30 mars 2009
Retour vers le futur...Un...Deux...Trois...Des massacres
Il y a quelques semaines, en Allemagne, un
jeune homme a ouvert le feu dans un collège, puis dans la rue, faisant
15 morts et huit blessés, avant de se suicider. Ce drame vient, si j'ose dire, clore une décennie ,qui a vu les événements de ce type se multiplier et ce, partout dans le monde (Etats-Unis; Japon; Finlande...)
Mais, comme vous le disent parfois les gens qui vous aiment et attendent plus de vous, c'est un peu léger jeune homme! (ou jeune fille)
Non, ce type de tueries ne relève pas du fait divers. Non, il n'est pas possible de se dédouaner à moindre frais par un ému "pourquoi sans réponse" et de ne pas réfléchir à ce qui se joue là. Car, si c'est aussi dans les déchets que nous produisons que nous pouvons voir ce que nous sommes (De Lillo le fait dans son roman "Outremonde)", il faut alors tenter une analyse de nos sociétés à partir de ces catastrophes qui surviennent dans nos écoles.
Mon hypothèse est que nous sommes face à une industrie de la captation de l'attention. Dès le plus jeune age, les industries de programme viennent court-circuiter les réseaux de transmission entre générations pour transformer le jeune enfant (avant cinq ans) en prescripteur de la consommation de ses parents. Mais, que se passe-t-il quand vous captez l'attention d'un bébé? Vous interdisez ce que Freud a défini comme l'identification primaire, c'est à dire celle à papa et à maman. A l'adolescence, vous avez devant vous un jeune incapable de se rebeller et de dire pouahh!! à tout puisqu'il n'a pas connu l'identification primaire. Vous avez produit un psychotique. Notre industrie est une machine à fabriquer des psychoses en masse. Finie la bonne vieille névrose... Désormais, camisole chimique à six ans, ritaline (dérivé de cocaïne) puis prozac pour régler les troubles de l'attention... Quand cela déraille, si la névrose peut amener l'acte suicidaire, la psychose, elle, est susceptible de mener au meurtre... Et voilà ce à quoi nous devrions réfléchir. Tous les psychiatres tirent le signal d'alarme. (Cf l'appel des appels). Le dysfonctionnement n'est pas l'affreux dommage collatéral mais le résultat prévisible de nos productions.
La question que la presse devrait se et nous poser n'est donc même pas : pourquoi? (sans même répondre à celle-là de plus) Mais pourquoi oublions-nous, pourquoi passons-nous sur ces carnages qui nous disent tant sur l'état de nos sociétés alors que cela devrait retenir toute notre attention? Pourquoi n'agissons-nous pas?
Hé bien, c'est parce que nous sommes tous touchés par l'industrie de la captation de l'attention. Nous sommes collectivement malades, drogués...
Pas grave non plus si, de temps à autre, il faut "bouc-émissairiser" l'école, forcément incapable de tenir son rôle ou bien encore de jouer sur la culpabilité des parents tellement faibles, voire nuls, qui n'ont plus aucune autorité sur leurs enfants. On trouvera toujours des échos pour répandre ce discours.
Ajoutons aussi qu'une partie infime mais très puissante a tout intérêt financier à ce que se perpétue le massacre et que tout a été parfaitement vérouillé pour qu'il soit presque impossible, non pas de pouvoir dire ce que j'écris ce soir, mais que ce soit entendu au sens radical du terme car, à court terme, tout le monde a intérêt à fermer les yeux...
Il nous faut guérir. N'oublions pas que la folie du court-terme, épaulée par des méthodes industrielles de gestion du délire, mène immanquablement à des 10 octobre 2008 et au risque d'effondrement systémique...
POUR SALUER MAURICE JARRE
DIS-MOI, LARA, QUAND CHANTAIENT LES SOLDATS ... LE CIEL ETAIT COUVERT DE NEIGE ... AU LOIN, LA-BAS ... LE CANON...
Maurice Jarre est mort hier. Tout le monde connaît Maurice Jarre. Même si on ne le connaît pas. On a tous ses airs de films dans la tête. Et quels films. Allons-y:
Lawrence d'Arabie, Le Docteur Jivago, Paris brûle-t-il ? Les Damnés, Soleil Rouge, Le Messager, Jésus de Nazareth, Shogun, Witness, Le Cercle des Poètes Disparus, Ghost, L'Echelle de Jacob.
ET...et..surtout....Paris Brûle-t-il...C'était en 1970 ? par une après-midi d'un dimanche pluvieux à Brest, au coeur du mois d'août. Comme il pleuvait à verse et que la location de famille, un "gite de france" à Plabennec était sinistre, nous étions allés en RI6 tuer le temps à Brest...Mais seul Prévert peut en parler :
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
É panouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.
Tuer le temps à Brest, donc. Rue de Siam, rectiligne, désolante. Béton de reconstruction. Un , deux, trois, quatre cinq rades ,à têter le canon d'un flingue. Néon, à l'intérieur, formica jaune, vieux loupsdemeràladébine, couperosés et bérêt sur le trognon, se terminant au gros rouge...en montant la Rue de Siam, donc, et en se retournant, on voit l'eau grise et jade dont la surface se brouille sous la pluie. En haut de la rue, la place ,immense, battue par les vents,En béton ,elle aussi, comme au Havre. Même punition urbaine. Nous étions trempés. Je me souviens de mon ciré jaune faisant gouttière. Alors, cinéma. Un cube avec des arcades sur la place. Néon violet. Guichet avec "Merci de parler dans l'Hygiaphone", même que ça me faisait me marrer, parce que je me disais que c'était bizarre quand même , les Hygiaphones, c'était à la sécu... et je trouvais ça incongru.
Film: "PARIS BRÛLE-T-IL?"
avec Gerd Froebe en Von Scholtitz, Alain Delon,etc etc. Le cinéma était une salle immense, avec sièges rouges râpés, voûte en arceaux de béton années trente. Quatre pelés et un tondu.... le noir. Le film commence. Et la musique de Maurice Jarre... en particulier cette chanson interprêtée par la Castafiore avignonaise, l'inénarrable Mireille Mathieu, la Piaf râtée, le Rossignol Laborieux....Dans la salle, soudain, montant d'une rangée de cornettes, des bonnes soeurs en goguette, sans doute, monte le "hmmmhmmmhmm " fredonné par ces frangines, de cette chanson...Et je ne sais pourquoi, mais j'en garde un souvenir ému.
"Que l'on touche à la liberté
Et Paris se met en colère
Et Paris commence à gronder
Et le lendemain, c'est la guerre.
Paris se réveille
Et il ouvre ses prisons
Paris a la fièvre :
Il la soigne à sa façon.
Il faut voir les pavés sauter
Quand Paris se met en colère
Faut les voir, ces fusils rouillés
Qui clignent de l'œil aux fenêtres
Sur les barricades
Qui jaillissent dans les rues
Chacun sa grenade
Son couteau ou ses mains nues.
La vie, la mort ne comptent plus
On a gagné on a perdu
Mais on pourra se présenter là-haut
Une fleur au chapeau.
On veut être libres
A n'importe quel prix
On veut vivre, vivre, vivre
Vivre libre à Paris.
Attention, ça va toujours loin
Quand Paris se met en colère
Quand Paris sonne le tocsin
Ça s'entend au bout de la terre
Et le monde tremble
Quand Paris est en danger
Et le monde chante
Quand Paris s'est libéré.
C'est la fête à la liberté
Et Paris n'est plus en colère
Et Paris peut aller danser
Il a retrouvé la lumière.
Après la tempête
Après la peur et le froid
Paris est en fête
Et Paris pleure de joie."
Merci à Maurice Jarre, à Georges Delerue, à Vladimir Kosma ,Michel Legrand, Ennio Morricone et à tous les auteurs de musiques de films de nous avoir donné tant de bonheur....
28 mars 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
Bon, comme tout le monde boude, je m'y colle. Facile, à mon avis....et puis consensuel...l'oeuvre (quel mot stupide!!) ultra connue a un rapport direct avec le texte...à faire pâlir les Suisses...
allez, bonne pioche???
"D'autres fois je me trouve dans une situation indéfinissable; je ne dors ni ne veille, et cette incertitude me plaît beaucoup. J'aime à mêler, à confondre les idées du jour et celles du sommeil. Souvent il me reste peu de l'agitation douce que laisse un songe animé, effrayant, singulier, rempli de ces rapports mystérieux et de cette incohérence pittoresque qui amusent l'imagination.
Le génie de l'homme éveillé n'atteindrait pas à ce que lui présentent les caprices de la nuit. Il y a quelque temps que je vis une éruption de volcan; mais jamais l'horreur des volcans ne fut aussi grande, aussi épouvantable, aussi belle. Je voyais d'un lieu élevé; j'étais, je crois, à la fenêtre d'un palais, et plusieurs personnes étaient auprès de moi. C'était pendant la nuit, mais elle était éclairée. La Lune et Saturne paraissaient dans le ciel, entre des nuages épars, et entraînés rapidement, quoique tout le reste fût calme. Saturne était près de la Terre; il paraissait plus grand que la Lune, et son anneau, blanc comme le métal que le feu va mettre en fusion, éclairait la plaine immense cultivée et peuplée. Une longue chaîne, très éloignée, mais bien visible, de monts neigeux, élevés, uniformes, réunissait la plaine et les cieux. J'examinais : un vent terrible passe sur la campagne, enlève et dissipe culture, habitations, forêts; et en deux secondes ne laisse qu'un désert de sable aride, rouge et comme embrasé par un feu intérieur. Alors l'anneau de Saturne se détache, il glisse dans les cieux, il descend avec une rapidité sinistre, il va toucher la haute cime des neiges; et en même temps elles sont agitées et comme travaillées dans leurs bases; elles s'élèvent, s'ébranlent et roulent sans changer, comme les vagues énormes d'une mer que le tremblement du globe entier soulèverait. Après quelques instants, des feux vomis du sommet de ces ondes blanches retombent des cieux où ils se sont élancés, et coulent en fleuves brûlants. Les monts étaient pâles et embrasés selon qu'ils s'élevaient ou s'abaissaient dans leur mouvement lugubre; et ce grand désastre s'accomplissait au milieu d'un silence plus lugubre encore.
Vous pensez sans doute que dans cette ruine de la terre, je m'éveillai plein d'horreur avant la catastrophe; mais mon songe n'a pas fini selon les règles. Je ne m'éveillai point; les feux cessèrent, l'on se trouva dans un grand calme. Le temps était obscur ; on ferma les fenêtres, on se mit à jaser dans le salon, nous parlâmes du feu d'artifice, et mon rêve continua.
J'entends dire et répéter que les rêves dépendent de ce dont nous avons été frappés les jours précédents. Je crois bien que nos rêves, ainsi que toutes nos idées et nos sensations, ne sont composés que de parties déjà familières et dont nous avons fait l'épreuve; mais je pense que ce composé n'a souvent pas d'autre rapport avec le passé. Tout ce que nous imaginons ne peut être formé que de ce qui est; mais nous rêvons, comme nous imaginons, des choses nouvelles, et qui n'ont souvent, avec ce que nous avons vu précédemment, aucun rapport que nous puissions découvrir. Quelques-uns de ces rêves reviennent constamment de la même manière, et semblables dans plusieurs de leurs moindres détails, sans que nous y pensions durant l'intervalle qui s'écoule entre ces diverses époques. J'ai vu en songe des sites plus beaux que tous ceux des Alpes, plus beaux que ceux que j'aurais pu imaginer, et je les ai vus toujours les mêmes. Dès mon enfance je me suis trouvé, en rêve, auprès d'une des premières villes de l'Europe. L'aspect du pays différait essentiellement de celui des terres qui environnent réellement cette capitale, que je n'ai jamais vue; et toutes les fois que j'ai rêvé qu'étant en voyage, j'approchais de cette ville, j'ai toujours trouvé le pays tel que je l'avais rêvé la première fois, et non pas tel que je le sais être.
Douze ou quinze fois peut-être, j'ai vu en rêve un lieu de la Suisse que je connaissais déjà avant le premier de ces rêves; et néanmoins, quand j'y passe ainsi en songe, je le vois très différent de ce qu'il est réellement, et toujours comme je l'ai rêvé la première fois.
Il y a plusieurs semaines que j'ai vu une vallée délicieuse, si parfaitement disposée selon mes goûts, que je doute qu'il en existe de semblables. La nuit dernière je l'ai vue encore, et j'y ai trouvé de plus un vieillard, tout seul, qui mangeait de mauvais pain à la porte d'une petite cabane fort misérable. « Je vous attendais, m'a-t-il dit; je savais que vous deviez venir; dans quelques jours je n'y serai plus, et vous trouverez ici du changement ». Ensuite nous avons été sur le lac, dans un petit bateau qu'il a fait tourner en se jetant dans l'eau. J'allai au fond; je me noyais et je m'éveillai.
Fonsalbe prétend qu'un tel rêve doit être prophétique, et que je verrai un lac et une vallée semblables. Afin que le songe s'accomplisse, nous avons arrêté que si je trouve jamais un lieu pareil, j'irai sur l'eau, pourvu que le bateau soit bien construit, que le temps soit calme, et qu'il n'y ait point de vieillard."
27 mars 2009
ON VA LE REGRETTER , CHIRAC....
OU L'ON VOIT QUE CERTAINS POLITIQUES ONT LE SENS DU SYMBOLE
Bon, je n'avais pas prévu de poster quoi que ce soit ce soir (l'allitération terrible) seulement, me promenant sur les actualités du web, voilà ce que j'ai déniché, loin des gerbes au Maréchal Pétrin, des amitiés avec Bousquet, des Guy Môquet en produits dérivés et de la Shoah poids sur les épaules dea mômes:
L'ancien président de la République prône l'enseignement de la Shoah dans les pays arabes.
«Le drame de la Shoah interdit l'oubli. Il impose la pudeur. Il fait exploser la colère au cœur de chaque homme de bonne volonté, lorsque la Shoah est contestée.» Silencieux depuis plusieurs mois, Jacques Chirac a choisi de s'exprimer sur un thème qui avait déjà marqué sa présidence. Vendredi, à l'Unesco, l'ancien chef de l'État a apporté un soutien appuyé au projet Aladin initié par la Fondation de la mémoire de la Shoah. Un projet destiné à lutter contre le négationnisme, en particulier dans les pays arabes.
Jacques Chirac a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas de vouloir « aire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n'est pas la leur». Il a cependant souligné l'importance de «faire connaître la Shoah, pour la faire sortir du silence que l'on a fabriqué autour d'elle, dans beaucoup de pays». Pour lui, les raisons de ce silence sont simples : «Évoquer la Shoah risquait de susciter dans ces pays un sentiment de sympathie pour les Juifs et l'existence d'Israël. Alors, a-t-il dit, on l'a cachée.»
L'ancien président s'est inquiété du fait que «les conflits incessants du Proche-Orient servent aujourd'hui de prétexte à une nouvelle haine d'Israël. Elle est en train de devenir une nouvelle haine des Juifs ; cette haine se répand», a-t-il observé. Elle peut être le débutd'un nouveau cauchemar. Chirac insiste : «Il n'y aura pas de paix au Proche-Orient tant qu'il n'y aura pas de reconnaissance et acceptation de l'État d'Israël.» Et ajoute : «Mais il n'y aura pas reconnaissance mutuelle réelle sans assentiment des peuples (…) sans une compréhension plus intime.»
Celui qui avait reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs de France, dans son discours du Vél'd'Hiv, en juillet 1995, estime que ce projet Aladin s'inscrit dans le cadre du combat qu'il mène à la tête de sa propre Fondation pour le dialogue entre les cultures. Ce projet, sur son site Internet, propose un contenu pédagogique en plusieurs langues, dont le turc, l'arabe ou le farsi, sur l'histoire de la Shoah et celle du judaïsme. Il est soutenu par plus de 200 personnalités arabo-musulmanes.
« Les falsifications de l'histoire »
Mais Jacques Chirac ne s'est pas seulement adressé à cette partie du monde, soulignant, dans son intervention, que «nul pays, nulle culture ne sont immunisées contre la tentation du génocide». Il a par ailleurs souligné, une nouvelle fois, que «nous ne devons jamais accepter comme démocratiques les partis qui propagent la haine». «L'accord trouvé entre libéraux, démocrates chrétiens, socialistes et communistes dans l'après-guerre pour rejeter les partis de la haine doit être considéré comme un acquis définitif de la démocratie européenne», a-t-il ajouté. Une allusion claire aux propos tenus par Jean-Marie Le Pen, mercredi, dans l'hémicycle du Parlement de Strasbourg. Le président du Front national avait réaffirmé qu'il considérait les chambres à gaz comme «un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale».
Depuis son départ de l'Élysée, Jacques Chirac, en tête des personnalités politiques dans le baromètre Ifop/Paris Match, s'en tient à des interventions peu nombreuses et exclusivement consacrées aux grands enjeux mondiaux, comme son discours sur l'accès à l'eau au Proche-Orient.
De son côté, dans un message lu par la garde des Sceaux et maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, le président Sarkozy n'a pas évoqué Jean-Marie Le Pen mais fait allusion aux propos négationnistes tenus par l'évêque catholique intégriste Richard Williamson. Des déclarations qu'il a jugées «indignes, d'autant plus honteuses et condamnables, qu'elles émanent d'un homme de foi». Des déclarations qui rappellent aussi «l'urgence d'agir contre les falsifications de l'histoire».
«Toutes» les falsifications , a souligné Abdoulaye Wade, président du Sénégal et président de l'Organisation de la conférence islamique, pour qui le négationnisme ne doit pas occulter d'autres formes «d'oubli du passé ou de dénaturation des faits», relatifs, en particulier, à la colonisation.
Je pense qu'il y a là matière à un beau débat.
Bonn nuit à tous ...et sogni d'oro
25 mars 2009
CABARETS, CAF'CONC' ET LUTTE DES CLASSES
UNE BREVE HISTOIRE DES CABARETS.
Dans les "belles années" du XVIIIème siècle, celles d'avant la Guerre de 7 ans, autrement dit autour de 1745-1755, on trouve Boulevard du Temple à Paris des"cafés chantants" où se produisent aussi des bateleurs . Souvenir évident de la "commedia dell'arte". Pourquoi sur le Boulevard du Temple? Tout simplement parce qu'après que Louis XIV décida de détruire les remparts qui couraient du Quai de la Rapée jusqu' à la Concorde, et les remplaçant par une promenade arborée qui apparaît magnifiquement sur la fameuse "CARTE DES CHASSES DU ROY".
Après s'être déplacés sous les arcades du Palais-Royal sous la Révolution et avoir connu des jours difficiles sous l'Empire en raison de la censure, ces établissements renouent avec le succès sous Louis-Philippe. Il faut cependant attendre le milieu de ce siècle pour que ce nouveau phénomène s’étende à toutes les villes de province et surtout à Lyon et Lille.
Le café chantant devint alors le caf’conc comme on l'appelle familièrement (parfois orthographié caf'conç) à la fois salle de concert et estaminet, réunissant dans son enceinte un public qui paie en consommations le plaisir d’entendre des romances , des chansonnettes ou des morceaux d’opéras. Méhul, Grétry...mélodrames de Pixérécourt. Café-concert et music-hall sont des concepts fort proches, voire synonymes. Music-hall apparaît vers 1850. Selon Legrand-Chabrier, ce nouveau genre est la « coalition de tous les spectacles qui ne sont pas du théâtre »(Flaubert se serait régalé de ce style "Homais"...et l'aurait ajouté à son "Dictionnaire des idées reçues) . Pendant la Révolution, l’abolition du monopole des théâtres permet à partir de 1791 l’ouverture de nombreuses salles de spectacle. Ainsi, le Café d’Apollon est l’un des premiers cafés-concerts. Dans les estaminets populaires, des ambulants se produisent. Mais cette liberté ne durera pas puisqu’en 1807, le rétablissement des théâtres de privilèges marque un arrêt au développement sauvage et spontané des caf-conc'. Au demeurant ,songeons que GUIGNOL , quintessence de Lyon est relié à cette vieille tradition du persiflage politique, subversion intolérable aux yeux des tenants d'un pouvoir fort.
"LES AMBASSADEURS" Caf'Conc'
Au cours du XIXème siècle, le caf-conc', le music-hall, dignes ancêtres du cabaret, se développent dans les quartiers populaires de Paris, (Belleville, Montmartre, la Gaîté) de Londres, de Berlin, de Noew-York...et peu à peu , dans la seconde moitié du XIXème siècle naît un véritable art du cabaret.
Les cafés-concerts sortent de l’ombre des théâtres, tout d’abord
avec l’abolition des privilèges des théâtres en 1864. Ainsi, les
cafés-concerts se dégagent de la surveillance des directeurs de théâtre
pour tomber sous la tutelle des autorités de police. L’administration
multiplie les décrets et laisse se généraliser ce type d’établissement. A Belleville, à la Courtille, vers 1870, on allait "A Ramponeau", le dimanche, se taper la cloche et écouter de la musique canaille. Des chansons pas toujours très bien élevées...
C’est l’âge d’or de ce loisir. Il se diffuse partout en France.
Paris devient le modèle de l’amusement européen. Paris est « la
guinguette de l’Europe » selon Louis Sébastien Mercier. Pensons à "French-Cancan" de Renoir. La période de
la IIIème république va généraliser ce loisir qui se prolonngera , malgré le cinéma, en 1896 et la Radio,, jusqu'à l'après Seconde Guerre Mondiale . L"Alcazar", "le Moulin Rouge ","le Lido" montrent d'ailleurs que ce loisir, à l'origine populaire, est devenu de plus en plus élitiste.
On remarque donc le développement, vers 1900, d'une sorte de culture de cabaret populaire, de Bruant et Yvette Guilbert à Fréhel, Damia, Lucienne Boyer, Fernandel, Maurice Chevalier, Trenet....etc, etc..."La Belle Equipe" est le film emblématique du caf'conc' , de la guinguette comme expression politique. "Quand on s'promène au bord de l'eau". Autant, la culture du cabaret en France renvoie au Front Populaire, autant ,en Allemagne, elle renvoie aux années de ténèbres.
Le naturalisme, évidemment et toute une cohorte d'artistes est dans la lignée du caf'conc et du cabaret. "Nana" est l'archétype, comme "la Goulue"de la "courtisane du cancan". Renoir et Toulouse-Lautrec se nourriront de cet art populaire.
LA GOULUE
Dans le Berlin des années 20, "die Kabarretisten" occupent une place de choix dans la vie culturelle de la ville. Pensons par exemple aux "Comedian Harmonists" ce groupe de chanteurs-musiciens qu'Hitler, évidemment , broiera sous l'enclume des lois de Nuremberg.
LES COMEDIAN-HARMONISTS
Broadway , à la même époque marque l'apogée du genre. Au fond, le cabaret, c'est un peu comme si l'on entendait les villes fredonner tout en s'activant machinalement. Mais n'oublions pas que le caf'conc, le music-hall et le cabaret sont aussi les refuges improbables de vies écrasées par l'exploitation capitaliste. Je suis en train de lire un livre d'Engels, ( La situation de la classe laborieuse en Angleterre) datant de 1845 que je n'avais jamais lu. Il faut , par -delà la folklore des "lieux de plaisir" lire sa description des quartiers pauvres de Londres . Terrible. On sait tout cela, et pourtant, à chaque fois, on éprouve un sentiment de colère intact. Qu'illustre cette chanson de 1898:
FILLE D'OUVRIERS
Paroles: Jules Jouy, 1898
Pâle ou vermeille, brune ou blonde,
Bébé mignon,
Dans les larmes ça vient au monde,
Chair à quignon.
Ébouriffé, suçant son pouce,
Jamais lavé,
Comme un vrai champignon ça pousse
Chair à pavé
A quinze ans, ça rentre à l'usine,
Sans éventail,
Du matin au soir ça turbine,
Chair à travail.
Fleur des fortifs, ça s'étiole,
Quand c'est girond,
Dans un guet-apens, ça se viole,
Chair à patron.
Jusque dans la moelle pourrie,
Rien sous la dent,
Alors, ça rentre "en brasserie",
Chair à client.
Ça tombe encore: de chute en chute,
Honteuse, un soir,
Pour deux francs, ça fait la culbute,
Chair à trottoir.
Ça vieillit, et plus bas ça glisse...
Un beau matin,
Ça va s'inscrire à la police,
Chair à roussin;
Ou bien, "sans carte", ça travaille
Dans sa maison;
Alors, ça se fout sur la paille,
Chair à prison.
D'un mal lent souffrant le supplice,
Vieux et tremblant,
Ça va geindre dans un hospice,
Chair à savant.
Enfin, ayant vidé la coupe.
Bu tout le fiel,
Quand c'est crevé, ça se découpe.
Chair à scalpel.
Patrons! Tas d'Héliogabales,
D'effroi saisis
Quand vous tomberez sous nos balles,
Chair à fusils,
Pour que chaque chien sur vos trognes
Pisse, à l'écart,
Nous leur laisserons vos charognes,
Chair à Macquart!
21 mars 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
Ce soir je vous propose un extrait de texte et un poème...
A vous !
"C'est une grande honte à toi, qui connais ce que valent les belles-lettres, de ne point te rappeler Homère : tu l'as étudié, mais, semble-t-il, oublié, et ce fut peine perdue. Que te vaut de te plonger dans les livres, quand par ta négligence tu n'en retiens pas ce qui te serait utile ! Tu devrais savoir toujours en mémoire la sentence d'Homère; tous les hommes sages devraient fixer à jamais dans leur esprit; qui en pèserait bien le sens ne pourrait s'affliger de quoi que ce fût qui lui advînt de désagréable, car elle s'applique excellemment aux oeuvres de Fortune.
"Jupiter, dit Homère, a sur le seuil de sa maison, en tous temps, deux tonneaux pleins. Il n'est ni barbon ni garçonnet, il n'est dame ni demoiselle, soit vieille, soit jeune, soit folle, soit laide qui ne boive de ces tonneaux. Fortune en tire absinthe et piment tour à tour pour en faire des soupes à tout le monde; elle les en abreuve tous, les uns plus, les autres moins. Il n'est nul qui n'avale chaque jour quarte ou pinte de ces tonneaux, ou muid, ou setier, ou chopine, selon qu'il plaît à la tavernière pleine paume ou quelques gouttes dont elle leur mouille le bec, car elle verse à chacun le bien ou le mal, selon qu'elle est douce ou cruelle."
Le pot où l'on met les plumes,
Les lieux où sont les enclumes,
les coffres seméz de clous,
Les chemins, les cimetières,
les monts et les fondrières,
N'ont point tant d'aise que vous.
Les castelongnes, les houppes,
Les plumes et les estouppes,
Les oreillers de veloux,
Les heures et les mitaines,
Les peaux de vautour et de laines
Sont bien plus fermes que vous.
Les vieils caques de morües,
Les tannières et les rües,
Les privéz communs à tous,
Les dents à moytié pourries,
Les fïens et les voiries,
Sentent bien meilleur que vous.
Une chienne, une tygresse,
Une chatte, une singesse,
La femelle entre les loups,
Un Macquereau passé maistre,
Les Novices hors du Cloistre,
Sont bien plus chastes que vous.
Une veuve, une nourrice,
La tripe d'une saucisse,
La chausse d'un vieil jaloux,
Et les gaines roturières
Des cousteaux de ces tripières
Sont pucelles comme vous.
20 mars 2009
MIAM MIAM
LA LITTERATURE DE L'ESTOMAC: DE JEAN-PAUL ARON A PIERRE ASSOULINE EN PASSANT PAR JEAN-CLAUDE BRISVILLE
Dans les années 70, Jean-Paul Aron, neveu de l'autre, publia un livre à la fois succulent et génial "LE MANGEUR AU XIXème siècle". Un chef d'oeuvre absolu , un voyage à travers les peatiques culinaires mais surtout alimentaires, l'aval, donc plutôt que l'amont. Manger. S'empiffrer. Roonger les os d'une côte d'agneau comme Marius dans "Les Misérables". Se faire berner chez "Véry" comme Lucien de Rubempré qui paie 150 francs pour un seul dîner , l'équivalent d'un mois d'agapes à Angoulême, sa ville qu'il avait quitté avec mépris et y repense soudain avec affection...aller manger des glaces "Chez Tortoni"comme Flaubert, sur les Grands Boulevards. 
EDOUARD MANET: "Chez Tortoni"
Mais aussi plonger dans le monde des regrattiers , qui courent les restaurants de luxe et y récupèrent les restes non seulement des cuisines...mais des assiettes pour les proposer , Rue Montorgueil, du Temple ou ailleurs dans des mangeoires fétides. Et les regrattiers du regrat, qui récupèrent une seconde fois les restes des restes, les rintintins, avariés, cette fois, en les masquant d'une sauce douteuse. Les étudiants fauchés comme Dussardier, les peintres qui ne doutent pas qu'ils seront un jour Ingres, Corot, Monet, Van Gogh ,et qui pour le moment mangent la pâtée regrattée de la grosse Mère Tapedur, Rue Sainte-Geneviève, se détruisent le stomach. Meurent à 30 ans, pourris, repoussant du bec, dans les bras de leur jeune femme, si belle, si triste... L'anglais, touriste, venu à Paris pour se gaver et qui se gave en effet, dévore les Huîtres de Cancale par paquets de douzaines. Se noie dans le muscadet et le lordeaubem!!!! Aron a magnifiquement écrit cette géographie tératologique de la bouffe. Terrible et drôle à la fois.
Ensuite, la pièce superbe de Brisville. "Le Souper". Et l'inoubliable téléfilm avec Brasseur et Claude Rich. Rich joue un Talleyrand matois, rusé, poudré et diplomate mais au fond effrayé par Fouché (Brasseur).
C'est le soir, tard. En Juin 1815. L'orage gronde. Talleyrand a invité Fouché à souper. Les deux hommes se haïssent.Mais ont besoin l'un de l'autre pour aller le lendemain faire allégeance au Roi Podagre, ce Louis XVIII, cet Artois goutteux qui , courageusement, avait laissé son frère Louis XVI en carafe le 15 Juillet 1789....Il sert une tranche de foie gras monstrueusement épaisse à Fouché qui n'en demande pas tant. La table est mise. Un chauffe-plat conserve chaud les ortolans prévus. La pièce de filet et le bar attendent eux aussi au chaud. On est dans la profusion et dans le jeu politique.
Enfin notre ami Assouline qui nous propose son dernier roman "L'invité". Alors là: bien écrit, de cette belle écriture ronde si particulière qu'on retrouve dans "Hôtel Lutétia". On voit une soirée parisienne, pas vraiment dans un HLM de la Rue de Crimée. Mais enfin, les riches sont toujours plus intéressants que les pauvres, on sait ça dans le milieu intello. Le livre est vraiment un bon récit, avec de singuliers emboîtements au fur et à mesure que l'on découvre les convives. Pourtant, on ne sent pas les mets . On a quelque chose d'un peu cotonneux dans la bouche. On aimerait voir dans les assiettes. Humer les plats et c'est là que le bât blesse!!! Pierre Assouline se contient trop. Il est trop retenu Dommage que l'on n'ait pas l'eau à la bouche. Le dîner ne sera jamais extravagant, fantastique , inoubliable. il y a un peu trop de détachement dans tout cela. La mondanité, c'est le thème du roman. Et le regard fin , ironique de Pierre Assouline n'empêche pas qu'on...reste sur sa faim.
Manger moultes fouasses et coqueletz gras, gober huystres non de Cancalle, mays de Maresnes et boyre vin de Loueyre délie les langues les plus pieyrieuses des dyplomates.

Bon appétit à tous. Et profitons-en avant que B16 condamne aussi la gourmandise....
19 mars 2009
L'EGLISE, UNIVERSELLE INFECTION
LES AVENTURES FARINEUSES DE BENOUASEZE OU SS-ZINGER N'EN FINIT PAS DE TOMBER LE MASQUE
Il y a une semaine, à peu près, on se souvient de cette charogne d'évêque brésilien qui avait, forcément avec l'accord du Vatican, excommunié une petite fille violée par son beau-père, sa mère et le médecin qui avait avorté la fillette, mais pas le beau-père. Cet evêque-charogne avait même déclaré: "L'avortement est un crime plus grave que le viol". Quelques semaines auparavant c'était, non seulement l'affaire Williamson et la réintégration de quatre prélats fascisants dans l'Eglise.
Maintenant SS-Zinger chie une déclaration enfonçant un peu plus les malades du Sida dans leur détresse, leur désespoir et leur culpabilité. SS-Zinger a en effet osé cracher que le préservatif, la capote quoi, était inefficace contre la propagation du Sida. On est , grâce à cette pourriture de nazi, revenu 30 ans en arrière. Car ce n'est pas en Europe où les préceptes ultra-réactionnaires sont écoutés,(à part la Boutin, qui ose parler d'amour, cette grenouille de bénitier plein de pus) , mais justement là où ça fait le plus mal: en Afrique Subsaharienne. Dans la région du monde où le Sida est un long génocide silencieux, cette ordure de Pape anéantit, d'un coup, tous les efforts pour sauver les malades ou prévenir une expansion de la contamination. Cette ordure de Pape est au Cameroun, l'un des pays les plus catholiques d'Afrique. On n'en finit pas de hurler de colère. Oh, bien entendu, Jeanpoldeu était odieusement réactionnaire, lui aussi, mais enfin, tentait-il de sauver les apparences.
SS-Zinger, lui, c'est autre chose: une caricature de prélat nazi. Onctueux, toujours avec ce sourire-chambre-à-gaz à la gueule. Le genre de chien à fermer -doucement- la porte du Vatican à des victimes de pogromes et à , en plus les bénir en les regardant avec ses yeux en trou de bite. SS-Zinger est le pire chien qui ait posé son tafanard sur le trône de Saint-Pierre. Et , comme par hasard, partout dans le monde, on assiste au retour du totalitarismme politique. Simultanéïté et évidence: l'Eglise, la catholaille, est instrumentalisée par le monde des actionnaires qui veulent avoir la paix pour terminer le pillage du monde et ont besoin de ce que jadis le barbu appelait "L'opium du peuple". Sauf que ,désormais, c'est "Sida du peuple".
On est quand même stupéfait par cet immense retour du refoulé. L'Eglise crève du cul. Le cul. Le cul. Voilà bien la seule obsession de ces palucheurs nocturnes, vicelards, pédophiles et amateurs de croûtons de tasses!!! Cette obsession , renforcée par des siècles d'appel à l'abstinence, est devenue quasiment une pathologie catholique. Tous, de SS-Zinger au plus petit curé de campagne, tous sont littéralement exorbités de la libido. C'est exactement la même problématique que le IIIème Reich. Là aussi, une prééminence du cul sur la raison. Souvenez-vous que c'est Hitler lui-même qui définissait magnifiquement son régime en 1933:
"A partir de maintenant, l'antisémitisme est la seule forme de pornographie autorisée dans le troisième Reich"
Formule sans aucun doute applicable à l'Eglise Catholique. Son antisémitisme viscéral, consubstantiel (depuis Saint-Paul) et fanatique ne pouvant plus (c'est dommage, hein!!) s'exprimer depuis la Shoah, elle l'a transformé en haine du cul , un anticulisme, en quelque sorte. Et cet anticulisme se rue sur ses victimes désignées: les peuples de l'Afrique Noire, prouvant, au passage, le racisme fondamental de cette racaille en soutane.
Qu'ils soient maudits, tous. Y compris les "catodgoche" les pires, les plus ignobles, sournois, hypocrites, mains tordues de compassion pour gnagnagna....gnagnagni....
Regardez la carte. Plus c'est foncé, plus le Sida fait des ravages. Merci encore Benouâ!!!
17 mars 2009
AH, LE BON TEMPS DES TSARS!!!
OÙ L'ON VOIT LES CHARMES ET LES DELICES DE L'ANCIENNE RUSSIE.
20 ans après l'effondrement du système communiste, 18 après l'acte de décès de l'URSS, avec, le 25 Décembre 1991 un Gorbatchev (bien oublié, celui-là!) au teint livide, annonçant la finn de 70 ans de pouvoir communiste, les livres ont fleuri, les documentaires, aussi. Et Hélène Carrère d'Encausse en tête, suivie par l'inénarrable Frédéric Mitterrand, toute une cohorte d'historiens, d'historiographes légèrement (c'est un euphémisme) réactionnaires, nous tartinent avec le "Rhalala!!! La nostalgie du bon vieux temps des tsars..." Dans un documentaire de Frédéric Mitterrand "Les Aigles Foudroyés" au demeurant passionnant, et relatant la chute des rois empires, allemand, austro-hongrois et russe, on se voit en train de pousser un sanglot à peine étouffé sur les Romanov. Sur la cour brillante de Saint-Pétersbourg-Petrograd en 1914, on se pâme sur cette aristocratie francophone ét éclairée. Or , cette vague de remugles réactionnaires qui ne délivrent en rien de blanc-seing à l'ordure communiste, est tout à fait dans l'air du temps. Car, évidemment , la réalité, dans la Russie Impériale, était toute autre. En 1900? la société russe , profondément arriérée, était sous le boisseau de l'orthodoxie. La situation du pays était en tous points comparable à la France des années 1780. Une "intelliguentsia" brillante, cultivée, cosmopolite. Des artistes au talent incomparable. Des "chevaliers" d'industrie qui n'ont qu'ne ambition: dépasser l'Allemagne en 1913 à marche forcée s'il le faut, sur le plan du développement industriel et commercial. Une cour enfouie sous les plaisirs et manipulée par des hommes comme Raspoutine, symbole de la main-mise de la religion sur le pouvoir. Un tsar tout -puissant et cependant mou et incertin. Tsar depuis 1894, Nicolas II , petit-fils de la Reine Victoria, et qui est cousin de Guillaume II règne en autocrate.
Ces 5% à peine de la société russe ne cachent pas l'immense et effroyable misère sociale et matérielle du peuple russe. D'une part un monde ruaral crucifié par la féodalité abolie (dans les textes seulement en 1861!!!! 450 ans après l'Europe Occidentale, puis par le rachat des terres par des notables qui réétablissent une féodalité de fait. Mortalité infantile dramatique: 300 pour mille, dans la région du Don ou enn Ukraine. Famines.
Le sort du prolétariat naissant est pire encore. A Saint-Pétersbourg, aux Usines Poutilov, la plus grande entreprise industrielle du monde, les conditions de vie des ouvriers rappellent celle de l'époque de Dickens, 60 ans plus tôt.
Bref, les mêmes remarques que celles que faisait Arthur Young , voyageant en France en 1788. D'où l'évidence d'une crise révolutionnaire. D'autant que le pouvoir avec Stolypine assassiné en 1911, refuse toute réforme.
J'ai sous les yeux un livre magnifique de photographies "RUSSIE,Images d'un Empire" de Chloé Obolensky et Max Hayward. C'est la Russie photographiée, par monts et par villes, par campagnes et par portraits entre 1880 et 1910. Un pays magnifique, évidemment. Mais qui donne , en particulier par les photos de villages ,que nous sommes revenus à la veille de la Révolution Française et qu'il y avait , à cette époque, des photographes. Le carambolage des époques est saisissant
Une "isba", en 1900, dans la région de Nijni-Novgorod
Donc, facile de gloser sur la Révolution Russe et ses très fâcheuses conséquences. On a déjà,Trotsky,le premier, qui savait de quoi il parlait,étant l'assassin des marins de Kronstadt, décortiqué magistralement le glissement robespierriste vers la Terreur de la Révolution Russe. La mort du système soviétique qui est un bien incomparable, a été aussi l'occasion pour les réacs de tout poil dont Carrère d'Encausse, de tenter en douce une réhabilitation de notre petit père le Tsar. Nostalgie obscène et fétide.
Le 'Dimanche Rouge" en 1905, sur la Perspective Nevski
14 mars 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
Ce soir ce sont deux extraits de texte que je soumet à votre connaissance... histoire de varier les plaisirs et de corser un peu les choses.
A vous.
Extrait 1 :
"Au chaisne que il devoit fendre, a la vile s'en vint le cors criant : "Seignor, ça il est li ors ! ja le porroizas poinz tenir."
Qui lors veïst vilains venir et fremïer par mi la rue ! Qui porte hache, qui maçue, qui flael, qui baston d'épine : grant poor a Bruns de s'eschine. Devant lui vient Hurtevilain et Joudoïn Trouseputain et Baudoïn Porteciviere, qui fout sa fame par derrieres, girout Barbete qui l'acole et un des fiuz sire Nichole Et Trosseanesse la puant, qui por la moche va fuiant, et Corberant de la Ruelle, le bon voideor d'escüelle, et Tiegerins Brisefouace et li fil Tieger de la Place.
Extrait 2 :
"Dans l'odeur perverse des parfums, dans l'atmosphère surc
hauffée de cette église, Salomé, le bras gauche étendu, en un geste de commandement, le bras droit replié, tenant, à la hauteur du visage, un grand lotus, s'avance lentement sur les pointes, aux accords d'une guitare dont une femme accroupie pince les cordes.
La face recueillie, solennelle, presque auguste, elle commence la lubrique danse qui doit réveiller les sens assoupis du vieil Hérode; ses seins ondulent et, au frottement de ses colliers qui tourbillonnent, leurs bouts se dressent; sur la moiteur de sa peau les diamants, attachés, scintillent; ses bracelets, ses ceintures, ses bagues, crachent des étincelles; sur sa robe triomphale, couturée de perles, ramagée d'argent, lamée d'or, la cuirasse des orfèvreries, dont chaque maille est une pierre, entre en combustion, croise des serpenteaux de feu, grouille sur la chair mate, sur la peau rose thé, ainsi que les insectes splendides aux élytres éblouissants, marbrés de carmin, ponctués de jaune aurore, diaprés de bleu d'acier, tigrés de vert paon."
















