29 avril 2009
Pour saluer la semaine de la fête du travail
En 2007, un homme politique a remporté les élections présidentielles en proposant de travailler plus...
Quand travailler plus traduit le désir de penser moins....
Let's go...






Et un lien, une chanson qui a un peu vieilli mais peut-être pas tant que cela...
http://www.youtube.com/watch?v=VvotJyY_b_8
DE DIEUDONNE A FOFANA,, LA MALEDICTION NOIRE
FOFANA (Youssouf) EMBLEME DE L'UNIVERSALITE DE LA SAUVAGERIE
Je précise Youssouf parce que j'ai un élève qui s'appele Fofana et que j'ai mal pour lui...voilà..
Ce Fofana-là,donc, restera dans l'histoire comme l'un des pires sauvages de ce début de XXIème siècle. Le gars n'est pas à proprement parler une lumière. Il est emblématique de la forgerie exercée par le capitalisme sur des esprits primaires. Tout pour, par et avec le fric. Normal. Carré. Banal. Fofana a un casier judiciaire épais comme Mein Kampf!!! Et pas pour des vols de vélib!!! Des Fofanas en gestation, il suffit de se balader dans les collèges de France pour en repérer des tas;Et pas seulement des Fofanas. J'ai le souvenir en Seine-et-Marne, d'une bande qui se nommait "Les tueurs à la hache" moyenne d'âge 16 ans. Tous de bons blancs. On les nommera les Jackys. Les Fofanas et les Jackys sont le produit de ce que nous avons voulu: une société dont les valeurs sont la brutalité, la violence...mais dans le cas présent, il est parfaitement vain de ressortir les vieilles antiennes du "c'est la faute à la société". Tous les mômes ne se fofanisent ou ne se jackysent pas systématiquement.
Nous sommes dans le processus nazi. La rupture des digues. La transgression soulageante des entraves humanistes. Enfin la tronçonneuse!! le vitriol!! le sel dans les plaies!!! la torture. Le cas Fofana est exemplaire: comment devient-on SS?? Einsatzgruppenleiter???? Tout simple. C'est qu'on laisse "le fil aller". Car ne nous faisons aucune illusion, Fofana, c'est chacun de nous. Nous sommes tous des Fofanas potentiels. la seule chose qui varie est le taux de fofanisme ou de jackysme. Et tout est là. Dans cette différence minime qu'on appelle le passage à l'acte. Et qui, comme on le voit dans le personnage de Maximilian Aue , dans les Bienveillantes et une affaire purement personnelle. Rien n'empêche un Aue de ne pas être un Aue, un Fofana un Fofana, un Jacky un Jacky. Même au dernier moment, il est toujours possible de renoncer.
Ce qui me renforce dans la conviction exprimée ci-dessus, c'est la raison fofanienne. On dit que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures souppes. Et nous en avons l'illustration parfaite: pour ce salopard, Juif= riche= se tenir par les coudes donc Juif = rançon. Vieux comme le monde. De l'antisémitisme?? Evidemment. Quoi d'autre?? Ilan Halimi est le supplicié d'un poison mental instillé par quelques intellectuels de merde, dont Dieudonné, mais pas que lui, qui font courir parmi les têtes vides et fofaniennes ou jackystes que la colonisation, et l'esclavage, le malheur de l'Afrique, c'est la faute des Juifs. On se garde bien de dire que
-les Arabes furent les pires esclavagistes et colonialistes de l'histoire
-les marchands d'esclaves anglais, français, hollandais étaient de "bons" chrétiens.
Au fond, l'histoire Fofana, c'est la triste redite des "Juifs empoisonneurs de puits". La peste porcine, qu'est bien emmerdante, parce qu'il n'y a pas de porcs kosher!! et qu'on ne peut quand même pas accuser les Juifs, vous allez vooir qu'un Dieudonné quelconque va trouver la solution : les porcs ont été volontairement empoisonnés par les Juifs...on parie...
Permanence et récurrence du fofanisme.
POUR SALUER LA RFA
EN MAI , LA RFA AURA 60 ANS.
1949, 1989, 2009. L'histoire contemporaine de l'Allemagne se lit dans ces 60 ans. une histoire dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est absolument unique. D'abord, la RFA est née d'une négation. Le IIIème Reich s'écroule en Avril-Mai 1945 après 12 ans et demie de terreur, pour déboucher sur le Rien. L'Allemagne est alors un non-pays, une coque douloureuse. Vide. Personne ne croit à la résurrection d'une nation allemande, d'autant plus que la communauté internationale a été largement échaudée par "l'Allemagne-Nation". En 1945, peu à peu, le monde découvre la dimension inouïe de la sauvagerie des nazis. Découvre est le mot. Ainsi Hitchcock offre-t-il ses bons offices pour réaliser le montage du premier documentaire projeté après la guerre: la "libération" de Bergen-Belsen,qui fit le tour du monde et où l'on voit un conducteur de bulldozer, le nez protégé par un linge, en train de pousser dans une fosse , des centaines de corps nus, résultat des derniers massacres perpétrés par les SS.
Donc, la question était d'importance, surtout depuis le Procès de Nuremberg: quoi faire de ces 50 000 000 de sauvages , plantés au coeur de l'Europe, totalement ,absolument vaincus, auteurs, collectivement, par complicité ou paresse du pire crime de l'histoire humaine??? Cette question tarauda les Alliés. Oh, pas très longtemps lorsqu'il devint évident que, "la nature ayant horreur du vide" ce "creux" , au sein de l'Europe risquait d'apporter les pires complications, en particulier à cause de l'antgonisme naissant entre Occidentaux et Soviétiques.
Donc, en mai 1949 naquit la RFA, moitié-moignon inoffensif de l'ancien Reich assassin. Enn octobre, naquit ,en réponse l'autre moignon, la RDA.
Pendant toute sa déjà longue existence, la RFA fut un pays, on le sait très particulier. Au fond, on demandait aux fils d'expier les fautes de pères. Et la clé vint de la rencontre Adenauer / De Gaulle à Reims, en 1962, dix sept ans seulement après la guerre.
Mais comme ces fautes des pères étaient colossales, le crime tellement abject, que ce nouveau pays vécut jusqu'à il y a peu, dans l'angoisse "de mal faire". Peu de pays avaient à soigner le regard qu'on portait sur eux. Les exemples sont innombrables. Dans les années 70, il n'était pas rare, que moi, adolescent français, bilingue, insolent, rencontrasse des Allemands d'une docilité, d'une servilité invraisemblables...Au fond, comme Dieu l'infligea aux Hébreux, les Allemands durent erres eux aussi 40 ans dans le désert des incertitudes.
Et cet océan de mauvaise conscience eut deux points d'orgue: la folie du terrorisme de la RAF. Le délire nihiliste de quelques enfants de la bourgeoisie intellectuelle qui basculèrent dans une sorte de suicide social, évidemment dû au passé, comme les Brigades Rouges italiennes. Les deux mouvements ayant un sens religieux : nous allons au sacrifice pour nos pères, pour expier leurs crimes. Du coup, la RFA, qui avait à peine 30 ans se trouve confrontée à une situation de guerre civile.
L'autre acmé de l'histoire de la RFA , ce fut , évidemment le Chancelier Willy Brandt, s'agenouillant ,ému et déchiré, devant le monument aux morts du ghetto de Varsovie.
C'est ce geste, ainsi que les mains serrées de Mitterrand et de Kohl à Douaumont en 1984 qui purgèrent l'Allemagne de ses démons. 
Désormais, en cette fin de la première décennie du XXIème siècle, l'Allemagne, réunifiée, pacifique, pépère, est un modèle de démocratie. Berlin a renoué avec son destin. Et, quel symbole, avec la réunification, la chute du mur, c'est la vision de ce qu'aurait dû être le destin de la République de Weimar, sans la peste brune. L'histoire de la RFA a donc fait mentir Brecht et "son ventre toujours fécond". L'expiation, aujourd'hui est arrivée à son terme. le fascisme enterré sous les pierres du Mémorial de la Shoah, près de la Porte de Brandebourg.
Longue vie, donc , à l'Allemagne.
28 avril 2009
UNE AVANIE POUR RAVANEL
ROOSEVELT N'AVAIT PAS TORT....
Cette photo, célebrissime, prise en 1942 à Anfa, montre le Général Giraud, poulain simplet pressenti par Roosevelt pour présider aux destinées néo-vichystes de la France, Roosevelt, De Gaulle, de marbre, et Churchill, comme d'habitude rigolard et ayant l'air de se foutre du monde..Elle en dit long sur la "chaleur cordiale" qui existait entre le Président américain et le chef de la France Libre...
Tout le monde a une idée, même vague, du rôle de De Gaulle dans la Résistance.Un rôle majeur. Décisif. Et précoce. C'est l'un des sujets les plus fouillés de l'histoire contemporaine. En 1990, pour le 50ème anniversaire de l'appel de Londres, France-Culture édita en K7 une série d'emissions de Patrice Gélinet "L'EPOPEE DE LA FRANCE LIBRE". Introuvablen désormais, puisque, à a ma connaissance , jamais rééditée en CD.
Or, ces émissions conçues à partir des "MEMOIRES DE GUERRE" de Mongénéral ainsi que la lecture dudit livre ne laissent pas de nous donner une idée précise du personnage. Pleven, qui fut à ses côtés dès le début, ou Geoffroy de Courcel le disent: De Gaulle était puant, infréquentable, odieux, cassant. Certes, l'adversité forge le caractère et blinde contre toute faiblesse, mais chez De Gaulle,c'était presque génétique. Issu d'une famille de la bourgeoisie catholique lilloise, cultivée mais rigide au point qu'une carrière militaire était vue comme une "émancipation", ce qui est tout dire!!!, et surtout compassée et suintant l'ennui. De Gaulle est le produit d'un long refoulement. Brillantissime, enfonçant tous ses congénères de Saint6Cyr puis ses collègues del'Ecole de Guerre, l'homme était conscient de sa supériorité. Pour lui, il allait de soi que la médiocrité munichoise et pétainiste ne s'accordait pas à sa grandeur. Roosevelt, après avoir rencontré De Gaulle en 1941 , le détesta cordialement, le suspectant d'une part de fomenter un putsch fasciste, ce qui en disait long sur le manque de clairvoyance du président américain, mais sentant , comme instinctivement ce côté "New jeanne d'Arc" du chef de la France Libre.
Même Churchill, pourtant particulièrement bien disposé à l'égard de De Gaulle, alla jusqu'à hurler et proposer, le lendemain du débarquement, "qu'on l'enchaîne et qu'on le renvoie sous bonne garde en prison à Alger!!!"
Mais ceux qui eurent à avaler le plus de couleuvres, ce furent les FFI et les FTP, au moment de la libération de la France. Ravanel , particulièrement et Rol-Tanguy eurent à essuyer les foudres injustifiées de De Gaulle. Ravanel était le chef de la Résistance dans la région de Toulouse. Quand De Gaulle passa en revue les troupes de Résistants évidemment équipées de bric et de broc, la seule chose que De Gaulle aboya à Ravanel, ce fut pour l'engueuler à cause de la "tenue déplorable" de ses troupes. "jamais De Gaulle ne passera en revue un groupe d'hommes dépenaillés" grinça-t-il

Ce qui ,en fait ,énervait De Gaulle au plus haut point ,c'était Guingouin...résistant communiste tendance lourde, et qui avait plus ou moins, plutôt plus que moins essayé de construire u nsoviet dans le Limousin!! C'était folklorique...le soviet des Millevaches...et de toutes façons Guingouin était lâché par Staline...
A Paris, le 26 Août 1944, lorsque Von Choltitz fut conduit à la Gare Montparnasse sous les glaviots pour signer la reddition de l'armée allemande; le Général Leclerc crut loyal -et ça l'était en effet, de cnvier Rol-Tanguy à cosigner le document. Quand De Gaulle arriva, il engueula là encore Leclerc ,en lui sifflant "Quoi??? les communistes sont là aussi!! Incroyable!!". Et Leclerc mangea son chapeau. Sur l'image que je vous propose, prise à la Gare Montparnasse, regardez la tronche de Mongénéral..qui foudroie le pauvre Leclerc de toute sa hargne. De dos, Rol-Tanguy....
27 avril 2009
Electric Mist
En suspension, dispersées au sein de cette brume électrique, flottent des ombres aux ailes de géants. Faulkner (dont Tommy Lee Jones ne peut parler sans faire précéder son nom de "Monsieur"), Jim Thompson, Eastwood. On pensera d'abord à ces trois-là...
Tavernier s'est donc emparé d'un polar de James Lee Burke ("Dans la brume électrique avec les morts confédérés" Rivages noir - 1999 - Désormais sorti en version de poche). Nous sommes en Louisiane, la Louisiane contemporaine, après le passage du cyclone Katrina. La "géographie"du film est un mélange de maisons dévastées, non retapées, des bayous, de lieux quasi idylliques mais qui ont poussé comme cela, comme des machines à coudre sur une table de dissection, juste parce qu'un mafieu a eu l'argent pour se construire ce dont il avait envie (C'est la maison du personnage joué par John Goodman qui a détourné les fonds destinés à reconstruire après Katrina), d'usines en fonctionnement qui apparaîssent presques désaffectées. L'économie a différentes vitesses, le mafieu est au coeur de l'hyper-capitalisme : Les paysages en sont la preuve. Tavernier sait les filmer, comme il sait filmer la Louisiane et ses malédictions. Nous ne sommes parfois pas loin de l'image du 4x4 qui double une charrette sur un chemin de terre russe.
Dave Robicheaux (interprété par Tommy Lee Jones) est un flic, ancien alcoolique, un personnage comme je les aime. J'ai lu quelque part qu'il était atteint d'une "cirrhose de l'âme". Je ne saurais trouver meilleure expression pour le définir. De cette cirrhose naissent des visions de soldats confédérés. Fantômes, spectres de l'Histoire et des luttes passées, sont les autres ombres qui peuplent la brume électrique. Ils cohabitent comme ils peuvent avec les fantômes vivants. A moins que ce ne soit l'inverse. Trame, traces de ce qui ne passe pas au coeur de ce qui passe, se passe.
Cherchez la femme. Celle de Robicheaux, rôle tenu par Mary Steenburgen, au jeu remarquable, est magistrale. On sent la force que chacun trouve dans l'autre dans ce couple de "taiseux". Mme Robicheaux sait aussi exploiter les dysfonctionnements de la société du spectacle pour sauver ce qui lui importe.
L'autre couple du film est celui de deux acteurs en tournage en Louisiane. Lui, imbibé en permanence, est atteint de visions semblables à celles de Robicheaux, qu'il touche aux tripes lui rappelant ce qu'il fut (Il (Robicheaux) prendra soin de lui quand il y aura absolue nécessité). Elle (Kelly Mac Donald) ,est amoureuse, a peur pour l'homme qu'elle aime mais est toujours "là". J'ai pensé au consul et à Odile du "Volcano" de Lowry, mais avant leur première rupture, avant que ne débute le roman.
Je ne tiens pas à aborder l'intrigue policière mais, diversité des "thèmes abordés", toujours sans lourdes insistances, personnages tous réussis, mise en scène inspirée, ce film, vous l'aurez compris, est, à mes yeux, une grande réussite.
26 avril 2009
POUR SALUER ABEL PAZ/ DIEGO CAMACHO
UN ESPAGNOL DE FEU

Je ne connais d'Abel Paz que son livre sur Durutti. Et mes souvenirs remontent à mon enfance à mes années au Lycée de Saint-Denis. Nous étions une poignée de gamins, la plupart d'ailleurs fils de bourges, comme votre serviteur, qui nous disions anarchistes. Et pas qu'un peu. Parce qu'en face de nous , on avait la pestilence stalinienne. Omniprésente. Etouffante. Et parmi les profs, une martingale insensée de staliniens et pas pour rire? menés par "le poète du Parti" le sinistre Jean Marcenac, dont les poèmes eussent fait bailler d'ennui un clerc de notaire de Mazingarbe!!!! C'est dire si nous attachions du prix à "l'anarchisme". Alors Durrutti et Camacho!!! si on connaissait...on s'était procuré le plus de documentation possible. On passait notre temps à faire chier les communistes.
Au passage, à celui qui pense que les nazis et les communistes c'est la même chose, je lui répondrais que si nous avions fait ou dit le millionième de nos provos à des nazis, je ne serais pas là ,en ce gris dimanche du XXIme siècle, à plastronner et faire le malin...
Plus sérieusement, nous apprîmes l'infâmie d'URSS abandonnant à Franco et à l'axe les combattants républicains. Et Dolores Ibarruri, la putain du Komintern fustigeant les anarchistes et les socio-démocrates, les vouant aux gémonies à Bilbao...en pleine reconquête par les nationalistes. Et puis ,chez Durutti, l'anticléricalisme là non plus pas pour rire....le PC appliquant en Espagne la même technique reprise plus tard lors de l'Insurrection du Ghetto de Varsovie. Attendre que les "impérialistes" écrasent les dissidences...Dégueulasserie absolue.
Enfin, j'appris aussi le déchirement de Blum , qui , voulant à tout prix aider la République espagnole, reçut une missive de Chamberlain menaçant la France du Front Pop' si elle intervenait contre le franquisme, de signer l'anglo-German Agreement avec Ribbentrop...Pauvre Républqiue espagnole...Et Camacho, la France, pardon s'il la connaît. Il fut interné dans à peu près tous les camps de concentration gracieusement mis à disposition par le gouvernement Daladier succédant à Blum. De Saint-Cyprien à Rivesaltes (pas taper, Henri, pas taper)....
Bref, merci odradek d'en avoir parlé.
Bibliographie de Camacho (sous son nom de plume ABEL PAZ)
DURUTTI 1896-1936
Incarnation
de la révolution espagnole, Buenaventura Durruti, né en 1896, a durant
toute sa vie lutté pour l'avènement d'une société libertaire, juste et
fraternelle, aux antipodes du système communiste coercitif. Ouvrier
métallurgiste à 14 ans, il s'engagea très tôt dans le combat politique
et syndical. Après des années de lutte, de grèves, d'activités
clandestines, d'emprisonnement et d'exil en Amérique latine, en France,
en Belgique, en Allemagne, il rentre en Espagne en 1931 où il substitue
l'action collective à la révolte individuelle. En juillet 1936, avec
les anarchistes de la CNT et les militants de la FAI, il s'oppose au
coup d'État franquiste. Organisateur, orateur, stratège, il est à
l'avant-garde, tant dans les luttes quotidiennes que lors de
l'insurrection de Barcelone ou sur le front d'Aragon où il tombera en
novembre 1936. Ce livre est l'histoire d'un homme qui toujours refusa
postes, honneurs et avantages et dont la mort fut pleurée par tout un
peuple. Elle est aussi l'histoire de la révolution espagnole libertaire
contre laquelle fascistes et staliniens conjuguèrent leurs efforts sous
l'œil passif et soulagé des démocraties occidentales.
J'ai été vite, en écrivant ce billet. il est imparfait. Pardonnez, donc, les imperfections
25 avril 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
Voilà ce que nous vous proposons pour ce samedi:
Un extrait , qui ne manquera pas de faire naître un débat sur le style en littérature
Un tableau.
"Jusqu'à l'aube, le vent souffla. Cédant à la poussée grandissante du souffle, l'espace, lentement, se dilatait. Aspirant, expirant, comme une colossale poitrine, les trombes d'air, cette respiration formidable montait et descendait au coeur de la tempête. Car la tempête avait un coeur, point fougueux, d'où se ruait ,en pulsations tumultueuses, la vie de la bête massive qui s'engouffrait dans le creux des ténèbres en haletant de ses mille naseaux vivaces et noirs. Par moments, la figure brutale de maître D....... paraissait et disparaissait dans le vent. Carré d'épaules et de reins, le visage impassible, il montait dans une rafale mugissante, puis il s'enfonçait au flanc d'un nuage qui grondait de colère en l'enveloppant. Des taureaux blancs nageaient sur des fleuves impétueux de vents glauques et lourds et ils meuglaient dans le courant, le mufle haut, en glissant vers la mer. Les plus étranges hallucinations traversaient mon être de vent, électrisé. A mesure que l'étendue soufflante prenait, dans la largeur, la hauteur et la profondeur, des dimensions plus irréelles, tout un univers aérien se créait autour de mon âme. Le vent y devenait la matière céleste aux coulées intersidérales,où des constellations de vents descendaient vers moi du Septentrion. Avec leurs étoiles filantes, comme une pluie de souffles bleus poussés par un vaste Aquilon à travers l'infini du monde, ces grandes figures stellaires étincelaient sous la tempête universelle et s'y abîmaient lentement, en déchirant le ciel de longs flamboiements électriques, qui m'éblouissaient...
Corps léger, dépouillé de matière et tout nerfs, le sommeil me prit près de l'aube et me laissa dormir à portée des bruits innombrables de la tempête. Elle continua à souffler à travers mon âme et y balaya toutes les visions. Aux spectacles hallucinatoires issus du vent quand je veillais , et qui se dispersèrent, succéda un monde de sons superposés en fragiles songes sonores, purs de toute figure, qui se confondirent bien vite pour former une sourde et monotone trépidation. Je la perçus d'une façon continuelle tout le long d'un sommeil nerveux qui me tint suspendu dans les ondes du vent et je ne sais quel vide, où mon âme entière vibra jusqu'au matin.
La maison luttait bravement. Elle se plaignit tout d'abord; les pires souffles l'attaquèrent de tous les côtés à la fois, avec une haine distincte et de tels hurlements de rage que, par moments, je frissonnais de peur. Mais elle tint. Dès le début de la tempête, des vents hargneux avaient pris le toit à partie. On essaya de l'arracher, de lui casser les reins, de le mettre en lambeaux, de l'aspirer. Mais il bomba le dos et s'accrocha à la vieille charpente. Alors d'autres vents arrivèrent et , se ruant au ras du sol ils foncèrent contre les murailles. Tout fléchit sous le choc impétueux, mais la maison flexible, ayant plié, résista à la bête. Elle tenait sans doute au sol de l'île par des racines incassables, d'où ses minces parois de roseaux crépis et de planches tiraient une force surnaturelle. On eut beau insulter les volets et les portes, prononcer des menaces colossales, claironner dans la cheminée, l'être , déjà humain, où j'abritais mon corps, ne céda rien à la tempête. La maison se serra sur moi, comme une louve, et par moments, je sentis son odeur descendre maternellement jusque dans mon coeur. Ce fut, cette nuit-là, vraiment ma mère."
23 avril 2009
PETIT POISSON NE DEVIENDRA JAMAIS GRAND
EN 2050, 80% DES ESPECES MARINES AURONT DISPARU
L'ichtyologie est une branche de la zoologie. Son nom vient du grec "ikhtus" poisson. (que l'on retrouve dans poisson ,piscus, Fisch, Fish) . L'ichtyologie moderne remonte à l'Encyclopédie. Buffon, toujours lui, et Linné en furent les précurseurs. Jusque dans les année 60, l'ichtyologie était plustôt une branche un poussiéreuse pour le Muséum D'Histoire Naturelle. Elle avait eu son heure de gloire par la découverte fameuse du coelacanthe, ce fameux "fossile vivant" découvert en 1950 au large des Comores. On tenait alors l'océan comme une source éternelle, inépuisable de nourriture. Chacun connaît les histoires de pêches fabuleuses, comme celle de la morue au large du Canada. Les chaires d'ichylogie étaient rares. Les spécialistes encore plus. Tant il est vrai qu'on ne s'intéresse guère, en sciences de la nature, à ce qui est abondant et , somme toute, affreusement banal.
Pourtant en 50 ans la situation a radicalement changé. Tout, à vrai dire à changé, sur le front de l'ichtyologie et d'une nouvelle discipline: l'halieutique, du grec, halieus, halieutès, pècheur).
Aujourd'hui, les populations de poissons sont dans une situation catastrophique:
- 80% des espèces sont menacées à échéance de quelques décennies. Pour certaines, parmi les plus ocnsommées, il est déjà trop tard. Le thon rouge pourrait avoir disparu en 2012!!! Le cabillaud, vers 2025. On sait quelles sont les conséquences, pour l'écosystème de la disparition du "haut de chaîne
alimentaire", de poissons prédateurs.
-L'effet de serre, manifestement, par l'augmentation de la teneur en CO2 fragilise la capacité des océans à synthétiser ce gaz. Nous assistons , partout dans le monde à une acidification accélérée des eaux marines. D'où une moins grande capacité d'oxygénation. D'où la mise en péril 'espèces ,même épargnées, à priori, par la surpèche. Le Ph de l'océan ,en 20 ans a diminué de 0,4. Et cette diminution va croissant . ( on sait que plus le Ph est proche de 0 , plus un milieu est acide.
-Le poisson et les crustacés sont la nourriture quotidienne, associée ou non avec le riz, le mil ,le manioc de plus de 4,8 milliards d'habitants (sur 7,1 milliards en Janvier 2009), principalement des pays du tiers-monde. Autrement dit, il n'y a guère que dans les pays développés que le poisson est un luxe. Or l'augmentation foudroyante de la population humaine est une catastrophe pour les ressources halieutiques, et les ponctions toujours plus fortes.
-Dans les pays développés, la folie des sushis, évolution nutritionnelle fondamentale, venant par réaction contre la malbouffe type Macdo, et bénéficiant d'une réputation (non usurpée d'ailleurs) de nourriture saine, provoque la ruée , au Japon, mais pas seulement, sur certaiens espèces, comme le thon rouge. Aujourd'hui, à la criée de Yokohama, un thon rouge de 300 kilos peut se négocier jusquà 20000 euros!!! Démence!!! Les bateaux-usines des pays riches et des pays en développement (le Pérou étant le premier pècheur du monde) pillent délibérément et sans contrôle ou presque la faune sous-marine. 
-Le développement de l'aquaculture est une catastrophe plus grande encore. Car, outre les problèmes majeures de pollution, par les tonnes de merde quotidiennement rejetées dans la mer, et contenant pesticides et antibiotiques, on nourrit les alevins d'élevage, de turbot, daurade, saumon avec de la farine de...poisson. 1 kilo de poisson d'élevage réclame 1 kilo de poisson sauvage. Ce sont l'anchois et la sardine qui font les frais de cette folie. Et même si l'on se passe de la farine de poisson, on met alors l'agriculture mondiale à contribution , accélérant la disette. Seles certains élevages de la rizipisciculture en Chine , de tilapia, notamment , n'utilisent pas de produits marins mais des restes de ferme, issues, déjections animales, posant là un problème majeur de contamination la consommation.
-Les pécheurs sont pris dans un étau indésserable. Ils doivent pècher toujours plus pour payer leurs traites et ceci, mondialement, et en pèchant plus , mettent en péril leur survie. Les instances internationales, dont l'UE ("l'Europe bleue) ou la FAO s'en foutent royalement. Trop soucieuses de ne pas froisser soit des consommateurs-électeurs soit des gouvernements, elles se gardent bien de toute mesure radicale.
Pourquoi ai-je parlé de tout cela??? Quelle mouche m'a donc piquée??? Tout simplement parce j'ai vu un reportage terrifiant sur ce thème. Et le poisson a un sens tellement symbolique, qu'on ne peut que frémir devant sa disparition programmée. Ce qu'il y a de piquant ,c'est que d'une part, on saiit que nous avons une origine marine et que , dans toutes les civilisations, le poisson revêt une symbolique profonde. Au Ier siècle ap-Jc, les chrétiens, pourchassés et terrorisés, comme le sront les Juifs quelques siècles plus tard, gravaient à la hâte des poissons sur les murs des villes romaines. On en a retrouvé des quantités. Pour quelle raison? Et nous en revenons alors au début de mon papier: en grec, nous l'avons dit , poisson ese dit IKHTHUS. Or en acrostiche, nous avons
I ESOS
KH ristos
TH éou
U ios
S ôter
Jésus Christ , Fils de Dieu, le Sauveur....
Le poisson , symbole, donc du début et de la fin....on ne saurait mieux dire...
VOLTAIRE CORRESPONDANT DEVANT L'ETERNEL
UNE CORRESPONDANCE..LUMINEUSE
On ne présente pas la correspondance de Voltaire, parue il y a des lustres, en intégralité, dans la Pléiade. 23000 lettres environ. Ce qui fait de Voltaire le plus grand épistolier de la littérature. La lettre était pour lui, comme une respiration . Une fenêtre ouverte. Celles qu'il envoyait comme celles qu'il recevait. Je n'ai évidemment pas tout lu, mais , durant ces quinze derniers jours, pour d'évidentes raisons de temps libre, j'ai parcouru le volume 2. On y trouve ses lettres d'Angleterre, et l'on se rend compte que Voltaire était impeccablement bilingue, les lettres au Sieur de Cideville, ce nobliau normand chez qui il s'était réfugié, des lettres très très célèbres à Mme Du Châtelet...etc etc...ce qui sourd , de cette correspondance frénétique, c'est une profonde inquiétude. Oui, disons-le, une profonde inquiétude sur le destin de l'homme. Car Voltaire n'est pas Candide ou l'Optimiste. Il est un personnage fondamentalement pessimiste, sans grandes illusions sur l'espèce humaine. Plus tard, dans les années 1755, il déchantera amèrement, on le sait dans sa vision de Frédéric II de Prusse, avec lequel, pourtant, il avait construit une façon d'utopie, d'Abbaye de Thélème des Lumières. mais Frédéric était un pragmatique, et pour cause. Il gardait, tout en gouvernant, le souvenir de son effroyable père, le fameux "Roi -Sergent" et cet humanisme que le jeune prince lui opposait, et l'idée qu'on ne gouverne pas avec la liberté mais que celle-ci n'est viable qu'octroyée. Pour Voltaire, même si, à l'opposé de Rousseau et donc plus tard de l'illusion meurtrière d'un Robespierre croyant fermement en "la vertu du peuple, lui n'en croyait rien, la liberté est consubstantielle à l'homme.
Bref, lire les lettres de "Monsieur de Voltaire" réconcilie à coup sûr avec les facultés intellectuelles de l'humanité. Mais pour terminer, en espérant ainsi faire naître le débat, quelque chose sous-tend cette correspondance: la vigilance exigeante...qui le conduira à défendre Calas. Et , quatre ans après l'affaire Calas, en 1766,après avoir "invité" Diderot à partager l'enthousiame prussien pour l'Encyclopédie, il reçoit de ce dernier une réponse ardente et passionnée qui, je pense résume l'esprit des Lumières Voici cet échange que je ne résiste pas à vous proposer:
De Voltaire à Diderot 23 juillet 1766
On ne peut s'empêcher d'écrire à Socrate quand les Melitus et les Anitus se baignent dans le sang et allument les bûchers. Un homme tel que vous ne doit voir qu'avec horreur le pays où vous avez le malheur de vivre. Vous devriez bien venir dans un pays où vous auriez la liberté entière non seulement d'imprimer ce que vous voudriez, mais de prêcher hautement contre des superstitions aussi infâmes que sanguinaires. Vous n'y seriez pas seul, vous auriez des compagnons et des disciples. vous pourriez y établir une chaire qui serait la chaire de la vérité. Votre bibliothèque se transporterait par eau et il n'y aurait pas quatre lieues de chemin par terre. Enfin vous quitteriez l'esclavage pour la liberté. Je ne conçois pas comment un coeur sensible et un esprit juste peut habiter le pays des singes devenus tigres. Si le parti qu'on vous propose satisfait votre indignation et plaît à votre sagesse, dites un mot et on tâchera d'arranger tout d'une manière digne de vous, dans le plus grand secret et sans vous compromettre. Le pays qu'on vous propose est beau et à portée de tout. [...] Celui qui a l'honneur de vous écrire est pénétré d'une admiration respectueuse pour vous, autant que d'indignation et de douleur. Croyez-moi, il faut que les sages qui ont de l'humanité se rassemblent loin des barbares insensés.
De Diderot à Voltaire 10 octobre 1766
Je sais bien que, quand une bête féroce a trempé sa langue dans le sang humain, elle ne peut plus s'en passer. Je sais bien que cette bête manque d'aliment, et que, n'ayant plus de Jésuites à manger, elle va se jeter sur les philosophes. Je sais bien qu'elle a les yeux tournés sur moi, et que je serai peut-être le premier qu'elle dévorera. Je sais bien qu'un honnête homme peut en vingt-quatre heures perdre ici sa fortune, parce qu'ils sont gueux ; son honneur, parce qu'il n'y a point de loi ; sa liberté, parce que les tyrans sont ombrageux ; sa vie, parce qu'ils comptent la vie d'un citoyen pour rien, et qu'ils cherchent à se tirer du mépris par des actes de terreur. Je sais bien qu'ils nous imputent leurs désastres parce que nous sommes seuls en état de remarquer leurs sottises. Je sais bien qu'un d'entre eux a l'atrocité de dire qu'on n'avancera rien, tant qu'on ne brûlera que des livres. Je sais bien qu'ils viennent d'égorger un enfant pour des inepties qui ne méritaient qu'une légère correction paternelle. Je sais bien qu'ils ont jeté, et qu'ils tiennent encore dans les cachots, un magistrat respectable à tous égards, parce qu'il refusait de conspirer à la ruine de sa province et qu'il avait déclaré sa haine pour la superstition et le despotisme. Je sais bien qu'ils en sont venus au point que les gens de bien et les hommes éclairés leur sont et leur doivent être insupportables. Je sais bien que nous sommes enveloppés des fils imperceptibles d'une masse qu'on appelle Police, et que nous sommes entourés de délateurs. Je sais bien que je n'ai ni la naissance, ni les vertus, ni l'état, ni les talents qui recommandaient M. de la Chalotais, et que, quand ils voudront me perdre, je serai perdu. Je sais bien qu'il peut arriver, avant la fin de l'année, que je me rappelle vos conseils et que je m'écrie avec amertume : " Ô Solon, Solon ! "
Je ne me dissimule rien, comme vous voyez ; mon âme est pleine d'alarmes ; j'entends au fond de mon coeur une voix qui se joint à la vôtre, et qui me dit : "Fuis, fuis." Cependant, je suis retenu par l'inertie la plus stupide et la moins concevable, et je reste. C'est qu'il y a à côté de moi une femme déjà avancée en âge, et qu'il est difficile de l'arracher à ses parents, à ses amis et à son petit foyer ; c'est que je suis le père d'une jeune fille à qui je dois l'éducation ; c'est que j'ai aussi des amis. Il faut donc les laisser, ces consolateurs toujours présents dans les malheurs de la vie, ces témoins honnêtes de nos actions ; et que voulez-vous que je fasse de l'existence, si je ne puis la conserver qu'en renonçant à tout ce qui me la rend chère ? Et puis, je me lève tous les matins avec l'espérance que les méchants se sont amendés pendant la nuit ; qu'il n'y a plus de fanatiques ; que les maîtres ont senti leurs véritables intérêts, et qu'ils reconnaissent enfin que nous sommes les meilleurs sujets qu'ils aient. C'est une bêtise, mais la bêtise d'une bonne âme qui ne peut croire longtemps à la méchanceté.
Ajoutez à cela que le danger qui nous menace tient à une disposition des esprits qui ne s'aperçoit point. La société présente un aspect si tranquille que l'âme, lasse de se tourmenter, se livre à une sécurité, perfide à la vérité, mais à laquelle il est presque impossible de se refuser. L'innocence et l'obscurité de sa vie sont deux autres sophismes bien séduisants. Et comment voulez-vous que celui qui n'en veut à personne s'imagine, sous les tuiles où il s'occupe à se rendre meilleur, que les bourreaux attendent le jour pour se saisir de lui et le jeter dans un bûcher ?
Quand on s'est rassuré par sa nullité, on se rassure par son importance. Dans un autre moment, on se dit à soi-même : "Ils n'auront pas le front de persécuter un homme qui a consumé ses plus belles années à bien mériter de son pays ; n'est-ce pas assez qu'ils aient laissé à d'autres le soin de l'honorer, de le récompenser, de l'encourager ? S'ils ne m'ont pas fait de bien, ils n'oseront me faire du mal."
C'est ainsi qu'on est alternativement dupe de sa modestie et de son orgueil.[...]
Illustre et tendre ami de l'humanité, je vous salue et je vous embrasse. Il n'y a point d'homme un peu généreux qui ne pardonnât au fanatisme d'abréger ses années, si elles pouvaient ajouter aux vôtres. Si nous ne concourons pas avec vous à écraser la bête, c'est que nous sommes sous sa griffe ; et si, connaissant toute sa férocité, nous balançons à nous en éloigner, c'est par des considérations dont le prestige est d'autant plus fort qu'on a l'âme plus honnête et plus sensible.
VOLTAIRE, qui valait 1000 balles ,(1,5 euros) pour la Banque de France....
20 avril 2009
Mort aux cons
A la fin de ma troisième, nos professeurs d'histoire-géographie et de français ont offert un livre de poche à chacun des élèves qu'ils avaient eus en 4ème4 puis en 3ème3. Nous formions une classe qu'elles (deux femmes) avaient appréciée.
Ce jour là, on m'a donné "L'or" de Cendrars. J'étais un peu agacé car je voulais " Les croix de bois" de Dorgelès mais ce dernier a été offert à un de mes camarades. J'ai donc mis mon Cendrars de côté et je ne l'ai lu que près de quinze ans plus tard. Ceci en forme d'anecdote puisque ce n'est pas de "L'or" dont je voudrais parler mais de "Moravagine" que je viens de lire pendant mes vacances.
Drôle de livre "Moravagine". Il sort chez Grasset en 1926 bien que son écriture ait débuté en 1914 et l'idée de Moravagine soit apparue dès 1907 dans la tête de Cendrars.
Moravagine, aristocrate hongrois déchu, à l'enfance ravagée, a passé près de la moitié de sa vie en prison et se retrouve dans une clinique psychiatrique après avoir sauvagement assassiné la jeune fille qui lui avait été fiancée dans sa prime jeunesse. Raymond, le narrateur, le rencontre dans cet internat. Fasciné par le personnage, il l'aide à s'évader et ils partent tous les deux parcourir le monde pendant une quinzaine d'années : De Berlin au retour à Paris en passant par Moscou, le transsibérien puis Liverpool, New-York, la Nouvelle-Orléans, San-Antonio du Texas, New Pretoria, les indiens bleus, la remontée de l'Orénoque...
Chaque fois, même si maladroites, des tentatives d'englober l'époque, ses soubresauts, ce qui la sépare de celles qui ont précédé. Une réflexion sur les liens entre l'époque et le langage. Et toujours des aventures d'un souffle épique remarquable.
Un passage sur l'esthétique du premier avion qui n'est pas sans rappeler "Pylone" de Faulkner ou la fonction de la voiture dans "Sartoris". Puis sur la puissance de la technique comme expression de la volonté du peuple, etc.
J'ai été marqué par l'épisode durant la révolution russe de 1905 d'une rare intensité, d'une radicalité radicale si je puis dire, et puis par l'arrivée à New-York. Il semble que New-York fut la découverte majeure de beaucoup de romanciers de ces années 1920. On se souviendra des pages sur l'arrivée de Bardamu à New-York de dans "Le voyage au bout de la nuit" ou de Kafka dans "L'Amérique" et d'autres. Quelques décennies plus tard Simone de Beauvoir.
Moravagine, le personnage, est une sorte de double psychopathe de Cendrars qui lui permet
d'exorciser ses propres démons tout en les exploitant pour faire un
roman. Certains diront que Cendrars crée Moravagine pour s'affranchir de sa folie propre. L'on pourrait objecter qu'il va creuser sa folie pour créer Moravagine.
Raymond, le narrateur, est un autre double de Cendrars, plus apaisé et pourtant trouble, prêt à tout pour voir évoluer et agir Moravagine.
Certains passages sont misogynes, caricaturaux, Cendrars souvent débordé par son hubris. D'autres passages encore posent problème . C'est indéniable. J'ai pourtant toujours été emporté par les haletantes aventures de ces deux-là et de ceux qui les accompagnent.

Pour finir, puisque je n'ai ni la vocation, ni les facultés de faire le tour de ce roman (j'espère que cela se fera dans les commentaires des lecteurs de Cendrars), je vous livre ce que mes deux professeur(e)s ont écrit en première page de mon exemplaire de "L'or" (qu'elles en soient remerciées) . Cela s'applique aussi bien à "Moravagine" :
De l'aventure
De la folie
Du style...
Toujours de la littérature













