21 juillet 2009
HISTOIRE EN VACANCES 2 - LE 9 THERMIDOR(28 JUILLET 1794)
UNE HISTOIRE DE HOMARD....
Nous sommes en Juillet 1794. En Messidor an II, si vous préférez et si l'on suit la proposition de loi du citoyen Fabre d'Eglantine à la Convention le 21 Septembre 1792, de changer non seulement le nom des mois, mais beaucoup plus retors, la structure desdits mois. Comme la Révolution est une révolution bourgeoise, capitaliste dans son essence, et entrepreneuriale, les députés de la Convention, propriétaires, fermiers généraux enrichis par le fameux Mur érigé autour de Paris de 1781 à 1784 sur ordre du roi par Ledoux et qui fait tant jaser "le mur murant Paris rend Paris murmurant", industriels aussi, accapareurs , spéculateurs en tout genre, bref, ce qu'on nomme très improprement le Tiers-Etat a confisqué la Révolution. Et le calendrier doit nous mettre la puce à l'oreille. Passons sur le ridicule des noms de mois, mais au lieu de 4 semaines , et par conséquent 4 dimanches de repos, on a créé des décades, avec seulement 3 jours de repos...ça ne vous rappelle rien...un président qui s'attaque au dimanche????
Commencée on le sait en Mai 1789, avec des prémisses en 1788 (la Journée des Tuiles de Vizille) 
La Révolution a bien changé en cet été 1794. Elle a d'abord dû affronter la trahison du roi, son double jeu, celui de Marie-Antoinette , de la Cour...Le divorce entre la Nation et le Roi a accéléré l'atmosphère de guerre civile, de montée du totalitarisme montagnard. La guerre ensuite, qui malgré la victoire de Valmy, n'en finit pas de finir. Les Anglais attisent avec l'aide de Rome une opposition de plus en plus violente, fomentant des troubles en Bretagne, Vendée (voir Hugo" 93") , Périgord, Drôme, etc etc...La Convention elle-même se coupe du peuple par la levée en masse de 300000 hommes décidée en 1793. Bref, la Révolution devient une sorte de figure dantesque, hagarde, échevelées, cernée, cruelle. Les troupes révolutionnaires,on le sait avec Fouché et Carrier, Thureau, massacrent à grande échelle. Car on est cruel quand on a peur. Qu'on soit homme ou révolution.
Pris de panique, Robespierre, (ci-dessous)
pétri de Rousseau, grand défenseur de la "vertu" convaincu que l'Homme est amendable, domine le Comité de Salut Public.
Il y a , en compagnie de son âme damnée, le terrible et beau ténébreux Saint-Just,
député de l'Aisne, sorte de Chef chouan républicain, établi une dictature.
"A temps exceptionnels, mesures exceptionnelles". En 1793, après l'exécution du roi et la Guerre civile, la Constitution de la République a été suspendue pour laisser place à la TERREUR, défendue par les Montagnards,toutes tendances confondues. De Hébert et Babeuf à Danton et Desmoulins. Des radicaux aux modérés. Les Girondins, Brissot en tête (si l'on ose dire, vu son sort!) , ont payé leur opposition à la Terreur par leur arrestation collective et leur exécution en Juin 1793.
En 1794, les choses s'aggravent. Robespierre, de Janvier à Juin infléchit résolument le cours de la Révolution vers une dictature que n'eussent pas renié les tyrans modernes. Mais avait-il d'autre choix??? Les émigrés, avec le Comte de Provence, le futur Louis XVIII en tête, frère du roi, et le Comte d'Artois, l'autre frère qui sera le roi-crétin Charles X, ne cessent de fomenter le retour de la monarchie absolue. Le peuple retrouve les vieilles famines et disettes. Il regimbe. Robespierre se coupe peu à peu de la Convention. Il commence par éliminer les hébertistes, le 29 mars 1794 puis, une semaine plus tard, les modérés, Danton en tête. Le voici, croqué par David, dans la charette de l'exécution, le 5 Avril 1794....
L'émotion est alors immense, la colère sourde. Cette fois les propriétaires conservateurs de la Convention, craignent pour eux-mêmes. D'autant que le Printemps 1794 confine au délire: malgré l'éclatante victoire de de Fleurus, la Terreur s'intensifie. C'est la Grande Terreur. En deux mois, on guillotine plus de 1300 personnes à Paris. la plupart du temps sans raison. Robespierre devient le Grand Prêtre d'une nouvelle religion ,sorte de synthèse bancale entre le christianisme et un rousseauisme mal digéré: le Culte de l'Etre Suprème.
Au Comité de Salut Public, on s'alarme. Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Pocholle, Tallien, les futurs personnages de la réaction "thermidorienne" sentent que l'heure est venue. Le 8 Thermidor, pour la première fois, Robespierre est désavoué au Comité qui lance un mandat d'arrêt à l'encontre de celui qu'on nommme à présent "le dictateur". Le lendemain, il est mis en état d'arrestation par la Convention. Il fait 35°. Robespierre perd les pédales, ne peut plus parler. On l'assaille. Saint-Just ne bouge pas. Impassible. Déjà virtuellement mort. Seul le paralytique Couthon défend l'Incorruptible. Lequel parvient in extrémis à fuir se réfugier à l'Hôtel de Ville où Hanriot le boucher commandant la garde nationale qui fit souvent tirer sur la foule, est prêt à défendre les Robespierristes. Mais ses hommmes, payés grassement par Tallien et Barras, a-t-on dit se retournent contre les assiégés. Ceux -ci sont arrêtés. Robespierre a la mâchoire fracturée par un coup de pistolet tiré par un gendarme le fameux Méda et pas Merda, comme on le croit....
LE 9 THERMIDOR
Deux scènes de Thermidor à l'Hôtel de Ville de Paris, le 9 (en haut) et le 10 (en bas)
177 partisans de Robespierre sont arrêtés et guillotinés, le matin du 10 Thermidor (28 juillet 1794) dans l'allégresse générale....dont le sinistre Hanriot et aussi Carrier et Thureau les massacreurs de l'Ouest. Fouquier-Tinville le procureur du Tribunal Révolutionnaire suivra quelques semaines plus tard. Et Bonaparte , intime du frère de Robespierre, Augustin, guillotiné lui aussi, ne dut son salut à l'amitié de Barras lui-même Le soir même, au Restaurant du Palais-Royal, les Frères Provençaux, un cuisinier facétieux, si l'on ose dire, décide de célébrer l'événement. Un homard apprété dans une sauce à base de tomate. Et comme, cuit, le homard rougit....toujours le bon goût français!!!!!
Une page est tournée, la bourgeoisie a pris les rênes du pouvoir :elle ne les lâchera plus jamais. Thermidor est l'intrusion brutale dans la société capitaliste.
PROCES FOFANA SUITE: UNE REFLEXION DE LAZARILLO
Retour sur le procès Fofana
Drapés dans la neutralité qui est leur marque de fabrique, tous les juristes, ou presque, nous disent que les associations juives (ils n’osent pas s’en prendre à la famille d’Ilan Halimi) ont sauté à pieds joints sur le piège qui leur était tendu et ajoutent que la Justice n’a rien à gagner dans un appel qui mettra forcément sous pression les jurés populaires de la nouvelle Cour d’Assises.
Tout se passe dans cette affaire comme si la Justice avait été jusqu'à ce jour rendue, en toutes circonstances, en tous lieux et pour tous les justiciables sans considération de classe et d’origine ethnique, de manière sereine et équitable. A la lecture des commentaires et des éditoriaux, ce sont les Juifs à travers leurs associations (leurs lobbies !) qui ont fait exploser l’agencement magnifique d’une institution parfaite en tous points. Avant l’affaire Fofana, et surtout avant la scandaleuse intervention des Juifs, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes judiciaires possibles, tout baignait, cela sautait aux yeux.
On a aussi entendu qu’avec cet appel « stupide » on mettait le doigt dans un engrenage infernal, comme si personne auparavant n’avait jamais tenté d’influer sur le cours des choses et que la Justice ne s’était jamais laissé influencer. Etant entendu que les magistrats sont sourds aux pressions, qu’ils n’acceptent jamais de prendre le téléphone lorsqu’une personnalité leur passe un coup de fil désintéressé, et qu’eux-mêmes n’ont d’opinion arrêtée sur rien. D’ailleurs, on se demande bien pourquoi, si les professionnels de la justice sont si parfaits et purs, a-t-on besoin d’un avocat ? Pourquoi ne supprime-t-on pas cette profession parasitaire ? En effet, la Justice étant parfaite et les magistrats froids et justes, la simple exposition des faits par un fonctionnaire ou un huissier devant la cour devrait suffire à obtenir un verdict exemplaire que personne ne saurait contester.
Si les avocats existent c’est non seulement pour étudier le dossier mais aussi pour faire pression sur le jury, qu’il soit professionnel ou populaire, c’est même pour cette raison que les « baveux » s’exercent à l’éloquence. Et comme tous les justiciables ne sont pas égaux devant l’argent ils n’ont pas accès aux mêmes avocats, les « meilleurs » parmi ces derniers étant généralement membres de puissants cabinets qui disposent d’une armada de collaborateurs. Au passage, on se demande qui a payé les avocats de Fofana et de ses complices (pour la famille d’Ilan Halimi la question ne se pose pas, tout le monde sait que les Juifs sont pleins aux as), tous d’excellents pénalistes pas à la portée de toutes les bourses ? Mais c’est tant mieux – je le dis sans ironie aucune – s’ils ont trouvé de généreux donateurs (associations ou individus) ainsi tout le monde était sur un pied d’égalité. Donc, à la lecture des commentaires dans cette affaire, c’est une affaire entendue, les Juifs ont inauguré, que dis-je inventé, les pressions sur la Justice.
C’est incontestable, les associations juives se sont fait piéger au point qu’elles se voient accusées de pratiquer un lobbying scandaleux (ce qui ne saurait surprendre personne, n’est-ce pas ?) et sont maintenant sommées de rendre des comptes alors qu’elles ne font que tenter de faire entendre à l’opinion que le crime de Fofana s’est inscrit dans un contexte détestable d’agressions et de manifestations antisémites sous couvert de solidarité avec le peuple palestinien. Et alors que c’est un jeune juif qui a été sauvagement assassiné parce que juif ce sont eux, les Juifs, qui se retrouvent en position d’accusés : il faut s’y faire, c’est comme ça depuis la crucifixion de l’enfant de Marie originaire de Nazareth, et c’est parti pour durer !
A ce propos, Marc Weitzmann (dont je continue à me demander ce qu’il a trouvé à Sarkozy en 2007), conclut une brillante tribune dans Le Monde que je recommande à tous, par ces mots : « Le résultat ? Une impression détestable qui semble aller dans le sens de la pire des propagandes - celle, justement, de l'assassin. Dans le piège pervers duquel les associations juives ont sauté comme avec enthousiasme. Certes, si la société française est malade, on ne voit pas au nom de quoi les Français juifs devraient se montrer plus sains d'esprit que d'autres. Mais faut-il pour autant qu'ils se dynamitent eux-mêmes ? »
Auparavant il a tout de même lui-même dynamité – et avec quel talent ! – les arguments de ceux qui affirment que la Cour d’Assises a fait preuve de sagesse et démontré que l’antisémitisme y a été minimisé quand ce n’est pas ignoré. Pour appuyer sa démonstration il renvoie au blog du propre Avocat général Philippe Bilger dans lequel celui-c
i se permet d’ironiser sur la déclaration de la mère d’Ilan Halimi selon laquelle un procès public aurait montré que la Shoah recommence. Déclaration certes hors de propos mais indissociable de l’émotion d’une mère meurtrie. Mais Philippe Bilger n’est pas homme à se laisser émouvoir ou attendrir, sa spécialité, sa profession, c’est le calme en toutes circonstances. Le titre de son billet est : « Eloge du calme ».
Pour ceux et celles qui seraient intéressés par le point de vue strictement procédural je recommande le blog de Maître Eolas, véritable magasin de porcelaine judiciaire duquel sont exclus les rustres et les cuistres comme notre ami Montaigne qui a vu ses tous ses commentaires effacés. Votre serviteur y est aussi intervenu (sous une autre appellation, ce qui lui valut une volée de bois vert de la part de quelques blogueurs mais ses commentaires n’ont pas été censurés. Je ne suis donc ni un rustre ni un cuistre, ça me rassure ! Excuse-moi Montaigne pour cette absence de solidarité…







