La République des LIBRES

"Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."J.Jaurès

30 juin 2009

DU VENT DANS LES BRANCHES DE SASSAFRAS

UN PEU D'OBALDIA NE NUIT PAS...MÊME BEAUCOUP


Tiens, on va essayer de détendre l'atmosphère et laisser les demeurées déguisées en auto-mitrailleuses foutre la trouille aux mômes, pour parler de théâtre. Voilà, ce matin, vaquant  dans un collège vide, j'ai fouillé une vieille armoire vitrée modèle 346EY-B12 règlementaire. Y avait des bouquins dedans, des maigres, genre petits classiques Lafrousse. Du théâtre, presque que du théâtre..Au passage, le théâtre lu est proprement extraordinaire. On ne devrait pas jouer les pièces, qui ne sont jamais aussi bonnes que lues.  (c'est une boutade et je vais me faire copieusement allumer) Enfin ,ça se discute, et là pas comme la bourre-qat....c'est pas vraiment un débat essentiel.

En fouillant, je tombe sur du Giraudoux (!!!!) du Anouilh (au beurre, moi ch'préfère ta soeur) et la plupart des grands classiques. Et puis "DU VENT DANS LES BRANCHES DE SASSAFRAS"...Alors, une image m'est venue à l'esprit, celle du grand, grand MICHEL SIMON, que je considère comme le plus grand acteur français de tous les temps. On sait que  gaillarde, Michel Simon fit une entrée...fracassante, tenant le rôle titre celui du père Rockefeller, le patriarche de cette famile de cowboys assiégés par les indiens.sasafra_photo Les personnages tous déjantés, au fin fond du Kentucky. La mère Rockefeller qui pousse des hurlements ,se prenant pour la Pythie de l'Ouest...et Michel Simon dans l'inénarrable dialogue en "petit nègre"" avec des Indiens effarés par la connerie de ces gens.
Obaldia, qui vient de fêter gaillardement ses 91 ans, est un écrivain prolixe et de talent. Il a , on le sait, déconstruit l'idée même du langage ,en créant sa propre langue la Génousie, langue sans règles, inaudible. On est chez lui, quelque part entre Jarry et Salacrou. De fil en aiguille, on se rend compte que ces personnages, dans la ligne la plus pure de ceux de Beckett, ont quelque chose de "déboîté" un peu comme Buster Keaton. L'art de Obaldia c'est de faire rire du porte à faux (pas sûr de l'orthographe) perpétuelle de l'existence. C'est aussi ,et surtout, un hommage, et quel hommage au western. Alors un conseil, que dis-je! un ordre: Michel Simon à haute dose....et se régaler du théâtre de René De Obaldia, fils d'un consul du Panama en Thaïlande, je crois, débuts prometteurs dans la vie..
grasset_sassafras

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28 juin 2009

UN TEXTE DE LAZARILLO


Je ne résiste pas à vous faire partager la saveur de ce texte généreusement offert à nous par notre très cher Lazarillo.

La gauche ralliée

Parlons d’autre chose, je veux dire d’autre chose que la burqa, le niqab et l’islam. Parlons des intellectuels et des politiciens de « gauche » ralliés à Sarkozy. Ils illustrent à merveille le mal qui dévore cette gauche.
Commençons par Eric Besson qui restera dans l’histoire politique comme le modèle chimiquement pur du traître qui après s’être acharné sur son futur maître – et de quelle manière et avec quel talent ! – se débarrasse du poignard dans la première poubelle venue et je jette à ses pieds. Dans l’histoire de l’humanité il n’y a guère que Paul de Tarse (probablement victime d’une insolation sur le chemin de Damas où il avait été envoyé pour persécuter les chrétiens) qui ait opéré un retournement aussi soudain. Mais rassurez-vous, Sarkozy ne sera pas crucifié, sa pensée ne deviendra pas une religion ni Besson son apôtre. Besson, donc, justifie  son ralliement (car il faut tout de même se justifier) par des supposées rumeurs sur sa vie privée distillées par ses anciens camarades quand il claqua la porte du PS. Personnellement je n’ai jamais perçu le moindre écho de ces rumeurs. Et quand bien même elles existeraient en quoi justifient-elles qu’on fasse allégeance à celui qui quelques jours auparavant était présenté par lui comme un danger pour la république ? A cette question il n’a jamais répondu.
Fadela Amara maintenant dont la plus grande réussite en faveur des « quartiers » et de leurs habitants, notamment les jeunes, est – ne riez pas ! – l’engagement ferme de Carla de se rendre un jour (la date n’est pas précisée…)  avec elle dans une cité ! Pour le reste on retiendra l’introduction dans le lexique gouvernemental du verlan ce qui, n’en doutons pas, va bouleverser les rapports sociaux dans les banlieue.  Elle aussi s’est justifiée. Elle aurait été déçue par la gauche, par le PS auquel elle a longtemps appartenu. Sa déception est peut-être réelle et on ne saurait la lui reprocher mais il faudra qu’un jour on m’explique comme la déception conduit à se jeter dans les bras de celui qui jusqu’au ralliement incarnait tout ce qu’elle combattait ? Cette déception n’explique tout de même pas qu’elle fasse des meetings en compagnie de Brice Hortefeux et qu’elle se taise sur toute la série de mesures répressives à l’encontre des sans-papiers et sur le tout sécuritaire dans les « quartiers ».  Et quand elle ne peut plus reculer elle botte en touche en disant soit qu’elle n’est pas d’accord, soit qu’elle n’est pas ministre de l‘Intérieur et qu’elle poursuit sa tâche dans le domaine qui est le sien. De bien méchantes langues (dont je ne suis pas…) disent que les 11000 euros mensuels attachés à sa fonction de sous-ministre, hors frais de bouche et de déplacement, sont pour beaucoup dans sa métamorphose. Mais ce sont de méchantes langues !
Bernard Kouchner. Celui-là il y avait longtemps qu’il rêvait d’un « destin national », entendez par là la présidence de la République. Ses amis socialistes n’ayant même pas daigné considérer sa candidature à la candidature et il était donc disponible. Sarkozy a beaucoup de défauts mais il connaît le personnel politique, il sait que tout, ou presque, s’achète, et lui était prêt à payer, avec d’autant plus d’entrain que l’argent sort de la poche du contribuable. Il lui a donc offert un rôle de potiche au Quai d’Orsay que le French Doctor a accepté avec volupté. L’amour propre ? Il doit bien en avoir mais il sait le maîtriser. Non, ce qu’il aime avant tout c’est le clinquant et le luxe, aux frais de la princesse de préférence. Au passage et pour faire bonne mesure, Madame s’est vue propulsée à la tête de la holding  "France Monde"  chargée de regrouper l'audiovisuel extérieur : "TV5 Monde"  "France 24" "RFI" . Elle devient également directrice générale de France 24, et directrice générale déléguée de "Radio France Internationale" RFI alors que selon le Canard Enchainé, sa nationalité belge aurait du empêcher cette nomination, les statuts de la radio ne permettant pas aux ressortissants étrangers d'occuper ce poste. Et tout ceci sous la tutelle de son mari ministre des Affaires étrangères. Dans une république normale il y a conflit d’intérêt, en France aussi, mais sous le règne de Sarkozy tout est devenu possible, surtout le pire. Qui s’en soucie ?
Il y a aussi Jean-Marie Bockel mais il est tellement transparent et insignifiant que je ne m’attarderai pas sur lui.
Reste ceux qui ne se sont pas vraiment ralliés mais qui ont déjà présenté leur brillant CV, je veux parler de l’inusable et pitoyable Michel Rocard (oui, oui, l’ancien du PSU autogestionnaire !) qui, en attendant mieux, fait des piges au Pôles et de l’inénarrable Jack Lang « petit facteur » (j’espère que les anciens apprécieront la référence) de Sarkozy auprès de Castro attend qu’on le nomme ambassadeur de France auprès des Nations Unies. Interrogé sur un éventuel retournement de veste il a répondu qu’il ne la retourne jamais sa veste. C’est vrai, elle est adaptée à tous les changements climatiques.
Certains intellectuels classés, parfois abusivement, à gauche aussi ont apporté leur contribution. Il en est un dont le passage au sarkozysme m’a laissé sur le cul, je veux parler de Marc Weizmann, ancien des Inrockuptibles et auteur de romans, dont Fraternité que j’avais aimé. A ma connaissance,  il est le seul qui a donné à son engagement une justification politique argumentée (Libération du 15 février 2007) qui à défaut d’être convaincante à le mérite de la clarté. En gros, pour lui, Sarkozy était celui qui allait enfin rompre avec 60 ans de gaullo-communisme qui ont conduit la France dans l’ornière. Il incarnait  « la synthèse libérale et ferme » et allait résoudre « le mieux la contradiction entre promesse et déception. » Quelques mois plus tard, cette fois dans Le Monde daté du 9 mai 2007, soit juste après l’élection de son favori, il écrit une tribune au vitriol pour fustiger la gauche et les médias qui se sauraient acharnés sur le candidat Sarkozy avec une violence rappelant celle des années 30. Rien que ça ! Il n’avait sans doute pas dû lire ou écouter ce que les lieutenants de son nouveau maître avaient déversé sur Ségolène Royal. On ne l’a pas entendu non plus ces derniers temps commenter les propos orduriers tenus quotidiennement par le pit-bull de Sarkozy, Frédéric Lefebvre. En fait, depuis sa prise de position lors de la campagne électorale et juste après c’est silence absolu. Tant mieux !   
Le cas d’André Glucksmann, que Mitterrand appelait « la vieille dame », ancien maoïste partisan de la manière forte pour venger la mort de Pierre Overney (ce militant maoïste abattu en février 72 aux portes des usines Renault par un vigile de l’entreprise) est plus facile à traiter. Bien qu’il s’en soit toujours défendu Il a cessé d’être de gauche depuis qu’il a quitté la mouvance maoïste, depuis des lustres donc. Mais il n’avait jamais rallié ouvertement la droite, il cherchait l’ouverture, la fenêtre de tir idéale. Sarkozy et son pseudo discours de fermeté vis-à-vis de Poutine et de sa politique en Tchétchénie allaient le lui offrir, qui plus est dans l’honneur. Depuis, Sarkozy, comme son prédécesseur et tous les dirigeants européens (dont l’emblématique Joschka Fischer) , s’est couché devant le boucher du Kremlin qui a pu mener à bien et en toute quiétude sa funeste entreprise. Ce qui n’empêche pas la « vieille dame » de se sentir à l’aise dans la sarkozie. C’est qu’en fait ce qui le séduisait vraiment, lui qui avait approuvé la guerre en Irak et pour qui les Tchétchènes étaient une manière de diversion – la tête sur le billot vous ne le lui ferez pas avouer –, c’était le discours ouvertement pro-américain et pro-israélien de Sarkozy.
Ce même discours a aussi beaucoup séduit Alain Finkielkraut mais lui avait des pudeurs que ces camarades Weizmann et Glucksmann n’ont pas eues, et si vous lui dites qu’il a roulé pour Sarkozy il pique une grosse colère. C’est un sarkozyste honteux, comme il a été un partisan de Bush et de Sharon honteux. Alain Finkielkraut, tout brillant qu’il est, est devenu au fil du temps un vieux réactionnaire aigri qui dissimule ses nouvelles convictions, ses aigreurs, sous un discours républicain de façade auquel il ne croit pas lui-même. La preuve ? Son dîner il y a quelques années, au siège du MEDEF, en compagnie de Sellières et de son éminence grise et  porte-flingue, le sinistre Denis Kessler, également intime du couple DSK…  Qu’on m’explique comment un partisan de la méritocratie républicaine peut-il accepter de partager la table de gens qui n’ont jamais fait mystère de vouloir mettre l’Education nationale au pas et au service de l’entreprise, bref, d’en faire une affaire rentable ? Et il ne manque jamais une occasion de s’acharner sur les syndicats de salariées qualifiés de « corporatistes », étant bien entendu que le MEDEF, lui, défend l’intérêt général…
J’aurais pu aussi citer Bernard Tapie (fils putatif de Mitterrand) et Enrico Macias, mais le premier s’il est incontestablement intelligent n’est pas vraiment ce qu’on appelle un intellectuel, quant au second on ne peut pas dire qu’il ait inventé l’eau chaude, et ni l’un ni l’autre n’ont jamais non plus été trop à gauche. 
A côté de la trahison au grand jour il y a les attitudes de connivence au quotidien. Par exemple, il m’a été donné de voir dans un reportage sur l’Assemblée nationale un député socialiste très connu (dont par charité je tairai le nom) faire des mamours à Oliver Dassault, (fils de l’avionneur Serge Dassault et petit-fils de Marcel), probablement l’un des députés UMP les plus réactionnaires. Certes, ils fréquentent la même « maison » depuis des années et on peut parfaitement envisager qu’ils se saluent avec courtoisie, mais comment comprendre un tel degré de complicité avec un personnage qui sur le terrain social rêve de revenir au temps des « maîtres de forges » ? Là est toute la question. 
La trahison est devenue consubstantielle de la gauche parlementaire, ce qui explique, en partie, le succès rencontré par la gauche altermondialiste et l’extrême gauche, à ne pas confondre même si celle-ci est une composante de celle-là. Comme nous l’avons vu plus haut, cette trahison ne prend pas toujours la forme outrancière du passage  à « l’ennemi », elle se traduit le plus souvent par l’abandon pur et simple des principes fondateurs de la gauche que sont la défense du service public, des acquis sociaux et la solidarité. Faut-il s’en étonner ? Si l’on observe d’un peu plus près ce qu’est la réalité de la vie politique on remarquera que les dirigeants du Parti socialiste fréquentent les mêmes clubs que les dirigeants de l’UMP et du patronat.
Le plus prestigieux d’entre eux est "Le siècle", cénacle très sélect qui fonctionne par cooptation et dans lequel on rencontre des personnalités aussi diverses que, entre autres et au hasard, SarKozy, Rama Yade, Rachida Dati, Pierre Assouline (eh oui !), DSK [également membre du Groupe de Bilderberg avec son ancien collègue du gouvernement Jospin, Hubert Védrine, fondé en 1954 aux Pays-Bas et qui est probablement le plus puissant des réseaux d’influence au monde ; pour donner une idée de cette puissance sachez, chers amis, que la réunion de 2003 s’est tenue dans le Trianon du Château de Versailles qui pour l’occasion fut fermé au public pendant une semaine !], PPDDA, Nicole Notat et tout le gratin des décideurs économiques, ainsi que des patrons de presse comme Jean-Marie Colombani, Laurent Joffrin et Serge July, ancien maoïste qui se rêvait en « tycoon ». Si vous lisez (je vous le recommande) le bouquin de Laurent Mauduit, journaliste du Monde démissionnaire pour cause de caviardage d’une enquête, Petits conseils, chez Stock, vous apprendrez qu’à la petite sauterie donnée par Alain Minc en 1999 pour ses 50 ans au Grand Vefour, la table la plus prestigieuse de la capitale, étaient présents, outre le gratin du patronat et de la droite, les socialistes Martine Aubry, Bernard Kouchner et DSK accompagné de son épouse Anne Sinclair. En d’autres termes, pendant que les militants se démènent, distribuent des tracts et collent des affiches qui fustigent la politique de la droite et du patronat  les dirigeants, eux, discutent, mangent et s’amusent en compagnie de ceux qui organisent cette politique. Grandiose n’est-ce pas ? De quoi se menotter à un radiateur le jour des élections !




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27 juin 2009

L'ENIGME DU SAMEDI SOIR

Pour ce soir je vous propose de plancher sur deux extraits d'un de mes auteurs préférés; A vous !

beau

Enigme 1 :

- Pour vous Mademoiselle...
- Mon Dieu ! pour moi je m'acquitterai fort mal de mon personnage et je ne sais pourquoi vous m'avez donné ce rôle de façonnière.
- Mon Dieu ! Mademoiselle, voilà comme vous disiez déjà lorsque l'on vous donna celui de XXXX; cependant vous vous en êtes acquittée à merveille et tout le monde est demeuré d'accord qu'on ne peut pas mieux faire que vous avez fait, croyez-moi, celui-ci sera de même, et vous le jouerez mieux que vous ne pensez.
- Comment cela se pourrait-il faire, car il n'y a point de personne au monde qui soit moins façonnière que moi.
- Cela est vrai et c'est en quoi vous faites mieux voir que vous êtes excellente comédienne, de bien représenter un personnage qui est si contraire à votre humeur, tâchez-donc de bien prendre tous, le caractère de vos rôles, et de vous figurer que vous êtes ce que vous représentez.
Vous, vous faites le poète, et vous devez vous remplir de ce personnage,marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce du beau monde, ce ton de voix sentencieux, et cette exactitude de prononciation qui appuie sur toutes les syllabes et ne laisse échapper aucune lettre de la plus sévère orthographe.
Pour vous, vous faites un honnête homme de cour, comme vous avez déjà fait dans XXXX c'est à dire que vous devez prendre un air posé, un ton de voix naturel et gesticuler le moins qu'il vous sera possible.
Vous, vous représentez une de ces femmes qui, pourvu qu'elles ne fassent point l'amour, croient que tout le reste leur est permis, de ces femmes qui se retranchent toujours fièrement sur leur pruderie, regardent un chacun de haut en bas, et veulent que toutes les plus belles qualités que possèdent les autres ne soient rien en comparaison d'un misérable honneur dont personne ne se soucie, ayez toujours ce caractère devant les yeux, pour en bien faire les grimaces."

beau2

Enigme 2 :

... Il nous explique à fond dans ces instructions,
L'union de la grâce et des proportions;
Les figures partout doctement dégradées,
Et leurs extrémités soigneusement gardées;
Les contrastes savants des membres agroupés,
Grands,nobles, étendus, et bien développés,
Balancés sur leur centre en beauté d'attitude,
Tous formés l'un pour l'autre avec exactitude
Et n'offrant point aux yeux ces galimatias
Où la tête n'est point de la jambe ou du bras;
Leur juste attachement aux lieux qui les font naître,
Et les muscles touchés autant qu'ils doivent l'être;
La beauté des contours observés avec soin,
Point durement traités, amples, tirés de loin,
Inégaux,ondoyants, et tenant de la flamme,
Afin de conserver plus d'action et d'âme;
Les nobles airs de la tête amplement variés,
Et tous au caractère avec choix mariés;
Et c'est là qu'un grand peintre, avec pleine largesse,
D'une féconde idée étale la richesse,
Faisant briller partout de la diversité,
Et ne tombant jamais dans un air répété;
mais un peintre commun trouve une peine extrême
A sortir dans ses airs de l'amour de soi-même :
De redites sans nombre il fatigue les yeux,
Et, plein de son image, il se peint en tous lieux.
Il nous enseigne aussi de belles draperies,
De grands plis bien jetés suffisamment nourries,
Dont l'ornement aux yeux doit conserver le nu,
Mais qui, pour le marquer, soit un peu retenu,
Qui ne s'y colle point, mais en suive la grâce,
Et, sans la serrer trop, la caresse et l'embrasse.

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26 juin 2009

Blake et Mortimer : deux Anglais pour un Belge

Difficile de passer de sujets aussi brûlants et envoutants que sont l'Islam et la burqa mais je vous propose, pour faire plaisir aux novices et aussi aux officionados, une petite évocation d'un univers tout à fait particulier, je veux parler de celui que E.P Jacobs a élaboré pour nous en la paire complémentaire que forment nos deux héros "Blake et Mortimer".

Voici en quelques coups de crayon, une galerie de portraits, de l'univers Jacobsien.sop016

portraits1

Blake, le blond, Mortimer le roux, portant barbe, sujets de sa majesté et tous deux pipes au bec, (n'en déplaise à notre nouveau monde), s'occupent - parfois malgré eux - de démêler des affaires d'une très grande complexité, aux enjeux internationaux.

Ni des "James Bond" (qui n'est pas grand chose sans ses attributs, mêmes les plus masculins), ni des cerveaux purs à la "Holmes", ils incarnent un mélange de probité, d'amitié, d'ouverture d'esprit et de réflexion et, surtout, du goût de l'aventure prononcé, qui les feront déjouer des complots d'une grande complexité, voire à enjeux internationaux, et planétaires.

Débutée en 1946, la série des Blake et Mortimer mélange, d'une part par les contextes politiques mais aussi le décor du monde dans lequel Jacobs évolue pour aboutir à la fameuse ligne claire réaliste. Jacobs y rajoute sa touche imaginaire personnelle, mélange de banditisme à visée idéologique (les "méchants" veulent gouverner le monde, voire l'univers) et de science-fiction.

planchejacobs

 

Les femmes tiennent un rôle secondaires, comme dans beaucoup de BD à héros masculins, écrites et dessinées durant les années 50-60 mais ce sont surtout les "méchants " qui sont particulièrement hauts en couleur et qui me font craquer... Entre "Olrik", bel homme, ennemi personnel des deux héros, nourri de désespoir, de colère prêt à tout pour détruire Blake et Mortimer qui revient dans chaque aventure et, par exemple, Septimus, savant fou, démoniaque, prêt à tout pour contrôler la Terre on  dérive dans des atmosphères psychologiques très subtiles, parfois très étouffantes, pour dire la profondeur des personnages.

Je vous invite donc à découvrir (particulièrement vous Harmonia !) cette BD, ou a la relire, histoire pour quelques agréables instants, de se plonger dans une autre dimension...aux tonalités quelque peu surréalistes...

    sop018

jacobs

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23 juin 2009

AHMADINEDJAD,JARUZELSKI DE L'ELBROUZ

LES AVENTURES DE SUPERBURQA 2


DE LA SAVAK A LA VEVAK ,  OU : DE LA "NORMALISATION" , ETERNELLE FETIDITE POLITICO-RELIGIEUSE    



TEHERAN


TEHERAN_2









Bizarre, non, aucune burqa en vue... mais c'est vrai nous sommes dans un pays laïque...je plaisante. Evidemment.


La fille tuée à Téhéran sera la énième victime non pas d'une guerre , d'un putsch, mais de cette saloperie fielleuse qu'on appelle "normalisation". Les Russes en connaissaient un bout du temps de l'URSS et ,  avant elle, du temps des Tsars. Les Khazars, en particulier ou les Turkmènes s'en souviennent. Méthodes bien rôdées, à grand renfort de police politique, d'escadrons de forces de l'ordre bien payées dans des pays de pauvreté...profonde. Tabassages en règles...bref que du connu. Ahmadinedjad est au fond un apparatchik besogneux, genre Jaruselski, révisé Husak, revu Honecker ou Brejnev... L'Islamo-fascisme qui gouverne en Iran, est une sorte de péronisme théocratique , la pire des configurations. Pourquoi en sommes--nous là?? C'est que dès le départ, la récupération immédiate de la révolution iranienne par les mollahs totalitaires était une catastrophe sans pareille. Cette révolution confisquée, au plus grand soulagement de tout le monde, URSS, surtout, Chine, Etats-Unis, évidemment a été mise en pièce par le même type d'hommes , semi-mafieux, semi-chefs de clans qu'on voit à l'oeuvre dans les 5 républiques d'Asie Centrale, ex soviétiques. Et aussi par les salopards de l'ancienne SAVAK, l'équivalent de la Stasi, au service du Shah, reconvertis dans la VEVAK. On prend les mêmes et on recommence. La matraque n'a pas d'odeur. Les manifestants de Téhéran n'ont pas la moindre chance, d'autant que s'en remettre à Moussavi, c'est comme s'en remettre à Dönitz après Hitler. Ce Moussavi est une crapule fieffée. Il utilise, coup classique, le désespoir d'un peuple qui n'a qu'une envie, de bouter les burqas au feu, pour son propre jeu politique. Il balancera ce peuple dès qu'il n'en aura plus besoin.
Les évènements de Téhéran foutent la trouille aux banques, aux compagnies pétrolières,, à l'agro-alimentaire...et l'islamo-fascisme d'Ahamadinedjad est le meilleur régime pour servir de support à l'ultra-capitalisme. Obama se daladierisant,, se couillemollisant à vue d'oeil, on retombe dans le même schéma "soutien aux dictateurs" que celui de la CIA de Nixon en Amlat, jadis....
Et là,à propos de ce qui se passe en Iran, on observe bien que les religions sont  furent et seront  ,en effet, les chiens de garde du capitalisme. Et rien d'autre.

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21 juin 2009

L'ABUS DES BURQAS NUIT A LA SANTE MENTALE

EXCLUSIF:CHRISTO A ETE VU A KABOUL EN TRAIN D'EMBALLER DES MUSULMANES !!!!

Je me suis toujours demandé ce qu'il y avait derrière la fente. A Pantin, et ailleurs, on en voit des tirelires à pattes. Et les pauvres ,elles trottinent gaillardement derrière ou devant la bite à roulettes qui se prétend leur maître. Le monde est devenu un cimetière de l'intelligence. Les burqas, les nikhab et autres joyeusetés sont tout simplement un crime contre la moitié de l'humanité. Tant que ça? Tant que ça. Rien, absolument rien ne vient justifier pareille sottise . Et surtout pas "le respect des cultures plurielles", comme disent les bonnes âmes de 7 Chouans. Ni même une quelconque sourate . Cultures plurielles, les burqas??? Conneries singulières, oui. La burqa, c'est la lapidation vestimentaire . Le Moyen-âge en plein. Je me souviens, au temps des talibans à Kaboul, ces reportages où l'on voyait des femmes en burqa violettes joliment agrémentées d'un grillage devant les yeux. Manquait plus que les barbelés.

 


Leçon de burqanisme

 

hijab1

 

On a donc progressé, plus de grillage. Le niquab c'est une burqa sans grillage. Un niquab post mur de Berlin, quoi. De quoi nous plaignons-nous donc?? Le voile musulman, au fond, avec le temps a fini par se fondre, à peu près, avec un peu de casse, dans le paysage de la laïcité.  Spontanément, à part quelques cinglées, les filles et les femmes ôtent leur voile en entrant dans un lieu public. Inversement, le voile ne choque plus guère. Et c'est bien ainsi. Seulement il y a un hic. Et un gros. Nous en sommes au schéma classique qui conduit à toute société totalitaire, religieuse ou politique: quand, par trouille, par esprit de tolérance un peu niaise  aussi, une société démocratique va de concession en concession, le facho ,en face, demande toujours plus. Plus on fait des plats hallal dans les cantines, plus on accède aux requêtes immondes de jours de piscines pour femmes, de médecins femmes choisis par les maris etc etc, plus les exigences des islamo-fascistes, en l'occurence, sont fortes et pressantes. Ils savent que les démocraties occidentales, laïques ou non , sont fondamentalement munichoises. Alors ils profitent de cette lâcheté paresseuse. C'est tellement plus simple de concéder, concéder, concéder encore...jusqu'au point de rupture. Et nous y sommes. Le seul fait qu'on tergiverse pour savoir si oui, si non, il faut ,ne faut pas, faut quand même une loi interdisant la burqa sur tout le territoire de la République est , en soi, symptômatique que le combat contre les ténèbres, l'obscurantisme est perdu. Et ,comme toujours, dans ce cas de figure, ce sont les femmes qui paient le prix fort.

 

burqa1

 

Elles paient tout: l'obsession sexuelle de ces mâles primaires , mal élevés, chouchoutés par leurs mères, jadis, comme s'ils étaient les rois de la famille, leurs soeurs n'étant que des bonniches, et du coup,  surtout ,surtout, l'immense frustration sociale de ces derniers. Leur déclassement professionnel, intellectuel, économique, humain, qu'ils mesurent parfaitement et traduisent par une haine, une rage, une détestation prodigieuse des femmes, qui ,elles - je parle bien sûr des Musulmanes- réussissent infiniment mieux dans les sociétés occidentales, aiguillonnées qu'elles sont par le désir d'échapper à cette nuit familiale et religieuse qui les écrase. A Istanbul et à Tunis, dans des pays pourtant pas réputés pour leur tolérance politique on voit beaucoup moins de burqas qu'à Amsterdam, devenue la première ville intégriste d'Europe, qu'à Londres ou à Paris.

 

La cause de ceci?? la confusion multidécennale entre tolérance et naïveté. Naïveté de la part de certains milieux "éclairés " de l'Occident de croire que c'était un devoir d'accepter au nom de la culpabilité coloniale tout et son contraire. D'où le succès de cette forme de fascisme qu'est le salafisme en France. Encore aujourd'hui, oser parler contre l'Islam en France est suspect.

Du coup, c'est à l'Ecole, en particulier, que la société démocratique, laïque et ouverte révèle son extraordinaire fragilité. Manuel Valls, le maire d'Evry, qui sait de quoi il retourne, plus , certainement que les socialistes parisiens, a osé briser ce tabou: ne pas laisser la critique contre l'incapacité rétive de l'Islam à toute changement, aux nazis du FN et autres bouffons dieudonnesques. Qu'est-ce qu'il s'est pris dans la poire!!!!

Or, c'est une réalité. La droite a bel et bien, pour des raisons de profit, de mépris, de racisme, ghettoïsé l'immigration. Le XIXème arrondissement ,ou le 93, par exemple,  sont bel et bien devenus des bantoustans. Et la gauche n'a rien trouvé à y redire. Parce qu'au fond, parquer les animaux, c'est ne pas risquer de les rencontrer et du coup de pouvoir mieux, à peu de frais,  verser des larmes d'alligator sur le sort de ces pauvres gens.

Pour le reste, on me dira que je me polarise trop sur l'Islam et que, somme toute, on est libre de son destin, de son apparence. Mais quelle apparence et quelle liberté , quand on est obligée de se cacher, de vivre en négatif. Dans une sorte d'avant-goût de linceul?? Et si les femmes en terre chrétienne sont moins exposées aux abrutis puritains,  c'est tout simplement parce que, la mort dans l'âme, les hiérarchies des clergés chrétiens ont été contraintes depuis 1 siècle  et à coups de pompe dans le tafanard à pratiquer un aggiornamento. L'Islam a, on sait pourquoi, par mauvaise conscience colonialiste mal placée, bénéficié d'une incroyable clémence.
Et puis, les bonshommes, si pieux, si barbus, si la vue des femmes les dérange (quels cons!) z'ont qu'à se mettre un voile sur les yeux, ces fromages... j'aimerais voir ça.

L'enfer ,décidément, est bel et bien pavé de bonnes intentions.

Pour finir, de façon un peu provocante, leçon de....burqa???? Bizarre, ça me rappelle quelque chose, mais quoi???? Turlutu, chapeau pointu....

Hooded_procession

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20 juin 2009

L'ENIGME DU SAMEDI SOIR

Ce soir l'énigme sera de facture classique, révisions obligent... Très simples également... A vous !


Enigme 1 :

"Monsieur, hâtez-vous de me secourir. Vous me direz, sans doute : Enseignez-moi ce que je puis faire pour vous. Le voici : mon ambition n'est pas grande. Il me faudrait une place de femme de chambre ou de femme de charge, ou même de simple domestique, pourvu que je vécusse ignorée dans une campagne, au fond d'une province, chez d'honnêtes gens qui ne reçussent pas un grand monde. Les gages n'y feront rien; de la sécurité, du repos, du pain et de l'eau. Soyez très assuré qu'on sera satisfait de mon service; j'ai appris dans la maison de mon père à travailler et au couvent à obéir. Je suis jeune, j'ai le caractère très doux. Quand mes jambes seront guéries, j'aurai plus de force qu'il n'en faut pour suffire à l'occupation. Je sais coudre, filer, broder et blanchir; quand j'étais dans le monde, je raccomodais moi-même mes dentelles, et j'y serai bientôt remise; je ne suis maladroite à rien, et je saurai m'abaisser à tout. J'ai de la voix, je sais la musique, et je touche assez bien du clavecin pour amuser quelque mère qui en aurait le goût, et j'en pourrais même donner leçon à ses enfants; mais je craindrais d'être trahie par ces marques d'une éducation recherchée. S'il fallait apprendre à coiffer, j'ai du goût, je prendrais un maître, et je ne tarderais pas à me procurer ce petit talent. Monsieur, une condition supportable, s'il se peut, ou une condition telle quelle, c'est tout ce qu'il me faut, et je ne souhaite rien au-delà. Vous pouvez répondre de mes moeurs; malgré les apparences, j'en ai; j'ai même de la piété....."

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Enigme 2 :


"Et c'est Glycère, amis, chez qui la table est prête ?

Et la belle Saxonne est aussi de la fête ?

Et Rose, qui jamais ne lasse les désirs,

Et dont la danse molle aiguillonne aux plaisirs ?

Et sa soeur aux accents de sa voix la plus grave la plus rare

Mêlera, dites-vous , les sons de la guitare ?

Et nous aurons Julie, au rire étincelant,

Au sein plus que l'albâtre et solide et brillant ?

Certe en pareille orgie autrefois je l'ai vue,

Ses longs cheveux épars, courante, demie-nue :

En ses bruyantes nuits Cithéron n'a jamais

Vu Ménade plus belle errer dans ses forêts.

J'y consens. Avec vous je suis prêt à m'y rendre.

Allons. Mais si Camille, ô Dieux ! vient à l'apprendre !

Quel orage suivra ce banquet tant vanté,

S'il faut qu'à son oreille un mot en soit porté !

Oh ! vous ne savez pas jusqu'où va son empire.

Si j'ai loué des yeux, une bouche, un sourire ;

Ou si, près d'une belle assis en un repas,

Nos lèvres en riant ont murmuré tout bas,

Elle a tout vu. Bientôt cris, reproches, injures.

Un mot, un geste, un rien, tout était parjure.

"Chacun pour cette belle avait vu mes égards.

Je lui parlais des yeux; je cherchais ses regards."

Et puis des pleurs ! des pleurs ! que Memnon sur sa cendre

A sa mère immortelle en a moins fait répandre.

Que dis-je ? sa vengeance ose en venir aux coups.

Elle me frappe. Et moi, je feins dans mon courroux

De la frapper aussi, mais d'une main légère;

Et je baise sa main impuissante et colère :

Car ces bras ne sont forts qu'aux amoureux exploits.

La fureur ne peut même pas aigrir sa douce voix.

Ah ! je l'aime bien mieux injuste qu'indolente.

Sa colère me plaît et décèle une amante.

Si j'ai peur de la perdre, elle tremble à son tour;

Et la crainte inquiète est fille de l'amour.

L'assurance tranquille est d'un coeur insensible.

Loin, à mes ennemis une amante paisible.

Moi, je hais le repos. Quel que soit mon effroi

De voir de si beaux yeux irrités contre moi,

Je me plais à nourrir de communes alarmes.

Je veux pleurer moi-même, ou voir couler ses larmes;

Accuser un outrage, ou calmer un soupçon;

Et toujours pardonner ou demander pardon."

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Posté par Soded à 11:37 - Commentaires [35] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2009

L'ABBE GRINGOIRE

"LE MONDE" ATTEINT ENCORE UN CRAN DANS LA SALOPERIE

Hier ,en lisant le "Monde" daté de Mardi 16, je tombe, page 32, sur ceci, que je vous, nous livre à notre perspicacité:

"CHERS AMIS palestiniens

Moi, Benyamin Nethanyaou, premier ministre d'Israël , je reconnais solenellement que vous avez droit à un Etat. Mais cela suppose un certain nombre de conditions.

1) Cet état n'aura pas d'armée. Pas de souci non plus à se faire; nous assurerons sa défense avec toute l'attention que vous imaginez;
2) Il appartiendra à cet état de se trouver un territoire. C'est votre affaire et nous n'avons pas à nous en mêler. En tous cas, ne comptez pas trop sur la Cisjordanie: nos colonies continuerons à s'y développer, en vertu d'un accroissement naturel de la population.
3) A vous aussi de choisir votre capitale en toute liberté. Sachez seulement que Jérusalem nous appartient et qu'elle est indivisible.

Voilà, j'ai fait un grand pas, qui devrait calmer Obama et me valoir le Prix Nobel de la Paix. La balle est maintenant dans votre camp.

Benyamin Netanyahou

PS: si votre futur état pouvait éviter d'avoir une Constitution, un Parlement, une police, une justice,une diplomatie et des services publics, cela faciliterait beaucoup les choses".

Ce "Billet" comme cette flatulence se nomme est d'un certain Robert S. Je ne connais ce chroniqueur que de vague nom. Mais, en tous cas , on voit d'où il tire son inspiration. De quelle mouvance. De quelle fosse à purin. Robert S. est une sorte de concentré caricatural de la pestilence antisémite du MONDE. Un courant qui nous conduit de Guesde ,en passant par Daudet, Barrès, Maurras, Doriot ,Déat, Laval, Morvan-Lebesque, Garaudy, Konk, Besancenot etc...caracolant entre l'extrême-droite genre "Vieille Taupe" et l'extrême-gauche, propalestinienne par antisémitisme. Dieudonné en est l'acmé, et Fofana l'arme contondante. Cet articulet sordide, en particulier le PS ,qui pue carrément le fascisme, est tout à fait révélateur de cette France moisie qui perdure au fil des décennies, qui jadis se nourrissait de la bigoterie et aujourd'hui se nourrit de l'antisémitisme. Mais quoi!!! qui va aller voir page 32!!! page 32, on peut, c'est connu, faire ses saloperies en douce.
On l'aura compris , et c'est une tarte à la crème historique: quoi que fasse Israël , ce sera toujours criminel. Jusques et y compris disparaître, auquel cas on accuserait les Juifs de vouloir par leur absence, provoquer un vortex dans le vide géopolitique ainsi créé pour y engloutir toute la région.
Cette goutte de pus de ce Robert S. le prouve amplement. Comme jadis, dans le Reich "JUDEN UNERWÜNSCHT" (juifs indésirables). On remarquera l'en-tête. CHERS AMIS en majuscules, palestiniens en minuscule...sans commentaires.

Cette photo du mur construit par Israël....Quel symbole. Comment voulez-vous qu'il en soit autrement avec des gens comme Robert S.???? Citez-moi un seul étét, un seul qu'on accuse de chiier lorsqu'il ne fait que pêter. Un seul....et vous aurez gagné un voyage à Stains.

ofrtp_po_israel_netanyahu_etat_urgent_20090614_large

Posté par MONTAIGNEACHEVAL à 08:34 - Commentaires [108] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juin 2009

L'ENIGME DU SAMEDI SOIR

L'esprit "vacances" qui règne ici, à cause des températures caniculaires ( 36°C ...hmmm), qui plus est en période de grandes révisions d'examens, m'oblige à faire une courte énigme... J'espère qu'elle sera à la hauteur de votre force. A vous !


beau

"Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville." Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.
"- Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré; ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies. "

Posté par Soded à 14:28 - Commentaires [78] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2009

Jan Karski et la conscience du monde

Karski

La première fois que j'ai vu Jan Karski, j'ai pleuré. Tout comme celle où j'ai vu Simon Srebnik. Tous deux témoignent dans "Shoah" de Lanzmann. Karski donc.

Il apparaît à l'écran. "Shoah" dure déjà depuis 6 heures. L'entretien date de 1979. Il est assis derrière son bureau. Dos droit. L'homme est mince, presque maigre. Le corps paraît tendu, l'allure aristocrate. Un instant,  court instant, ses yeux nous font face avant que le regard ne se fixe en bas. Jan Karski ne regarde plus ce qu'il voit. Jan Karski ne voit pas ce qu'il regarde. Quelques petits pincements nerveux des lèvres. Il a du mal à respirer, à trouver l'air. Il souffle. Rauque. Enfin, il parle : "Now... Now... I go back...". Un mouvement sans trop d'ampleur de la main droite. Il poursuit" thirty five years...". Et puis... Et puis, ça ne va pas. La tête refuse. Le pouce et l'index se joignent.  La main droite se lève plus haut maintenant. Bat. A gauche. A droite. Sèche. Rapide. Elle signifie non. "No, i don't go... back... You know... Oh my God..." Il ne peut plus parler, pas même expliquer pourquoi. Il craque. Pleure. Amorce une suite de mouvements incontrôlés. Allers-retours indécis sur sa chaise. Le brisé transperce. Ses membres ne parviennent plus à rester groupés. Tout le corps regimbe. "I can't". Sa main gauche cherche à cacher sa bouche. Ne termine pas le geste. Retombe. Remonte. Il se lève. Empêtré. Courbé. Presque plié. Et quitte son bureau, sort du cadre de la caméra...

karski1

Karski revient ensuite à l'écran. Il commence à parler de nouveau. "I'm ready". La scène est filmée à partir du couloir désormais.

Qui est Jan Karski? Pour moi, un messager "éternel". Revenons un peu en arrière.

1939 : Officier dans l'armée polonaise, il est fait prisonnier, échappe de peu à Katyn par l'intermédiaire d'un subterfuge et rejoint la résistance polonaise. Sa connaissance des langues le fait messager, d'abord celui de la Pologne qui se bat encore avec Londres. Il est pris par la gestapo, subit la torture, manque là aussi d'y passer mais réussit à s'en sortir. La structure blog permet difficilement de revenir sur tout ce qu'a vécu Jan Karski durant ces deux années là. Et pourtant... Je vous renvoie donc pour cela à son livre "Story of a Secret State", paru dès novembre 1944 aux Etats-Unis et traduit en français sous le titre "Mon témoignage devant le monde".

1942 : Il est encore membre actif de la résistance quand deux leaders Juifs le contactent. Le responsable du Bund et un responsable sioniste. Ils font de lui un messager vers les gouvernements alliés, vers les instances polonaises qui résistent et vers les responsables juifs du monde entier. Suivront deux visites cauchemardesques du ghetto de Varsovie. Voilà ce qu'il se met à nous décrire face à la caméra de Lanzmann.

Karski2En rassemblé, le premier message est le suivant : " On ne peut permettre à Hitler de poursuivre l'extermination. Chaque jour compte. Les Alliés n'ont pas le droit de considérer cette guerre du seul point de vue de la stratégie militaire. Ils vont gagner la guerre en agissant ainsi. Mais pour nous, à quoi bon la victoire? Nous ne survivrons pas à cette guerre! Les gouvernements alliés ne peuvent s'en tenir là. Nous avons contribué à l'Humanité, donné des savants au long des siècles. Nous sommes à la source de grandes religions. Nous sommes humains. Comprenez-vous? Comprenez-vous? C'est sans exemple dans l'Histoire ce qui arrive à notre peuple. Peut-être ébranlera-t-on la conscience du monde?.

Bien sûr, nous n'avons pas de pays. Pas de gouvernement. Aucune voix dans le concert des nations. C'est pourquoi nous recourons à des gens comme vous. Allez-vous le faire? Remplirez-vous votre mission?

Approchez les chefs alliés. Nous voulons une déclaration officielle des nations alliées, stipulant qu'au-delà de leur stratégie militaire qui vise à assurer la victoire, l'extermination des Juifs forme un chapitre à part. Que les nations alliées, sans détours, annoncent que ce problème est le leur, qu'elles l'intègrent à leur stratégie globale dans cette guerre. Pas seulement vaincre l'Allemagne, mais aussi sauver ce qui reste du peuple juif. Cette déclaration publiée, les Alliées ont une aviation, ils bombardent l'Allemagne, pourquoi ne lanceraient-ils pas des millions de tracts qui apprennent aux Allemands ce que leur gouvernement fait exactement aux juifs. Peut-être ne le savent-ils pas! Et alors, qu'ils proclament encore une fois, officiellement, que si la nation allemande ne montre pas qu'elle tente de changer la politique de son gouvernement, elle sera tenue responsable des crimes commis. En l'absence de tels signes, les Alliés avertiront que certains objectifs en Allemagne seront bombardés, détruits, en représailles des crimes perpétrés contre les Juifs. Que ces bombardements n'ont rien à voir avec la stratégie militaire mais concernent le seul problème juif. Qu'on fasse savoir aux Allemands, avant et après ces bombardements, qu'ils ont eu lieu et auront lieu, parce que les Juifs sont exterminés en Pologne. Cela aidera peut-être. Ils peuvent le faire. Oui ils le peuvent!"

ghetto_Varsovie

Karski enchaîne ensuite sur le second message. Il concerne la volonté des Juifs du ghetto de se battre. Par  crainte de rendre ce billet trop long, je ne le recopie pas ici. Si quelqu'un veut le connaître, qu'il me le fasse savoir, je prendrais alors le temps nécessaire pour le passer de l'oral de la vidéo à l'écrit. Suit ensuite la narration des deux visites du ghetto qui, elles-aussi, mériteraient ô combien d'être retranscrites, ce que je ne fais pas pour la même raison que celle ci-dessus mentionnée.

Au fur et à mesure que Jan Karski nous délivre ces messages qui, malgré tous ses efforts (il a rencontré beaucoup de monde y compris Roosevelt), n'auront pas été entendus en temps et heure, on s'aperçoit que, messager, Karski, trente-sept ans après, l'est encore. Sa voix a l'intensité des premières fois, celles où son message devait convaincre. Son corps semble habité par les voix qu'il a originellement entendues...

Plusieurs fois durant l'entretien, notamment lors des descriptions de ce qu'il a vu dans ses visites du ghetto, Karski insiste pour dire que, même en mémoire, même quand il raconte, il ne peut pas vraiment y retourner, qu'il n'y retourne toujours pas. On comprend alors qu'au-delà , ou à côté, de l'insupportable de ce qu'il a vécu, ce à quoi Karski ne peut non plus faire face, c'est qu'une partie non atteignable, et fondamentale, de ce qu'il est en 1979 est "restée" dans ces jours et ces lieux-là. Que le coeur de l'homme y est encore. Que ce qui ,en lui, en 1979, est plus que lui l'attend et le regarde de là-bas. Qu'il est, chaque jour depuis ce jour et à jamais, un messager de ce qui n'a pas été entendu. Plus encore. Qu'après l'échec du messager, qu'après la disparition  des émetteurs, qu'après la mort de ceux qu'il voulait sauver, il est lui-même devenu le message...

Ecrire un texte sur Karski ne saurait avoir besoin d'une justification supplémentaire. Pourtant, je voudrais terminer en rebondissant sur un point du premier message. Les deux responsables Juifs puis Karski ont fait appel à la conscience du monde dans l'espérance de l'ébranler. Ils n'ont pas été entendus. Pourquoi? Parce que la conscience du monde n'existe pas et qu'elle n'a jamais existé. C'est même le point de départ des premiers penseurs du capitalisme et là-dessus, ils ne se trompent pas. L'inconscient du monde, on sait comment l'exploiter à des fins financières, on a d'ailleurs commencé "scientifiquement" à le faire depuis bientôt un siècle. Le processus historique de la baisse de l'économie du désir rend les méthodes de plus en plus hardcore. Les travaux de Freud, de Wilfried Trotter et de Gustave Le Bon n'ont pas intéressé que les universitaires. Edward Bernays en a su quelque chose. Goebbels aussi...Quant aux services marketing actuels, n'en parlons même pas...

En ces temps de catastrophe annoncée, comment faire pour s'adresser à la conscience du monde? Et si, puisqu'il est toujours illusoire de s'adresser directement à ce qui n'existe pas, il s'agissait de prendre soin de l'inconscient et d'en finir avec l'exploitation incontrôlable et dangereuses des pulsions? Vaste programme... qui devrait d'abord être politique, et aussi... être... de gauche...

P.S. 1 : Rendre à César... Yannick Haenel consacrera, à la rentrée littéraire, un roman intitulé "Jan Karski" dans la collection "L'infini" de Gallimard. Je lui dois en partie l'idée de ce billet.

P.S. 2 : Dans ses mémoires, "Le lièvre de Patagonie", Lanzmann aborde ses entretiens avec Karski. On y apprend que Karski a monnayé l'exclusivité de son témoignage filmé. Ceci n'enlève rien, pour moi, à cela. Je le signale juste au cas où... De plus, Lanzmann lui réitère son admiration et montre la "fidélité" de Karski à la parole donnée malgré de nombreuses et juteuses sollicitations.

Posté par Harmonia 27 à 21:11 - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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