l'Inspecteur Harry, mais aussi celui
d'un grand film bien oublié "PALE RIDER". Clint Eastwood a , pour
terminer sa carrière d'acteur, revu "LE VIEIL HOMME ET L'ENFANT".
Clint Eastwood , c'est la Route 66.
La fameuse Gran Torino....
25 février 2009
IMMONDICES
Après Lyon et Marseille, une exposition qui vient de s’ouvrir à Paris prend pour slogan Pour la première fois en France, l’exposition anatomique de vrais corps humains : « OUR BODY / A CORPS OUVERT est une exposition fascinante, à la fois artistique et éducative qui montre de véritables corps et organes humains. Destinée à tous, cette exposition va littéralement « sous la peau », et révèle les mystères de l’anatomie de l’homme. Plutôt que d’utiliser des modèles anatomiques, OUR BODY / A CORPS OUVERT utilise de véritables corps humains. » Gratuit pour les moins de 3 ans. Prix découverte de 10,70 à 17,70 euros.
L’exposition Our body est constituée de 27 cadavres plastifiés et d’une centaine d’organes. Après une tournée dans plusieurs pays, elle a connu un grand succès au Science Center d’Orlando (les voyagistes vendent des billets combinés avec Disneyland).
Les dépouilles exposées sont celles d’asiatiques. Le caractère colonial de l’exposition devrait n’échapper à personne : il s’agit d’un zoo humain cadavérique ; une visiteuse lyonnaise a d’ailleurs déclaré : « Si c’était des cadavres de Français exposés, même consentants, il y aurait une grande polémique » (Anne Blachère, 23 ans, sur Europe 1)
Les corps exposés sont plastifiés selon la méthode d’un anatomiste allemand, Gunther von Hagens, dont l’entreprise vend dans le monde entier de tels spécimens humains. Fournis par une obscure fondation de Hongkong (Le Monde, 29 mai 2008), leur provenance reste toutefois indéterminée : on sait simplement qu’ils viennent de République Populaire de Chine.
Les organisateurs de l’exposition américaine ont mentionné la Dalian Medical University, qui a démenti ; Hagens y a été visiting professor en 1996. La société de Hagens a un siège à Dalian qui emploie 250 personnes (selon son site officiel). Dalian est situé entre trois camps de travail forcé. Le fait qu’il s’agisse de dépouilles d’hommes dans la force de l’âge suscite d’autant plus d’interrogations sur la cause des décès que Hagens a admis que certains des corps qu’il avait exposés en Allemagne avaient une balle dans la tête. On dispose de nombreux témoignages sur le trafic d’organes de détenus chinois.
Des corps de détenus du Falungong ont été rendus à leur famille partiellement voire complètement éviscérés (cas de Ren Pengwu, 33 ans, arrêté le 16 février 2001, mort sans motif officiel cinq jours après). Un trafic de corps est d’autant moins exclu qu’en janvier 2007, Hagens a reconnu que des corps de condamnés chinois avaient pu lui avoir été fournis, sans qu’il s’en rende compte…
Dans le passé, des détenus ont déjà servi de matériau anatomique : c’était le cas à Ravensbrück dans le service de Mengele, comme en France au Struthof, où le médecin venait choisir ses pièces sur pied pour les collections de l’Université de Strasbourg. Hagens peut d’autant moins ignorer cela que son représentant commercial en Pologne est son propre père, Gerhard Liebchen, un ancien gradé SS (Der Spiegel, 28.02.2005).
Les expositions de Hagens ont déjà été vues par 25 millions de personnes à travers le monde ; elles en disent plus sur la mort-spectacle que sur l’anatomie. La science sert ici d’alibi : l’organisateur lyonnais, Pascal Bernardin, connu comme producteur de concerts rock, se présente comme un « homme de spectacle ».
Il nie au demeurant tout lien avec Hagens, bien que son procédé soit breveté. Un consultant scientifique de l’exposition, Walter I. Hofman, déclare n’avoir relevé « aucune trace de torture ». Un autre, Hervé Laurent, déclare : « Il n’y a aucun problème éthique ». Ces dénégations multiples ne font qu’ajouter aux doutes sur ce lucratif trafic de cadavres spectacularisés
On se demande comment ces corps anonymes ont pu parvenir en territoire français, et y circuler alors même que le déplacement de toute dépouille mortelle est bien entendu soumis à restrictions.
L’exposition a été refusée par le Musée de l’homme et la Cité des sciences de la Villette ; elle a fait l’objet d’un avis défavorable du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).
Nulle indication n’est donnée sur l’identité des personnes exposées, sur leur avis de décès, ni aucun document attestant qu’elles aient légué leur corps à la science ou que leur famille approuve leur exhibition. Cela semble contraire au code de Nuremberg de 1947, ainsi qu’aux lois françaises des 29 juillet 94 et 4 mars 2002. Nous demandons la suspension de cette exposition jusqu’à ce que les garanties élémentaires soient publiées et contrôlées."
(189 signatures suivent, en majorité des universitaires, des chercheurs , des écriains, des psychanalystes , des politiques et des religieux)
Pêché ça sur mon mail.Il existe, à l'Ecole Vétérinaire d'Alfort, un petit Musée,"Le Musée Fragonard"Pas celui du tableau le plus bandant de l'histoire de la peinture ("le Verrou"), mais son cousin. Physiologiste des Lumières, il avait inventé une méthode révolutionnaire de conserver les corps pour l'étude de l'anatomie. Avec souvent une mise en scène "dramatique".
Ses écorchés, encore visibles à Alfort, donc, sont très impressionnants et annoncent nonn pas l'anatomie moderne, mais "l'homme matière première"c'est la face cachée des "Lumières" celle qui mène à la Shoah.
Cette exposition ,comme le dit bien la pétition, est une pure saloperie commerciale. Et en effet, nous ne sommes pas loin des abat-jours en peau humainne de la sinistre Ilse Koch, tortionnaire en chef du block des femmes d'Auschwitz, des presse papier en têtes jivarisées de Rudolf Höss et du sinistre Mengele. Ce qui est encore pire, c'est cette parfaite bonne conscience bien lisse des organisateurs ,qui manifestement,, ne voient pas l'horreur absolue de la chose. Soulignons le paragraphe qui parle de corps recélant des projectiles. Et le cauchemar s'aggrave encore du fait de l'ethnicité (eurasaitique) des corps exposés. C'est du Dieudonné. Ni plus ni moins. Et qu'on ne vienne pas dire que la liberté d'expression gnagnagna.... Alors oui, décidément Auschwitz est bien oublié....
23 février 2009
LE PATRONAT LE PLUS ARRIÉRÉ DU MONDE OCCIDENTAL
OÚ L'ON VOIT MADAME PARISOT REVENUE EN 1841

Ingres avait tout vu...un patron en 2009
Décidément, en France, nous sommes servis, en matière de calice à boire jusqu' l'hallali !!!!! Déjà, nous avons l'un des pouvoirs les plus répugnants de vulgarité , d'autisme politique que l'on connaisse. Au bout de 20 mois, nous nous en sommes rendus compte, et amplement. La crise de civilisation qui commence à peine a exacerbé l'incapacité crasse de ces politiciens de rencontre, que le destin, facétieux, eût dû contenir à des postes subalternes.
Et puis, survient la crise coloniale des DOM. Là , le sentiment , d'ailleurs partagé largement par l'opinion est l'invraisemblable manque de tact et d'anticipation de ces cadres bancaires promus gibier gouvernemental. Tous les leviers sont grippés. Le pauvre Yves Jégo, qui, au moins, avait eu le courage d'y aller, a été mis à confire dans le formol des "groupes de travail sur..." Dans un dernier sursaut, en même temps que les quatre escadrons de gendarmes mobiles envoyés en Guadeloupe, le président a botté le cul, et on ne peut que s'en réjouir, de la patronaille îlienne. 200 euros de plus pour des gens qui touchent un smic de 780 euros, c'était justice. On a d'ailleurs senti quelque chose de pathétique: la découverte par l'Elysée de la vacherie obtuse du patronat dans les DOM...c'est stupéfiant, mais on peut être sûr que l'on ne s'en doutait pas, en haut-lieu.
Or, non seulement les patrons des DOM sont des salopards, des imbéciles et de cyniques esclavagistes, mais avant-hier, ils ont trouvé un soutien en la personne de la présidente du MEDEF. Qui , clairement, avec un culot éhonté a clairement souffleté le gouvernement pour avoir osé tenter d'éteindre l'incendie qui menaçait d'embraser non seulement les DOM , mais finalement toute la France. Incendie qui d'ailleurs n'est pas éteint, mais couve confortablemennt sous les bottes de paille qu'on a apportées pour l'étouffer.
Le MEDEF a , enfin , montré sa vraie nature. Il trimballe derrière lui comme le cul des vaches trimballe des tapons de bouse séchée, la vieille haine recuite du Front Populaire, acmé pour lui, de "horreur du progrès social"
Même ce gouvernement de caves est dépassé par l'abjection réactionnaire de ce patronat, sans aucun doute LE PLUS ARRIÉRÉ DU MONDE OCCIDENTAL. Pour ces "chevaliers d'industrie", nous sommes en 1841, à l'époque du "Rapport Villermé, sur le travail des enfants". Déjà, le patronat renâcla lorque Louis-Philippe, pourtant aux antipodes de l'esprit révolutionnaire soumit à la Chambre un projet de loi "limitant le travail des enfants". Ces abrutis de patrons crièrent qu'on les étranglait etc etc....168 ans plus tard, rien n'a changé. Rien. Les patrons, MEDEF en tête, sont toujours aussi cons. Et ,pis, ils sont devenus l'adversaire le plus terrible pour le gouvernement pourtant ramassis de clébards à sa botte...
Cette situation rappelle en tous points les années 30 en Allemagne, lorsque, la droite conservatrice de Von Papen aux commandes se vit littéralement (sans jeu de mot!) saisie à la gorge par le grand patronat allemand. Qui fut la cause de la nomination du "Ministère Hitler".
Donc, clairement, la démocratie est très sérieusement mise en danger par le MEDEF et la racaille ultralibérale. Et ce pauvre gouvernement bonaparto-médiocre est commme le pilote d'un navire dont le cabestan a cassé le cliquet qui l'empêchait de reculer. En essayant d'en reprendre le contrôle ,il se fracture les doigts....
20 février 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
Le tableau ci-dessus n'a rien à voir avec l'auteur de la lettre ci-dessous. Il est là pour vous mettre sur la voie. Si vous ne trouvez pas....la semaine prochaine, on publiera un dialogue de Placid et Muzo. A vous....
15 mars 1916.
Cher ami,
Hélas non, je ne suis pas à Verdun. J'en suis même très loin, puisque, à quelque cent mètres de mon baraquement, la mer lave l'infini monotone de la plage BeIge,.- la mer grise où roulent les mines sournoises que le flot rejette de-ci de-là comme d'énormes et mauvaises coquilles. Pendant qu'on se bat dans l'Est, je vis ici presque au calme. Et cela me rend inexcusabIe de n'avoir pas encore répondu à votre carte de Toulon, celle qui me racontait votre épopée du Vardar. Heureusement votre mot du 10, reçu hier, est venu briser le charme qui me paralysait; et je vous en remercie doublement, puisque non seulement il me donne des nouvelles de vous, mais encore me force à reprendre une correspondance dont j'ai besoin : n'êtes-vous pas un. de ceux-là, toujours plus rares, avec qui je me comprends, devant qui on peut tout dire et être sûr d'être compris?
Avant tout, je vous félicite de votre expédition d'Orient, et de la croix recueillie en ces régions lointaines. Je vous ai presque jalousé, savez-vous, quand j'ai su que vous embarquiez... J'aurais tant aimé cela, la grande aventure d'outre-mer, et l'air libre des montagnes serbe remplissant une âme gonflée de toute la plénitude de la guerre! - Retournez vite à Salonique, je vous le souhaite beaucoup; mais ne méprisez pas les loisirs que Dieu vous ménage au fond des landes du Morbihan. En. ces derniers trois mois d'accalmie, vous ne sauriez croire avec quelle fratcheur d'âme j'ai repris contact avec Dieu et mes idées chères... - Extérieurement, mon existence, depuis septembre, a été la suivante : après l'offensive sanglante du 25, exécutée au sud d'Arras, nous nous en. fûmes à côté de Lens occuper des tranchées récemment conquises par les Anglais. C'était un. mauvais secteur en pays minier (non. loin des crêtes de Lorette), mais où je suis content d'avoir passé, parce qu'il m'a donné une idée de la vie redoutable des tranchées en Artois. La compensation aux bombardements et à la boue était fournie par le grand nombre d'agglomérations ouvrières, riches en braves cœurs et en ressources mercantiles, qui subsistaient jusqu'à proximité des lignes. Nous demeurâmes trois mois en ces lieux obscurs, mais non sans charmes. Pour le premier de l'an, nous étions - une troisième fois depuis avril 1915 - en Belgique; et nous n'en avons pas encore bougé. - Ainsi que je vous le disais en commençant, nous menons ici une existence plutôt calme. Trois fois par mois, en moyenne, la relève nous conduit, au-delà d'un fleuve célèbre et près d'une cité entièrement détruite, dans des tranchées de sacs, courant irrégulièrement à travers un réseau de canaux et de chaussées. Les communications sont parfois difficiles, mais l'aspect des nappes d'eau douce miroitant sous le ciel pâle dans l'encadrement des dunes est tout plein d'un charme pénétrant que surexcite, dans les moments où se taisent les canons et les crapouillots, le grand silence de deux armées qui se guettent. C'est dans ce cadre de poésie souriante et de lutte généralement assoupie que je me suis remis, par besoin et par raison, à penser et à prier, excité de loin en loin par la lecture de quelqu'un de ces livres (les seuls qu'on devrait écrire) où se révèle une vie, l'Apo!ogia de Newman ou le Voyage du centurion. Croiriez- vous qu'Auguste Valensin. a été très étonné que sur le front je ne fusse pas détaché de la philosophie? Comme si philosopher ne pouvait pas être la plus absorbante et la plus intime des prières, - comme si .la meilleure attitude du serviteur attendant le Maitre n'était pas la dévotion au premier de ses devoirs humains : y voir clair en soi et autour de soi... Il me semble que la guerre m'a rendu fort indifférent à mon avenir personnel, mais plus passionné que jamais pour les Idées, les Causes, l'Action. Et vous?
Donc, je me suis remis à songer, et à jeter, sur un cahier d'école, des notes sur un sujet qui, pour moi, a toujours été le problème de ma vie intérieure, - un petit peu comme la question de Rome pour Newman ou le sens des appels de l'âme pour Psichari, - je veux dire la conciliatioi du progrès et du détachement, - de l'amour passionné et légitime de la plus grande Terre et de la recherche unique du Royaume des cieux. Comment être aussi chrétien que pas un, tout en étant homme plus que personne? C'est très bien de faire des sciences, de la philosophie, de la sociologie pour plaire à Dieu, pour remplir une tâche assignée. Mais ce n'est pas assez dire; tant que, dans mes études ou mon labeur, je ne me reconnaîtrai pas la possibilité d'aimer mon oeuvre; tant que je ne verrai pas la nécessité de m'y consacrer pour que, au moyen de mes conquêtes elles-mêmes (et non seulement à raison de la valeur, morale de mes efforts), je progresse et m'organise dans un Absolu; tant que le Monde ne me représentera qu'une occasion de mérites, et non quelque (.....) à édifier et à polir, - je ne serai qu'un tiède parmi les hommes, et ils me regarderont, de par ma religion, comme étant un diminué et un transfuge. Et qui oserait dire qu'ils ont absolument tort? - Je me suis donc attaché, pour me satisfaire moi-même et pour « systématiser » ma vie intérieure, à rechercher ce qu'il pourrait bien y avoir de (divin dans) prédestiné. sous la matière même de notre cosmos, de notre humanité, de notre progrès. Et je me sens attiré par l'étude de ces courants, de ces liaisons, de toutes ces choses « in nobis sine nobis » qui nous entraînent et que nous canalisons, que nous adorons instinctivement et contre lesquelles nous luttons, - dont l'ensemble constitue « notre (vie) organisme cosmique ». Car là doit se cacher Dieu. Je pense que tout homme un peu conscient l'éprouve violemment, cette vie cosmique. - Pour les uns, elle pousse à l'isolement et au retour à l'unicité fondamentale de la matière originelle; c'est le panthéisme païen, le sommeil inerte entre les bras de la grande Nature chargée de tout opérer et de tout conduire. - Pour d'autres, elle est un appel à la domination de l'univers, à l'investigation de tous les secrets, à l'union de tous les humains en une collectivité supérieure où les consciences s'illumineraient par leur convergence, où la conscience aurait libéré ou pénétré toute matière. - La capacité d'aimer ne se sépare pas impunément de son objet naturel : à vouloir isoler maladroitement notre coeur de l'amour de l'univers, ne risque-t-on pas de le tuer? - Une première justification de l'attitude chrétienne est de mettre en. évidence, avec saint Paul et saint Jean, les "merveilles cosmiques " de la Jérusalem céleste =l'union des âmes en un organisme merveilleux, le Corps du Christ, - le courant et la vie de la grâce entraînant, pénétrant, immutant les monades élues de Dieu; - et ceci est la réponse fondamentale : nos aspirations cosmiques intimes sont transposées sur un univers nouveau qui les satisfait "eminenter". Mais ce n'est pas assez d'utiliser les tendances. Encore une fois, l'objet, la matière même de nos passions humaines ne peuvent-ils se transfigurer, se muter en Absolu, en définitif, en divin? - Je pense que oui. L'ivresse du panthéisme païen, je la détournerai à un. usage chrétien, en reconnaissant l'action créatrice et formatrice de Dieu dans toutes les caresses et dans tous les heurts, dans toutes les passivités inévitables et irréductibles; - la haute passion de la lutte pour savoir, pour dominer, pour organiser, je la déchaînerai sur ses objets naturels, mais avec l'arrière-pensée de ce but ultime de poursuivre l'oeuvre créatrice de Dieu commencée, par exemple, dans l'élaboration inconsciente du cerveau humain, mais destinée à produire des âmes de tonalité plus raffinée ou de nuance nouvelle grâce aux influences et aux organes d'une civilisation supérieure; - l'amour naïf ou inquisiteur de la Nature, je le diviniserai, en songeant que de ce Tout mystérieux qu'est la Matière quelque chose doit passer, par la Résurrection, dans le Monde des cieux, - mes efforts pour le progrès humain étant même (?? peut-être) la condition nécessaire pour que s'élabore la Terre nouvelle.
- Et ainsi, sans rupture, porté par la gradation naturelle du matériel, du vivant, du social, je retrouve au terme de nes désirs le "Christ cosmique" (si j'ose dire), Celui qui noue au Centre conscient de sa Personne et de son Coeur, tout mouvement des atomes, des cellules, des âmes...
Voilà ce que j'entrevois, et ce que je déballe, encore informe, sur ces pages, comme si je causais, à Ore, à votre porte. Je voudrais pouvoir aimer passionnément le Christ (en aimant) dans l'acte d'aimer l'Univers. - N'est-ce pas une chimère ou un blasphème? En plus de la communion avec Dieu et de la communion avec la Terre, y -t-i1 la communion avec Dieu par la Terre,- celle-ci devenant comme me grande Hostie où Dieu se tiendrait pour nous?... Je le voudrais :pour moi et pour beaucoup d'autres, et pour que s'évanouisse le plus fort prétexte qu'ait le siècle à nous regarder comme des anormaux ; - mais je ne sais. - En tout cas, il me plait de noter mes idées en ce sens, - quitte à dire en. dernière ligne : "Et tout ceci était un songe."
J'ai un peu honte de vous avoir dit tout cela. Peut-être ferais-je mieux, au lieu de spéculer autant, de chercher davantage à faire du ministère. Mais outre que la matière à sanctifier est rare, et demande une culture plutôt distante (faite surtout de camaraderie, et d'exemple de dévouement... Priez pour cela), mon goût natif et exagéré à être, comme dit Newman, "unobtrusive and uncontroversial" me rejette sur moi-même. - Sur mes Sarrazins, je n'exerce aucune influence, sinon celle d'une certaine sympathie. Sur les Français, l'action est sporadique, et gênée en ce moment soit par des mutations trop fréquentes, soit par un régime de tranchées qui m'empêche d'habiter comme jadis dans les gourbis de première ligne, et me confine un peu en arrière dans une ruine isolée. - Vous voyez que je vous ai dit des "tas de choses", et même trop. - Ecrivez-moi.
C'est TRES FACILE....Allez gorgomar....
MIs en ligne par montaigneàcheval
18 février 2009
UN SECOND SOUFFLE AMERICAIN
C’est vrai que depuis récemment, les E.U sont à l’honneur et les temps, à la redécouverte de ce nouveau monde... Pourtant ce sont de vieilles icônes dont je veux parler ici :
un auteur : John Steinbeck né le 27 février 1902 (tiens, comme moi…enfin presq
ue) à Salinas,
son livre : « East of Eden » paru en 1952, un réalisateur : Elia Kazan né le 7 septembre 1909 à Constantinople, son film « East of Eden » sorti en 1955 et James Dean né le 8 février 1931 à Marion, héros du film….
Un superbe trio pour un film absolument époustouflant par son esthétisme, « A l’est d’Eden ».
C’est vrai que nos trois personnages sont , pour des raisons propres, très marquants. Dans ce temple du capitalisme et de la chasse aux sorcières qu’est l’Amérique des années 40-50 les prises de position ne sont pas vues d’un bon œil. Cependant nous n’avons pas affaire à des militants d’un PCA « fantasmagoré », mais à des artistes, même si ici, c’est grâce à leur conscience politique que leurs regards, - celui de Steinbeck, par la description «naturaliste » des milieux populaires de l’ Amérique paysanne et ouvrière, celui de Kazan par son choix de filmer des personnes aux vies marquées au fer rouge par la réalité économique et sociale et celui de J.Dean par son choix de rôles de jeunes hommes hypersensibles, fragilisés par leurs milieux, - les font s’attarder aux endroits les plus tendres, les plus saignants des personnages et des milieux auxquels ils s’attachent. A mille lieues de ce capitalisme dur, froid et intraitable qui génère des êtres à son image et qui casse et broie les plus sensibles.
L’histoire nous entraîne dans une petite ville américaine californienne, Salinas, - la ville natale de Steinbeck, là où Kazan tourne le film en « décors naturels », - à la veille de la première guerre mondiale.
Comme un écho lointain, relayé par de subtiles allusions, la montée des tensions propres à la guerre envahit la petite ville paysanne, mais pas si lointain en fait, puisque la guerre va s’y jouer aussi, et servira de trame de fond au déroulement de la vie. Et en cela le film de Kazan est incroyable : devant nous un père et ses deux fils jouent une partie de leur vie avec une guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres de là, dans un lyrisme ébouriffant.
La guerre donc, en trame, et, comme une seconde trame entremêlée, le « puritanisme » d’une société en quête d’identité, cherchant et trouvant dans l’application à la lettre des versets de la Bible les réponses à toutes ses carences (ô combien d’actualité, toujours, aux E.U). Cette seconde trame est incarnée par la figure du père, homme
affable et bon mais totalement guindé et dénué de ce naturel paternel réconfortant en cas de doute ou de gamelle, rassurant quant à l’avenir. Face à lui deux fils, l’aîné conciliant, sympathique et sûr de la vie et le cadet hypersensible, à fleur de peau.
Entre eux trois, et comme en troisième toile de fond, la mère, mystérieuse, terriblement absente depuis leur naissance et devenue obsédante pour le cadet, qui se met à la rechercher, en dépit des allégations de leur père, qui, pour faire vite et bien, leur a raconté qu’elle est morte… Il la découvre, femme forte et solitaire dévouée aux affaires, à l’argent, tenancière de bar, grosse propriétaire. La rencontre va être «solaire », cruciale. Le jeune homme libéré du poids pesant du mystère va renaître et se découvrir enfin, des talents et de l’assurance tandis que l’aîné, et par voie de conséquence leur père, vont voir se briser le fragile édifice psychologique qu’ils avaient monté et auquel ils se raccrochaient.
Une histoire de la vie ordinaire donc, un milieu banal et cependant la dissection fine de chaque personnage que ce soit par l’intermédiaire des plans, du jeu des acteurs et des dialogues est complètement envoûtant.
On est loin de la psychologie à deux balles du cinéma américain de ces 10 dernières années… et de ses plans formatés, sans parler des minois formatés. On est loin de cette Amérique impérieuse et froide sous les paillettes, rongée de pouvoir et d’argent et de misère intellectuelle ; on est loin des caricatures qu’ils se font d’eux-mêmes… parce que les images d’Elia Kazan sont un véritable choc esthétique. On y retrouve toute la peinture américaine qui sévit encore aujourd’hui ; la maîtrise de la lumière y est incomparable, à tel point que j’ai beau chercher, je ne lui trouve aucun équivalent, personne qui le surpasse (sauf peut-être l’anglais Joseph Losey avec son incomparable « The go-between » et Clint Eastwood qui en a certaiement tiré plus d’une leçon (visible particulièrement dans « Sur la route de Madison ») . Je me suis amusée à décomposer chacun de mes plans préférés et tous sont des toiles d’artiste. C’est un film très rare que je vous conseille de regarder avec beaucoup d’attention.
16 février 2009
SOYEZ ZANTILLES AVEC LES MESSIEURS

SOYEZ ZANTILLES AVEC CES MESSIEURS
Contrairement à la plupart des crises révolutionnaires de l'histoire qui toutes démarrèrent des centres, la crise française, gravissime, est née aux marges. Quelles marges. Quatre confettis d'un ancienn empire colonial, qui fut, rappelons-le le second du monde après l'empire britannique. La Guadeloupe, la Martinique, la Réunion s'embrasent. Et s'enfoncent dans une sorte de bronca désespérée. Pauvres DOMTOM comme disent depuis des décennies les crânes d'oeuf de la politique et de l'administration.
On sait que le mépris fut le principal carburant des pouvoirs successifs non seulement envers les Noirs des DOMTOM, mais envers tout le peuple. Un mépris qui remonte à l'Ancien Régime. Salauds de pauvres! eût grincé Gabin. On imagine mal ce que la Vème République a pu cracher sur ces phares lointains de la France. Lointains, oui, mais plus français que bien des régions. Ainsi, une foois encore, donneur de leçons de Droits de l'Homme devant l'Eternel, la France a en fait pratiqué aux Antilles ce que pratiquent toutes les anciennes puissances coloniales. Mépris, suffisance, répression, racisme effréné. Aux Antilles, on pratique un "apartheid doucereux", plus immonde ,si c'est possible que celui qui pourrissait l'Afrique du Sud. Un apartheid social, économique, culturel. On fait semblant de "parler aux nègres". On s'esbaudit sur leur "culture". On nous dit : "Voyez Monnerville!! Voyez Césaire!!! Voyez Glissant!! Voyez tous ces bons nègres cultivés et comment qu'on les considère!!!"
La réalité est toute autre. Les patrons békés, mais noirs, aussi, profitent à fond de la situation: salaires misérables, exploitation éhontée, travailler plus pour gagner des clopinettes en achard!!!, prix fous!! Pauvres salariés sucés jusqu' au torlognon, avec la complicité bienveillante des "relais avec la métropole", la préfectaille, la sous préfectaille, la députaillerie. Pinces-fesses luxueux, prébendes. Lointain propice. les nègres? Z'ont qu'à la fermer! On leur a foutu des Leader Price et des Auchan tout comme pour leurs maîtres blancs. Crise ancienne, profonde.
Et on pouvait s'attendre que ce pouvoir autiste, infantile, incapable de reculer, traîte la crise des Antilles de façon absolument catastrophique. Eh bien, on n'imaginait pas une telle incurie, un tel cynisme , une telle violence. Yves Jégo, parfait courtier d'assurances en Seine-et-Marne, réduit à n'être plus que le clébard qui fait sissite devant le phonographe de Pâté-Maconnerie, et d'aboyer, ouah! ouah! z'aurez rien!!! des nèfles ouah! ouah!! et "l'ordre républicain sera rrrrrrouaffff! maintenu". C'est-à-dire escadrons de gendarmes pour du casse-nègres!! Saint-Taser, ora pro vobis! Voilà, c'est tout ce que ce gouvernement de paillassons aux ordres du CAC 40 a de disponible dans sa besace élimée. Au moins Le Régent Horthy ne s'en cache pas. Il y va franco: pas un sou pour les nègres. Pour Total , oui..chéquier ,frrrrrrt, on vous le laisse en blanc.
Et pas de Rocard pour venir , comme en 1988, nous emmerder avec Jean-Marie Tjibaou!!! Ha!! chère meudème, z'ont de ces noms.
Ce qui va se passer?? un embrasement généralisé de la société ultramarine puis métropolitaine qui débouchera sur un régime autoritaire. Les 53% de crétins qui portèrent ces traders pourris au pouvooir peuvent être fiiers. Peuvent être fières aussi, ces larves du PS, qui font hurler de rire le monde entier.
Bienvenue chez les Békés.
Enfin, pour terminer, petite piqûre de rappel avec Frantz Fanon
« Le Noir veut être comme le Blanc. Pour le Noir, il n’y a qu’un destin. Et il est blanc. Il y a de cela longtemps le Noir a admis la supériorité indiscutable du Blanc, et tous ses efforts tendent à réaliser une existence blanche.
N’ai-je donc pas sur cette terre autre chose à faire qu’à venger les noirs du XVIIe siècle?
Dois-je sur cette terre me poser le problème de la vérité noire?
Dois-je me confiner dans la justification d’un angle facial?
Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de rechercher en quoi ma race est supérieure ou inférieure à une autre race
Je n’ai pas le droit , moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race.
Je n’ai pas le droit , moi homme de couleur, de me préoccuper des moyens qui me permettraient de piétiner la fierté de l’ancien maître.
Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués.
Il n’y a pas de mission nègre; il n’y a pas de fardeau blanc.
Je me découvre un jour dans un monde où les choses font mal; un monde où l’on réclame que je me batte; un monde où il est toujours question d’anéantissement ou de victoire.
Je me découvre, moi homme, dans un monde où les mots se frangent de silence; dans un monde où l’autre, interminablement, se durcit.
Non, je n’ai pas le droit de venir et de crier ma haine au Blanc. Je n’ai pas le devoir de murmurer ma reconnaissance.
Il y a ma vie prise au lasso de l’existence. il y a ma liberté qui me renvoie à moi-même. Non, je n’ai pas le droit d’être un Noir.
Je n’ai pas le droit d’être ceci ou cela…
Si le Blanc conteste mon humanité, je lui montrerai, en faisant peser sur sa vie tout mon poids d’homme, que je ne suis pas ce “y a bon banania” qu’il persiste à imaginer.
Je me découvre un jour dans le monde un seul droit: celui d’exiger de l’autre un comportement humain.
Un seul devoir. Celui de ne pas renier ma liberté au travers de mes choix.
(…) Je ne suis pas l’esclave de l’Esclavage qui déshumanisa mes pères. »
Peau Noire, Masques blancs, Édition du Seuil, pp. 185/186
15 février 2009
CHIRICO ET LE RÊVE DU CAPITAINE HADDOCK
CHIRICO ET LE RÊVE DU CAPITAINE HADDOCK
Curieux , tout de même , ces coïncidences. Hier , en prenant mon petit déjeuner, je lisais machinalement, avec quelque chose de pontdesèvresmontreuilàsixdumat dans la cafetière, "Tintin au Tibet". Dont d'aucun disent que c'est le meilleur...et je tombe sur la très fameuse page du "rêve" du capitaine Haddock. Les rêves, dans les albums d'Hergé, voilà un beau sujet pour certain chroniqueur amateur de café pour clounais!!! Or, voicy!!!! Je tombe donc sur le rêve de Haddock qui s'est endormi en marchant et qui croit rencontre Tournesol en sherpa. Et le décor....ça ma sauté au blair: un des éléments fondamentaux de l'oeuvre de Chirico: la perspective d'arcades fuyant vers l'horizon.
Cette "partition" architecturale est omniprésente chez le peintre. On a le sentiment qu'il a voulu revisiter Piranese ou Canaletto, ou Hubert Robert. Intéressant, cette reprise lointaine par Hergé.

Les arcades, les colonnades sont le support de sa réflexion artistique. C'est l'inexorabilité de la civilisation qui se montre ici et l'architecture comme support de l'illusion, comme dans ce tableau célèbre dont le motif central est une tête portant des lunettes noires. 
En fait , tout se passe derrière, avec une silhouette d'homme. Un trou au front. Prémonition de la mort d'Apollinaire???
Chirico est un peintre au fond parfaitement inclassable, sous l'illusion de " la ligne claire"...et dont Dali (tiens, c'est bien ça, dont Dali) s'est manifestement largement inspiré.
14 février 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
A VOUS DE TROUVER L'AUTEUR ET LE TITRE DE L'EXTRAIT SUIVANT ...
"Au dehors c'était la tombée de la nuit : l'occident étalait sur tout ce passé sa lumière mélancolique. Le souffle du vent froissait les feuilles. Pendant que le concierge allumait, près de l'escalier, une bougie demeurée depuis bien longtemps sans doute en son flambeau d'argent et s'apprêtait "à faire voir" les deux chambres du premier étage, Roger ouvrit un grand placard du salon. A l'intérieur, des bandes moisies de papier bleu se déchiraient et pendelaient : il n'y avait rien, sinon un vague objet brillant, au fond de l'étagère du milieu, et sur lequel donna en ce moment le dernier rayon du soir. C'était un flacon de cristal, à bouchon d'or, d'une forme orientale. On l'avait sans doute oublié. Roger, debout dans la silencieuse solennité de ce crépusculaire salon, découvrit la capuche du flacon et le respira par une sorte d'étrange curiosité.
Et une très vague odeur de roses anciennes, affaiblie jusqu'à sembler l'ombre d'un parfum, s'éveilla pour lui dans ce cristal. En comparant les meubles et le parfum, il vit s'évoquer, sous ses paupières à demi fermées, une sorte d'apparition d'autre fois. Il crut apercevoir, assise sur le canapé et tenant dans son exquise main pâle quelque volume de la Princesse de Clèves, une dame aristocratiquement âgée de trente ou trente cinq ans, vêtue de soie couleur du temps, charmante, avec des regards très froids et très doux - une belle dame de province."
11 février 2009
"JE N'IRAI PAS À AUSCHWITZ"
"JE N'IRAI PAS À AUSCHWITZ"
14 QUESTIONS DE LA RÉDACTION DU "SPIEGEL" A RICHARD WILLIAMSON
Williamson a refusé toute intreview en direct. Il n'a accepté de répondre à nos questions que par fax, en Argentine. Ses réponses nous parvinrent par email. Puis elles furent authentifiées au téléphone par Williamson et un des avocats de la Fraternité Saint-Pie V.
SPIEGEL: Le Vatican exige que vous reveniez sur votre négation de l' l'Holocauste et vous menace de vous retirer votre épiscopat. Qu'en pensez-vous?
WILLIAMSON: Pendant toute ma vie, je n'ai cherché que la vérité. C'est la raison pour laquelle je me suis converti au catholicisme et suis devenu évêque. Même dans le cas présent, je ne peux expliquer que ce dont je suis intimement convaincu. Comme je me suis rendu compte que, sur cette question, il y avait un grand nombre de gens ,cultivés et sincères qui pensaient autrement que moi, j'ai cru devoir rechercher les preuves historiques. Je l'ai déjà dit lors d'une interview pour la TV suédoise. Il s'agit en l'occurence de faits historiques et non d'émotions. Et si je trouve ces preuves, alors je corrigerai ma position. Mais cela va prendre du temps.
SPIEGEL: Comment un catholique cultivé peut-il nier l'Holocauste?`
WILLIAMSON: C'est dans les années 80, que je me suis attelé à cette question. A cette époque, j'avais lu différents textes quer cette thématique. Dans l'interview, j'ai cité le Rapport Leuchter, qui me semble de bon aloi. Et à présent on me dit que ce rapport serait scientifiquement sujet à caution. C'est ce qu'il me faut prouver.
SPIEGEL: Vous pourriez, vous -même aller à Auschwitz.
WILLIAMSON: Non, je n'irai pas à Auschwitz. je me suis commandé le livre de Jean-Claude Pressac,dont le titre anglais est "AUSCHWITZ,TECHNIQUE AND OPERATION OF THE GAS CHAMBERS". Dès que je l'aurai reçu, je l'étudierai dans ses moidres détails.
SPIEGEL: la Fraternité vous a laissé jusqu'à la fin Février pour vous déjuger. Est-ce que vous envisagez d'aller jusqu'à la rupture?
WILLIAMSON: Dans l'Ancien Testament, le prophète Jonas dit à ses marins, cependant que son navire est en mauvaise posture par sa seule faute: "Prenez-moi et jetez-moi par dessus bord ,afin que la mer se calme et vous éparge. Car je sais que cette terrible tempête s'est abattue sur vous uniquement à cause de moi." La Fraternité a une mission religieusequi a du mal à se réaliser à cause de moi. Je suis en train d'étudier les preuves historiques. Si elles ne me convainquent pas, je ferai alors tout mon possible pour n'affecter à aucun prix l'Eglise et la Fraternité.
SPIEGEL: Que signifie pour vous la levées de votre excommuniication par le Pape Benoît XVI?
WILLIAMSON: Nous voulons être des catholiques, rien d'autre. Nous n'avons jamais développé nos propres conceptions de la foi, mais nous sommmes les dépositaires de ce que l'Eglise a toujours enseignné et pratiqué. Et cela, lorsque , au cours des années 60 et 70, tout changea au nom du Concile (Vatican II ndmàc) notre position devint un scandale. C'est ainsi que nous fûmes marginalisés . Et aujourd'hui, alors que les églises se vident et que le clergé vieillit, prouvant l'échec patent de ces réformes, nous voilà revenus au milieu de la scène. C'est ainsi, chez nous les conservateurs: c'est nous qui avons raison. La seule chose est de s'armer de patience.
SPIEGEL: Au Vatican, on affirme ne pas vous connaître? Qu'en dites-vous?
WILLIAMSON: La plupart des contacts se font par l'intermédiaire de Monseigneur Fellay et notre Conseil Central auquel je n'appartiens pas. Mais trois de nos quatre évêques étaient là ,en 2000, au cours d'un dîner privé avec le Cardinal Castrillon Hoyos. Il s'agissait en fait d'une sorte de prise de contact. Oh, certes nous avons parlé théologie et philosophie. Le cardinal était très amical.
SPIEGEL: Parmi les grandes dates de l'Eglise catholique, le Concile Vatican II joue un rôle fondamental. Pour quelles raisons ne le reconnaissez-vous pas pleinement?
WILLIAMSON: Parce que nous devrions reconnaître quelque chose de totalement flou. Un document essentiel s'intitule "GAUDIUM ET SPES" (Joie et espérance, ndmàc) On y parle de la force du tourisme de masse en matière de fraternité entre les peuples.(....)Et puis un peu plus loin, on y parle de conflit atomique entre lessuperpusisances. Vous mesurez comme tout le discours de Vatican II est dépassé. Et comme les textes du concile sont particulièrement ambigüs, il va de soi que chacun en tira des interpétations fort divergentes. Et cela a mené au chaos que nous voyons aujourd'hui. Alors que choisir?? Ambigüité ou chaos?
SPIEGEL: Ne croyez-vous pas que par vos positions extrémistes, vous êtes en train de conduire l'église au schisme??
WILLIAMSON: Ce qui conduit au Schisme , ce sont les positions qui blessent le Dogme. D'ailleurs le Concile Vatican II lui-même n'avait nulle intention de revenir sur l'essentiel de la foi. Ce sont certains évêques libéraux qui font comme si le dogme n'était en fait qu'une partie d'un superdogme, ce qui va absolument à l'encontre du texte du concile.
SPIEGEL:Votre point de vue du Judaïsme est radicalement antisémite.
WILLIAMSON: C'est Saint-paul qui donne la réponse: "Nous aimons les Juifs au nom du Père et nous ls haïssons aun om de l'Evangile.
SPIEGEL: Vous fondez donc votre antisémitisme sur la tradition catholique et la Bible?
WILLIAMSON: On a tendance à étiqueter beaucoup de choses sous le terme "antisémite". Comme par exemple toute critique de l'invasion de Gaza par les Israèliens. Quant à l'Eglise , elle a toujours compris l'antisémitisme comme la mise à l'écart des Juifs du fait de leur origine. Elle a toujours raisonné ainsi. Et c'est compréhensible pour une religion dont les fondateurs et tous les personnages principaux étaient des Juifs. Et pour ces judéo-chrétiens, une conviction, une certitude: tous les humains devaient chercher à obtenir leur salut auprès de Jésus-Christ y compris les Juifs.
SPIEGEL: Le pape va aller en visite en Israël et va se recueillir devant le monument à l'Holocauste??? Cela aussi ,vous le rejetez???
WILLIAMSON: Chaque chrétien éprouve une joie profonde en se rendant en pélerinage en Terre Sainte. Et j'adresse tous mes voeux au Pape. Ce qui me choque , au Yad Vashem, c'est que l'on y traîne dans la boue la mémoire de Pie XII, qui fut certainement celui qui, pendant le nazisme, sauva le plus grand nombre de Juifs en laissant fabriquer des certificats de baptème. Or ces faits ont été utilisés contre Pie XII. A part cela, je souhaite que le Pape ait une pensée et un regard pour les femmes et les enfants qui ont été blessés à Gaza, et qu'il apporte son soutien à la population chrétienne de Bethléhem qui vit emmurée.
SPIEGEL: Vos décclarations ont suscité amertume et colère parmi la communauté juive. Pourquoi ne vous excusez-vous donc pas?
WILLIAMSON: Si je me rends compte que j'ai fait fausse route, je le ferai. Je prie tout un chacun qu'il veuille bien croire que si je me suis trompé, je ne l'ai pas ait en toute connaissance de cause. Mes convictions viennet de mes recherches sur ce sujet dans les années 80. Mais sans doute me faut-il aller plus loin dans mes recherches.
SPIEGEL: Est-ce qu'au moins vous reconnaissez la valeur de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.
WILLIAMSON: Lorsque les Droits de l'Homme furent adoptés en France (le 26 Août 1798 ndmàc), il s'en suivit des centaines de milliers de morts. L'application politique des Droits de l'Homme est fondamentalement antichrétienne(...) En effet , le problème n'est pas la liberté DE faire quelque chose, mais la liberté POUR faire quelque chose. le Bien en l'occuirence.
SPIEGEL: vos déclarations et l'annulation de votre excommunication ont suscité une vague d'indignation. Quelle est votre position vis-à-vis de ces réactions;
WILLIAMSON: ça m'étonne profondément en fait, qu'une seule interview à la TV suédoise, soit devenu le thème central de tout le débat politique en Allemagne, alors que bien d'autres évènements, beaucopu plus sujets à caution ne suscitent guère d'émoi dans ce pays.
Voici, un peu raccourcie la traduction de l'ainterview de Williamson, dont on remarquara
- la langue de bois d'ébène
-la justification de l'antisémitisme par la foi
-la diversion classique des antisémites en mélangeant les crimes de Tsahal avec l'histoire du Judaïsme
-L'absence totale de contrition
-la citation du livre négationniste de Jean-Claude Pressac, un des collaborateurs (c'est le cas de le dire) de Faurrisson.
-Le "RAPPORT LEUCHTER" est une recherche pseudo-scientifique et naziforme d'un pharmacien(LEuchter) qui préténde que les traces d'acide cyanhydrique sur les murs des ruines des chambres à gaz sotn trop infimes pour avoir été les fruit d'une exploitaiton à grande échelle. Il fait le miel du camp négationniste, dont ce Pressac. I la été démontré que ce rapport était un maquillage monstrueux de la vérité.
Pardonnez le retard dans la livraison.






