04 juillet 2009
L'ENIGME DU SAMEDI SOIR
Aah ! ce soir Annibal nous a fait la grâce de nous concocter la première partie de l'énigme... Promis, juré craché j'ignore de qui il s'agit....Pour la deuxième en revanche ...
A vous !
Il est fils du moderniste,
Petit-fils de l’idéaliste,
Neveu de l’impassible,
Arrière-neveu du parnassien,
Un peu bâtard du réaliste,
Et cousin au douzième degré de l’ancien romantique.
Le décadent s’est ainsi appelé lui-même pour indiquer à quel niveau il a mené la poésie.
Ne pouvant s’élever, il s’est résigné à demeurer par terre ; il y est bien, il s’en vante, et voilà pourquoi il est « le décadent ».
Le décadent est un jeune homme, très pâle, maigre, estimé dans certaines brasseries littéraires.
Il n’a aucune personnalité, aucune originalité ; mais il appartient à une école spéciale, où l’on est convenu d’adopter certains mots et d’user de certaines tournures.
Il prétend procéder de Schopenhauer et de Joseph Delorme avec une pointe de darwinisme. Il a adopté ces noms, parce qu’ils sont baroques et peu compris des bourgeois. Au fond, le décadent ignore lui-même Schopenhauer et n’a jamais étudié Darwin.
Le décadent procède également du bock et de l’absinthe verte.
Le décadent imite de loin la manière de Baudelaire. Il a des désespérances, des dégoûts et des rancoeurs.
Son nez est plein de relents,
Ses oreilles remplies de sonnailles d’or,
Son cœur a des héroïsmes amers.
Le décadent n’a pas d’idées. Il n’en veut pas. Il aime mieux les mots ; et quand le mot ne lui vient pas, il l’invente.
C’est au lecteur à comprendre et à mettre des idées sous les mots. Le lecteur s’y refuse généralement. De là, mépris du décadent pour le lecteur.
Le décadent croit faire neuf."
(j'avoue cher Annibal avoir choisi l'illustration à votre endroit...enjoy !)
Enigme 2
"Je remontai la chaussée de l'étang; je vis les roseaux de mes hirondelles, le ruisseau du moulin et la prairie ; je jetai un regard sur le château. Alors, comme Adam après son péché, je m'avançai sur la terre inconnue : le monde était tout devant moi : and the world was all before him.
Depuis cette époque, je n'ai revu XXX que trois fois :après la mort de mon père, nous nous y retrouvâmes en deuil, pour partager notre héritage et nous dire adieu. Une autre fois j'accompagnai ma mère : elle s'occupait de l'ameublement du château ; elle attendait mon frère qui devait ramener ma belle-soeur en Bretagne. Mon frère ne vint point ; il eût bientôt avec sa jeune épouse, de la main du bourreau, un autre chevet que l'oreiller préparé par les mains de ma mère. Enfin, je traversai une troisième fois XXX, en allant m'embarquer pour l'Amérique. Le château était abandonné, je fus obligé de descendre chez le régisseur. Lorsque, en errant dans le grand Mail, j'aperçus du fond d'une vallée obscure le perron désert, la porte et les fenêtres fermées, je me trouvai mal. Je regagnai avec peine le village ; j'envoyai chercher mes chevaux et je partis au milieu de la nuit."
Commentaires
So sorry Annibal
Désolée, mais je n'arrive pas à faire couler le texte le long de l'image... quelque chose dérange l'ordre...
Chateaubriand
Pour le deuxième texte, je remplacerais bien les XXX par Combourg : ça ressemble aux "Mémoires d'outre-tombe".
Le "Patrocle" de David pour le premier tableau.
Tombeau
Pas de doute...Bien Chateaubriand pour le second extrait... Tout colle...
Pour l'énigme 1, on pourrait penser à Mallarmé, mais la référence au Parnasse est peut-être le piège...
BEARNAISE
Le second tableau Caillebotte. Ça se défend par le traitement de la ville et la lumière....
le premier???
Le second texte, eh oui,c'est un extrait de François-René Béarnaise....
à quelle sauce....
Ah ! oui pour Caillebotte ! A noter qu'il est très rare (jusqu'au XX) de peindre des figures de dos et que celle)ci est particulièrement parlante et forte...
Bravo Esther H. qui se venge en trouvant le nom du peintre : David effectivement ce peintre froid et talentueux et son Patrocle...
Enfin il s'agit vous l'avez tous trouvé tant c'était simple, des "Mémoires d'Outre-tombe" du sieur René...
Mais c'est une autre béarnaise que le texte de Annibal n'est-ce pas ?
Une île? de pingouins?
2nde hypothèse pour l'énigme 1 dont l'auteur doit avoir vécu un peu plus longtemps que Mallarmé : Anatole france?
Péguy?
NICHT????
Nietzsche????
Allons-y gaiement
Oscar Wilde?
Sophie l'iconographe
Parfait Sophie, pour l'illustration 1, qui colle moins au texte qu'au propositeur (myself). Quant aux autres, vous êtes dans le froid. Juste un indice, c'est un auteur français du 19e siècle... Qu'en dit notre chère Honorine, de chez Paul Edel ?
BOUGRE!!!!
Léon Bloy??? Non j'avais pensé à Fredo parce que je crois me souvenir qu'il avait écrit quelque chose sur les décadents et Baudelaire....
J'ai trouvé... en cherchant sur le net. Donc je me tais.
Mais j'ai vu une belle tortue.
Tout contre
Well..je n'osais pas le dire car nous en avons bcp parlé cette semaine et me disais que voilà cela paraissait gros pour ce soir... mais je tente qd même, puisque nous sommes froids, Sainte-Beuve?
GUY
Contes et Nouvelles de Maupassant???
CHOUX
Chuis dans les choux....avec Guy, non???
héhé....
Ca Màc ce n'est pas Guy.... ou Drut à la rigueur... mais pas le Maupassant...
ah ! je sais ! grâce à la tortue de Esther H....
bon pour une fois je m'avance : le Joris ?
SOPHIE , TU AS GAGNE? SANS AUCUN DOUTE
Huysmans...évidemment. TU as raison, je crois...
j'ai rien compris à l'histoire de la tortue !
Mais ce n'est pas Huysmans, Sophie.
je t'explique ...
RGARGGHH ! pas Huysmans ? Zut !
La tortue, Annibal, car dans le sublime récit de "A rebours" JKH s'achète une somptueuse tortue géante pour parer son salon. Il lui recouvre la carapace de feuilles d'or et de pierres précieuses ... Nous sommes en plein symbolisme...
Bon, reprenons... une tortue... XIX s.... décadence et Baudelaire...
bof.. Mallarmé ?
ça
tout le monde le sait Sophie, la tortue chez Huysmans. Mais avec mon auteur, le rapport ?
un
J'ignore Annibal, j'ignore le rapport.. grrrr...
bon, un indice de plus ?
INDICE
C'était un journaliste, fils d'un patron de journaux. Il a écrit des oeuvres dont une seule est encore un peu connue. J'ai pas dit que c'était facile, Sophie ! J'ai même parlé dans le mail que je vous ai adressé, que j'allais vous donner du fil à retordre. Allons, cherchez un peu, que diable !
c'est rudement difficile Annibal, je sais bien que ce n'est pas Prosper Mérimée, ses parents étaient peintres, mais ma foi, il est né à Cannes et plus grand monde ne parle de ses oeuvres.
mes excuses à Prosper né à Paris mort à Cannes.
cannes à pèche
merci pour Prosper la truite... en attendant Annibal je cale... bon je vais dire n'importe quoi pour faire avancer le mystère ....
Zola ?
Daudet ?
en attendant la solution
je dois dire que mon grand-père maternel s'appelait Prosper, truite étourdie. Proper Dalmas, de la rue de la Tour à Lucéram. Et sa femme, une lointaine cousine, répondait au joli nom de Joséphine Paul. Du côté paternel, le grand-père était Erminio Barozzi, venu à Cannes depuis Modène, avec son épouse, Julia Bertachini, et leur premier enfant, prénommé... Annibal. Le seul de leurs enfants à être né en Italie. Mais tout cela n'a rien à voir avec l'énigme...
misère
Bon et bien je vais faire comme les autres, me taire et laisser quelqu'un d'autre s'enfoncer misérablement dans les vases putrides de l'ignorance crasse...
pffff.... pffff....
Dois-je
Donner la solution, Sophie, ou bien meubler avec mes histoires de famille ?!
EXPLICATION DU TEXTE 1
Cet extrait des « Physiologies parisiennes » a été publié en 1866, sous la signature de LA BRUYERE. Sous ce pseudo, l’auteur évoque les caractères propres aux habitants de la capitale, à travers leurs métiers : académicien, député, acteur du Français, portier ou petit télégraphiste…, mais aussi selon leurs divertissements ou leurs vices : la morphinomane, le joueur de cercle, ou encore le monsieur qui écoute du Wagner ou le voyageur de la ligne de Sceaux. C’est savoureux, instructif et rigolo. Ça se lit avec légèreté et on imagine facilement les analogies avec le bobo à vélib’ d’aujourd’hui, arrière-petit-fils de ces bourgeois en fiacres évoqués dans ces physiologies. En réalité, l’auteur de ce livre, jamais réédité, était Albert Millaud, journaliste, écrivain et auteur dramatique, né et mort à Paris (1844-1892). Il était le fils de Moïse Millaud, fondateur du « Petit Journal » De sa multiple production, émerge encore « Mam’Zelle Nitouche », écrit en collaboration avec Henri Meilhac, sur une musique d’un certain Hervé. L’exemplaire que j’ai entre les mains, sans couverture, les feuilles détachées, et non daté, est illustré de 120 dessins de CARAN D’ACHE. Il est de l’époque et m’a été prêté par un de mes amis, bibliophile, de surcroît, Inspecteur général des bibliothèques de France et de Navarre. Ce livre délicieux, je vais sans doute le proposer aux éditions Parigramme, auxquelles j’ai suggéré de créer une collection de poches, sélectionnés parmi les milliers de livres sur Paris dont les droits sont tombés dans le domaine public.
Millaud," Pour le théatre Floridor
Oui Annibal, je crois avoir mis une chanson d'Albert Millaud sur ce site il y a quelques mois. Et j'aime bien Mamzelle Nitouche, qui doit au moins autant à Millaud qu'à Fernandel dans leseul enregistrementqui en existe. S'y ajoute, bien sur, la folie relative de la musique de Florimond Hervé, qui connut la meme situation que le Floridor du livret, étant à la fois organiste de couvent pour jeunes filles et compositeur d'opérette. Ainsi Millaud ouvre t'il le premier acte en montrant l'Organiste Célestin, tandisque la musique joue l'harmonium, cequi n'empéche pas les pensées d'etre fort profanes....
" Pour le théatre Floridor,
Et pour le Couvent Célestin,
Aimable et Gai, c'est Floridor,
Grave et dévot c'est Célestin..
Toute fois l'heureux Floridor
Diffère un peu de Céles tin,
Il a des femmes, Floridor!
C'est cequi manque à Célestin
Maios des Amours de Floridor,
On voit profiter Célestin.
Quand Corinne aima Floridor,
Qui fut heureux? C'est Célestin§
Car Célestin, c'est Floridor,
Et Floridor c'est Célestin!
Quand on vous dit que c'est simple!
Bien à vous.
M.C
Plantage en beauté
Après mes recherches sur internet, j’étais sûre qu’il s’agissait de Willy, le mari de Colette.
J’ai trouvé un texte extrait de « l'Année Fantaisiste, 1893 » : Le Décadent vue de face, le Décadent vue de pile. Et les indices d'Annibal allaient tous dans ce sens.
Voici le lien et la tortue :
http://tomblands-fr.blogspot.com/2009/04/le-decadent-vu-de-face-par-willy.html
Au secours Brigitte !!!
Magnifique
"Ce livre délicieux, je vais sans doute le proposer aux éditions Parigramme, auxquelles j’ai suggéré de créer une collection de poches, sélectionnés parmi les milliers de livres sur Paris dont les droits sont tombés dans le domaine public."
SUPERBE IDEE ANNIBAL!
TORCHON
Caran d'Ache...Emmanuel Poiré, en fait. Popoff d'origine française.Caran d'Ache vient de kara tash en turc, pierre noire, devenue karandash en russe.
Le type, puant. Antidreyfusard fanatique. Il fonda même une revue avec je ne sais plus trop qui , "Pssst" que ce torchon s'appenlait, uniquement pour cracher contre Dreyfus...un bien vilain coco...
B.D.
Et oui, MàC. Mais on le donne aussi pour l'inventeur de la bande dessinée. L'époque était très paradoxale, car André Millaud, fils de Moïse, qui l'avait choisi comme illustrateur, devait être Juif ? Mais c'était bien avant l'affaire D. Et André Millaud était bien jeune (22 ans) quand il a écrit ces "Physiologies parisiennes" !
Merci, Lili. Mais je ne dois pas me planter si je veux pouvoir poursuivre cette collection chez Parigramme. Il faut que je trouve des inédits qui trouveront preneurs ! Je lis, je lis... C'est fou ce qu'on publiait comme livres sur Paris au 19e siècle. Les provinciaux et les étrangers en raffolaient alors. Aujourd'hui, ce genre a bien baissé. Signe de déclin de Paris, capitale mondiale et de l'Europe ?
Zieux ambulants
Annibal,
où et quand vous animez vos "rando urbaines" en clair on fait comment pour venir ?
(je viendrai incognito avec des lunettes noires et un foulard pour ne pas me faire remarquer)
(j'ai une prédilection pour le quartier de la Nouvelle Athènes)
ILS EN ONT PARLÉ
je sais bien Annibal, et de toutes façons, être antidreyfusard dansles années 1890 était malheureusement d'une effarante banalité. Caran d'Ache est le fameux auteur de ce dessin en deux images: un repas de famille bourgeoise. Première image, le patriarche: "Surtout ne parlons pas de l'Affaire Dreyfus!".
Deuxième image: pugilat général. Avec cette remarque "Ils en ont parlé!".
Excellent, en effet. D'ailleurs avec les élèves, ça marche, ce qui est ,en soi , un baromètre. Mais Caran d'Ache fut souvent moins inspiré.
Al orient
Les dernières ballades du genre,je les fis à Lorient. Absolument passionnant : l'histoire de la ville dont le nom et le destin sont directement reliés à la Compagnie des Indes orientales, les quartiers des années 30 dont les maisons étaient proposés sur catalogue par des maîtres italiens, les bombardements alliés, les partis pris de la reconstruction, mais j'avoue ne pas avoir partagé l'enthousiasme de la préposée municipale pour la nouvelle version de l'Eglise nd de victoire appelée communément par les Lorientais "st louis."
http://www.lorient.fr/fileadmin/ville-de-lorient/3-culture/aml/saint_louis__centre_historique_02.pdf
http://www.lorient.fr/fileadmin/ville-de-lorient/3-culture/patrimoine/Saint-Louis.pdf
Карандаш !
Florimond, Célestin... c'est plus charmant qu'Albert comme prénom, mais je ne sais pas si nos ados tendance gothique apprécieraient de les porter. Il ne manquait pas d'humour ni d'ambition, le sieur Albert, à prendre pour pseudos du Lafontaine, du Baron Grimm, du Saint-Simon. Vue de quelques dessins et d'une couverture ici :
http://www.loiseaulire.com/19eme/Millaud.html
mettez un chapeau buse Annibal pendant que vous suez sur les archives, je n'ai pas mis Prosper par hasard : http://www.merimee.culture.fr/ Devrait vous porter chance dans vos recherches.
75019 pour annibal ....
@ annibal : à propos de textes sur Paris au XIXème, connaissez-vous Neruda, l'écrivain tchèque ? le Chilien Pablo Neruda en a fait son nom de plume. Je l'ai découvert à propos du mime Deburau-Dvorak, tchèque lui aussi (il y a des références sur mon site)
JO CHAPEAU
Et JO a raison. En effe Naftali Basoalto prit le nom de Jan Neruda écrivaint tchèque très prolixe, contemporain ,je crois de Zola.
Piéton pas randonneur
Lili, je ne fais pas de rando urbaines. J'ai assuré quelques ballades en groupe dernièrement pour la promotion de mon dernier livre, à la demande de mon éditeur. La dernière a eu lieu vendredi, où j'ai promené les membres d'un club d'actionnaires de BNP Paribas à travers les rues de Levallois-Perret. Ensuite, il y eu un pot dans une brasserie près de la mairie et séance de signatures, la banque offrant un exemplaire de mon livre aux distingués petits porteurs présents : une trentaine de fringants retraités possesseurs d'au minimum 200 titres ! Ouf, la promo, c'est fini. Et je peux reprendre mes promenades solitaires dans Paris pour mon prochain livre. Je vais aller pour cela me balader bientôt dans le quartier de la Nouvelle Athènes, afin d'y photographier les fontaines. Mais il y en a peu, telle celle de la cité de Trevise, par exemple. Si vous croisez un touriste en bermuda et birkenstocks aux pieds, muni d'un appareil photo, ne le dites pas à MàC, c'est moi !
Merci pour les références sur ce Neruda, que je ne connaissais pas, JO. J'irai voir. Mais pour l'instant j'ai encore pleins de livres à lire, que m'a prêté mon copain bibliophile, l'Inspecteur général. je lis en ce moment un délicieux autre livre, qui pourrait faire l'objet d'une prochaine énigme. Un peu plus facile ?
Morasse, Annibal et tout ça
Dommage que Morasse soit absent, il aurait sûrement pu parler là-dessus ...
En tout cas merci Annibal pour votre énigme pure et dure; ... et Mamzelle Nitouche est célèbre non ? en tout cas je connais bien, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs...
Sacrée Sophie !
Vous êtes une drôle de gourgandine ! Je vous prépare l'énigme de la semaine prochaine. Une énigme au carré. Il faudra trouver le titre et l'auteur du livre, mais aussi la personnalité dont il sera question dans l'extrait choisi.
Gourgandine toi-même !
J'ai hâte de votre énigme Annibal.... d'ailleurs comme c'est les vacances on pourrait imaginer rajouter des jeux demain de mots pour le plaisir général !
Qu'en pensez-vous cher gourgandin ? (je cherche un lapsus là-dessus mais.... il faudrait les lumières de Màc... parce que je patauge autour du gourdin....grand gourdin... lourd gandin....)
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