La République des LIBRES

"Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."J.Jaurès

31 août 2009

Cyrano de Marseille

ET oui ! j'ai appris, il y a quelques jours, qu'Edmond Rostand était marseillais...la belle affaire me direz-vous, mais cela m'a mis l'eau à la bouche et j'ai décidé de relire son "Cyrano" que j'aime tant... mais voilà que cette nouvelle bouleverse toute ma lecture... Il faut dire que depuis que j'ai vu l'extraordinaire "Cyrano" de J.P Rappeneau, avec G.Depardieu, je connais pratiquement le texte par coeur car c'est un de ces films que je me passe régulièrement pour ma plus grande satisfaction... Rappelez-vous de la délicatesse de Depardieu sous ses airs de géant, flamboyant rustaud ... cette voix, harmonieuse et douce qui nous fait comprendre toute l'ambivalence du personnage, être on ne peut plus sensible, terriblement sentimentale et brillant, sous ses dehors grossiers... Etre pudique aussi qui cache ses affres sentimentales sous un habitus tonitruant , tandis que ses lettres rachèteraient toutes les exagérations du monde aux yeux de n'importe quelle femme...Et quelle terrible destinée, puisqu'il doit aimer par la bouche d'un autre... Une fois encore un trio : Roxanne, Cyrano et Christian. Roxanne, femme exigeante et lettrée aime Christian jeune, beau mais inculte. Cyrano lui, aime depuis longtemps Roxanne, sa cousine, et va utiliser incidemment Christian pour permettre à son sentiment de s'épancher; ce dernier bien heureux de profiter de l'aubaine de cet auteur providentiel pour faire sa cour, finira cependant par être dépassé par le gigantisme des sentiments de Cyrano et dans une certaine mesure ceux de Roxanne.

rostand

- Christian : Roxanne est précieuse et sûrement je vais Désillusionner Roxanne ! - Cyrano : Si j'avais pour exprimer mon âme un pareil interprète ! - Christian : il me faudrait de l'éloquence ! - Cyrano : Je t'en prête ! Toi du charme physique et vainqueur, prête-m'en Et faisons à nous deux un héros de roman ! - Christian : Quoi ? - Cyrano : Te sentirais-tu de répéter les choses Que chaque jour je t'apprendrais ?... - Tu me proposes ? ... - Cyrano : Roxanne n'aura pas de désillusion ! Dis, veux-tu qu'à nous deux nous la séduisions ? Veux -tu sentir passer, de mon pourpoint de buffle Dans ton pourpoint brodé, l'âme que je t'insuffle !... - Christian : Mais, Cyrano ! ... - Cyrano : Christian, veux-tu ? - Christian : Tu me fais peur ! - Cyrano : Puisque tu crains, tout seul, de refroidir son coeur, Veux-tu que nous fassions - et bientôt tu l'embrases ! - Collaborer un peu tes lèvres et mes phrases ?... - Christian : Tes yeux brillent !... - Cyrano : Veux-tu ? - Christian : Quoi ! Cela te ferait Tant de plaisir ? - Cyrano : Cela ... Cela m'amuserait ! C'est une expérience à tenter un poète. Veux-tu me compléter et que je te complète ? Tu marcheras, j'irai dans l'ombre à ton côté : je serai ton esprit, tu seras ma beauté.

cyranoComment m'imaginer que ces accents puissent être marseillais ? Impossible tant ce parlé souffre de son image... Car, qu'on le veuille ou non, l'accent provençal prête toujours aux sourires...Comment prendre au sérieux un Marseillais, un Provençal qui vous parle d'amour ? On ne s'attend qu'à des galéjades de leurs bouches depuis que l'imagerie populaire (Pagnol notamment) en a fixé la caricature une bonne fois pour toute comme étalon... La Provence souffrait de sa réputation de fourberie et de méchanceté au XIX... elle souffre aujourd'hui de celle de niaise et de fainéante. On a vite fait de tailler une réputation à un groupe régional au fond... et cette pensée insidieuse et sourde qui passe dans nos consciences comme l'ombre, fait certainement bien plus de mal qu'autre chose. Mais pour ce qui est d'entendre une autre voix que celle de Depardieu quand je lis "Cyrano"... pas question ...

Marseille_2009

1 : Edmond Rostand - 2 : affiche de Rappeneau - 3 Marseille, janvier 2009.

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30 août 2009

L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, ARME ABSOLUE

AMENAGER LES TERRITOIRES? CONTRÔLER LES POPULATIONS.

 

 

Il y a 50 ans, Michel Debré,  Premier Ministre instituait un organisme de gestion ,de développement et d'aménagement du monde rural , la SAFER. (Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural")  Il y eut une SAFER dans chaque région-programme comme qu'ils disent les meussieurs, selon la bonne structure pyramidale, chère à la centralisation. Le but, à l'origine: lutter contre la désertification rurale, l'exode, la mort des terroirs, la dévitalisation de la campagne et l'archaïsme de l'agriculture dans bien des régions. Les SAFER sont d'inspiration purement gaulliste. Comme la DATAR, usine à gaz presque stalinienne....Ce curieux mélange entre étatisme, voire planification socialiste et capitalisme propriétaire. De Gaulle, comme Napoléon III était un "homme de droite qui agissait à gauche". En nationalisant Renault, les Charbonnages, EDF-GDF, la Banque de France, quatre des grandes banques de dépôt, onze compagnies d'assurances, Air France...créationde l'ORTF.....un mouvement gigantesque associé à partir de 1958 au fameux Plan quinquennal. Bref, une volonté bien marquée de contrôler le développement économique de la France.  Ajoutons à cela la création de la Sécurité Sociale, et on aura une peinture étonnante de la politique de l'après-guerre. Les SAFER, donc, sont, de 1960 à nos jours partie prenante de l'aménagement du territoire, comme on dit. Rappelons un chiffre. La France est restée majoritairement rurale jusqu'au recensement de 1931, alors que l'Angleterre et l'Allemagne, sans parler des Etats-Unis étaient depuis longtemps des sociétés majoritairement urbaines et industrielles. Cet enracinement dans la terre, qui explique pour partie le pétainisme, et qui parvint à atténuer en France les effets de la crise de 1929, ne s'était guère estompé en 1960. La France était encre un pays de petits paysans face à une oligarchie puissante de céréaliers et de minotiers (Soufflet, par exemple) dynasties d'industriels de l'agro-alimentaire, héritiers du capitalisme terrien du premier XIXème siècle, réactionnaires en diable.  La modernité vint changer la donne. Et avec une fulgurante rapidité. Sur les 3 millions d'agriculteurs recensés en 1961, il n'en subsiste "que" 400 000, tenus à bouts de bras par la PAC. Les SAFER ont eu l'effet inverse que celui attendu. Elles ont renforcé un peu plus l'exode rural- aujourd'hui la France est l'un des pays les plus urbanisés du monde- et ont accéléré la déconfiture des petits exploitants, qu'elles ont ruinés. On a assisté à une formidable concentration du foncier. Et quel intérêt à parler de tout cela???
On le devine aisément: aménager le territoire, c'est surtout, pour paraphraser Michel Foucault, "surveiller et punir". Un pouvoir, même démocratique, a une hantise: c'est qu'on lui échappe. La gendarmerie moderne,  création de la Révolution, fut , au fond, la première forme de l'aménagement et du quadrillage des territoires. On sait avec quelle efficacité. Rien ou presque, dès 1851, et la promulgation du Second Empire, n'échappait au Ministère de l'Intérieur. Or, l'évolution de la géographie française mais , je serais tenté de dire mondiale, est celle d'une "course à la ville". Les villes sont de magnifiques "zoos à pauvres" à disposition du pouvoir. Les deux cartes montrent bien la réalité de la désertification programmée du territoire. Elles illustrent "l'attractivité sociale".carte_de_l_emploiOn peut ainsi ,à moindre frais, contrôler efficacement des populations sujettes aux  rébellions. Quadriller des territoires vastes est coûteux en hommes et en moyens. Les SAFER ont donc poussé 80% des ruraux hors de la sphère campagnarde. D'où, sans aucun doute, ce chiffre, qui est le record du monde: 1 Français sur 3 est banlieusard. Et l'efficacité de cet aménagement répressif n'est pas contestable: avec 80% d'agriculteurs en moins, la France produit 14 fois plus qu'en 1960 . Prodigieuse augmentation, par la concentration foncière et l'intervention des banques, des assurances, des industriels dans la possession du foncier.
Et du coup, on vit en France, des régions devenir de véritables laboratoires de l'ultra-libéralisme autoritaire. J'avais, dans un post précédent, évoqué le cas de l'Ardèche. Ce département est véritablement pionnier en matière d'autoritarisme appliquant les exigences ultralibérales. Tous les services publics y ont été démantelés: le chemin de fer, la poste, l'école, la santé, la voirie même, puisque l'Ardèche et la Creuse sont les deux départements où la rétrocession des routes nationales au département ont été les plus radicales. On sait ce que cela veut dire.

Vue du viaduc ferroviaire de Lalevade d'Ardèche, en piteux état...

viaduc

On pourrait aussi évoquer la "pulvérisation" du paysage dans l'Ouest par les invraisemblables opérations de remembrement par destruction du bocage, qui eurent des conséquences dramatiques, non seulement sur le plan humain, mais sur le plan écologique. (Salinisation des terres, par la percée des embruns jusqu'au plus profond des campagnes bretonnes....etc). Qu'importe, il fallait encaserner toute une humanité et l'asservir aux exigences de l'agro-alimentaire. Le Crédit Agricole fut aussi une machine à tuer. En proposant aux agriculteurs des prêts léonins, dans le seul but de faire marcher la production d'engins et de machines agricoles , sans parler de la mafia des semences et des aliments pour le bétail. Au fond, le monde rural, en France n'a jamais cessé de vivre sous l'Ancien Régime. Avec des "messieurs de Paris" qui gèrent de loin des exploitations juteuses...C'est , évidemment , la rentabilité qui règne.... La PAC n'est en fait que la perfusion finale qui maintient à grand renfort de subvention, une sorte de décor, de maintien "folklorique" des "jardiniers du monde rural". Avec le recul , on s'aperçoit bien de la similitude absolue avec les réformes de l'agriculture des pays socialistes et du désastre que l'on connaît. Dans les deux systèmes, le mépris de l'homme est la règle. Les délires de Lyssenko et de Mitchourine qui firent hurler de rire les économistes et savants occidentaux ne sont rien en comparaison des dérives actuelles du système agro-alimentaire dont la catastrophe (soigneusement atténuée) de l'eutrophisation des rivages de l'Ouest à cause de l'industrie porcine est un exemple radical de ce mépris pour l'homme. algues_vertesOn est d'autant plus consterné qu'à l'instar du "communisme à visage humain" de Dubcek, balayé d'un roulement de char en 1968, on sait qu'une agriculture aussi productive et rentable est possible , avec un état d'esprit plus "démocratique".

Mais au fond, doivent se dire les mafieux de l'agro-alimentaire, pourquoi se cuire l'esprit au court-bouillon. Les "peupes" sont niais, suffit de leur donner du clinquant, des beaux emballages, un saupoudrage pseudo-écologique pour bien faire, et une poignée d'écolos réels qui font un peu comme les Indiens des réserves d'Amérique du nord, folkoriques et plumes dans le cul; avec les cars de CRS à portée de taser, au cazou.

C'est en observant l'histoire du monde rural au XXème siècle que l'on comprend mieux l'avenir totalitaire qui nous attend.

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29 août 2009

L'ENIGME DU SAMEDI (SOIR)

Ce sont deux énigmes sur un thème encore jamais abordé ici, le polar, que je vous propose aujourd'hui... Je n'en dis pas plus, de peur de laisser échapper des indices.... A vous !

Enigme 1 :

A plusieurs reprises, je filai, en cachette, durant la semaine, au Trocadéro. Le musée de la Marine est un endroit envoûtant. Il y règne un silence de cathédrale. De loin en loin, les fidèles se déplacent lentement, se recueillent devant les modèles réduits qui dorment, prêts à prendre la mer, dirait-on, mais retenus par quelque maléfice. Région des limbes. Nécropole des rêves. L'imagination se perd, parmi les mâtures, les agrès. On va, sur la pointe des pieds, d'un vaisseau à l'autre. C'est comme si on marchait, avec un éblouissement au coeur, à la rencontre de son enfance. J'étais, dès les premiers pas, sensible au sortilège. Mais je n'oubliais pas que je ne venais que pour XXX. Je le cherchais des yeux, de loin, au-delà des trois-ponts, des clippers, et des cap-horniers. Et quand je l'avais aperçu, déambulant mains au dos, l'air ennuyé, je rebroussais chemin, rassuré. Je pouvais m'accorder un moment de répit, penser tranquillement à mes propres affaires. Une fois cependant, ce fut XXX qui me surprit. Je m'étais arrêté devant la maquette d'une corvette, pour en admirer les lignes d'une grande beauté. J'entendis chuchoter près de moi.

- Monsieur X... Il faut que je vous parle...

Je me retournai. C'était lui, emprunté dans son uniforme, gauche, gêné. J'étais complètement pris au dépourvu.

-Qu'y -a-t-il ?

- Est-ce que nous pourrions nous rencontrer quelque part ?

- Ne me dites pas que vous ne vous plaisez plus ici.

- Non. Ce n'est pas cela.

- Ca peut attendre un peu ?

- Oui, bien-sûr. Mais...

- Je suis très occupé en ce moment; Ecoutez, je passerai chez vous un de ces soirs. Mais tâchez d'être là. Nous ferons le point en prenant tout notre temps, d'accord ?

Je n'attendis pas sa réponse. J'avais trop peur d'être vu ici en grande conversation avec lui. Et puisque rien ne pressait... Il y a du flou, de la brume dans mes souvenirs. Je sais simplement que je n'eus pas le courage d'aller, comme je le lui avais promis, faire le point. Et d'ailleurs le point de quoi ? Ses doléances, merci ! J'en avais plus qu'assez. J'en arrive donc à ce 25 août, date de la Libération de Paris..."

paris

Enigme 2 :

"Quand il était petit, il regardait toujours, en se réveillant, une fleur de la tapisserie qui ressemblait pour lui - et pour lui seul, sans doute - à la tête de Vercingétorix. Mais ce n'était pas seulement une tête inerte. Selon les jours, elle souriait où elle devenait menaçante et, à la fin, il avait découvert le truc. Cela ne dépendait, en effet, que de l'angle dans lequel il la regardait, et ainsi il avait pu, à son gré, voir Vercingétorix furieux ou de bonne humeur.

Et bien ! ce monde-là, c'était un peu celui dans lequel il vivait; Les gens le voyaient passer. Pour eux, c'était un homme, un homme qui rongeait un lourd secret ou un remords plus âcre encore. Or, ce n'était pas cela du tout ! La ville, telle que les autres la connaissaient, n'existait plus pour lui. Il l'avait recréée, comme la tête de Vercingétorix, en laquelle sa mère ne voyait qu'une fleur peinte comme toutes les autres fleurs peintes.

chien_noirIl avait sa géographie à lui, tout un monde qu'il était le seul à apprivoiser. Comme la rue de l'école ! il habitait en face, quand il avait six ans. Il possédait un arc et des flèches en bois léger. Il avait dessiné une cible sur le mur. En effaçant cette cible, le portier avait cassé l'angle d'une brique et le trou se voyait encore... Puisque le temps n'avait pas d'importance, au coin de cette même rue, il sautait trente années ; un jour, alors qu'ils étaient jeunes mariés, ils étaient allés voir une amie qui venait d'accoucher et ils étaient rentrés chez eux pleins d'espoir....`

Plus loin...

Mais il n'y avait pas besoin d'aller plus loin : son univers le suivait partout, avec son lancinant mystère, qui, le soir, finissait si souvent par le mettre en colère."

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27 août 2009

HISTOIRE EN VACANCES 8 - 25 AOÛT 1944, PARIS, CHARTRES

LA BELLE QUI COUCHAIT AVEC LE ROI DE PRUSSE, A QUI L'ON A TONDU LE CRÂNE RASIBUS, LE CRÂNE RASIBUS....

Il y a 65 ans, Paris était libéré.

liberation

25 Août...curieux que personne, même pas bibi n'ait allusionné à propos de la Libération de Paris , puis de l'Île-de-France. On a là un sujet sur lequel on a déjà tellement parlé, filmé , écrit, que c'est vrai qu'on se retrouve presque dans l'impossiblité cartonneuse de dire quoi que ce soit. Une chose, cependant, à Saint-Mard, jadis, en Seine-et-Marne, près de Dammartin, là où je fus prof pendant 20 ans : sur l'école style brique années 30, une plaque indiquant que "la Ville de Saint-Mard fut libérée le 28 Août". On imagine la joie indicible. Comme si, après qu'on vous a écrasé la semelle sur le dos de la main à vous faire hurler, l'étreinte, soudain, se libérait, cessait. On a quelques rares reportages des "jours d'après" ,dans un Paris de fin d'été, habituel, et au fond déjà curieusement similaire à aujourd'hui. Mais les Parisiens furent de sacrés chanceux. Je ne parle même pas de cette saloperie de Von Choltitz qui avait esperé se refaire une virginité par-devers les Alliés, qui, croyait-il oublieraient ses massacres de civils juifs en Ukraine pour ne retenir que le courageux général qui désobéit à Hitler. On passera aussi sur le retournement de costard sans doute le plus spectaculaire de l'histoire de France: celui de la poulaille, qui, le 18 Juin 1944 était encore à la solde des nazis et qui, poff !!! le 19, se mettait en grève. Ah, les vents, les vents qui tournent.
On connaît toute la geste de ces journées, filmées en couleur, par George Steven. On sait l'épisode où Leclerc sort de son command-car en boitillant et dit à ses hommes "Départ immédiat sur Paris". On connaît aussi le passage de la colonne des éclaireurs de la 2ème DB commandéss par un Capitaine Dronne ressemblant comme deux gouttes d'eau à Pierre Brasseur et passant par Arcueil, par les pavillons en meulière, les routes pavées ,les échancrures de kaolin et les terrains vagues de la banlieue d'alors, et guidé par des types en pantalons démesurément longs, des filles sur leur 31, jusqu'à la Porte d'Italie. Et puis le reste. De Gaulle qui engueule Leclerc parce que Rol-Tanguy signe aussi la capitulation Gare Montparnasse en maugréant "Quoi?? les communistes??? Qu'est-ce qu'ils foutent ici??"
Et puis ,les ignominies de vainqueurs qui se vengent sur les femmes de la peur qui les a tétanisés. A Chartres, à Tain-l'Hermitage, à Poitiers etc etc, pendant que l'armée Leclerc fonçait sur Paris, eut lieu l'une des pires saloperies de la guerre. On tondit en public de pauvres femmes dont la seule faute avait été de coucher avec des Allemands. Comme si toute la haine accumulée ressortait là. Bref, c'était il y a 65 ans, Pile poil...Bref, tout le monde connaît tout cela aussi bien que l'épopée de Jeanne d'Arc...Tondre qui?? Des femmes. On dit - les historiens, 30 000. A la fois des collabos avérées, mais extrêmement minoritaires, et surtout de pauvres putes, qui comparaient les clients allemands et les salingues harengs français.  Surtout aussi des femmes amoureuses d'un Allemand, ja ja, chenti et zerfiapel !!! de gentilles filles, de bons gars, bernés, abusés jusqu'au torlognon et qu'avaient bien raison de pendre du plaisir.
Les femmes tondues à la Libération, c'est comme les massacres de Septembre 1792 ou le lynchage collectif d'Hautefaye. Ce sont de grands épisodes de défoulement collectif. On en connaît beaucoup de semblables. Mais dans les femmes tondues de la Libération, il y a autre chose: la vengeance sur les éternelles victimes des guerres que sont les femmes, de tous ceux qu'on aurait pu suspecter de tiédeur ou d'engagement douteux dans la Résistance. De la lâcheté pure. Absolue.tondueEn surenchérissant dans la saloperie, en en remettant une couche dans la sauvagerie, comme ces femmes à Albi, sur le crâne rasé desquelles on peignit à la peinture indélébile de ravissantes croix gammées, en violant aussi, parfois, ces "Résistants" de la dernière heure furent la honte de la Libération. On sait que parmi ces "ardents patriotes" se trouvaient des ordures de miliciens reconvertis en courageux tondeurs. Alerté par ces faits, le GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française, chargea des fonctionnaires préfectoraux, voire des préfêts d'assister à ces "procès populaires" histoire de "légitimer" l'action des Résistants qui , la Libération achevée n'avaient pas la moindre intention de se dissoudre dans la nouvelle république. Ces "missi dominici" du gouvernement étaient aussi chargés de "canaliser" la violence, ce qu'ils ne parvinrent évidemment pas à faire.



A Chartres, le 25 Août 1944

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Règlement de comptes "patriotique" à Albi


Bref, parler de la Libération sans évoquer le sort terrible des femmes tondues, c'est aussi scandaleux que de parler du 8 Mai 1945 sans parler des Massacres de Sétif et de Guelma.  L'histoire n'a pas pour fonction de plaire, fût-ce, on l'a amplement vu ici, au prix de ruptures.

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26 août 2009

GEOGRAPHIE EN VACANCES 2-LES DESERTS

PRIVES DE DESERT?

 

La géo, c'est aussi des chiffres.  La Terre a une "enveloppe" de 541 000 000 de km2 . Les terres émergées n'en représentent qu' 1/3, soit environ 144 000 000 de km2 . Sur ce total, les déserts, au sens géographique du terme que je vais préciser, représentent environ 30 000 000 de km2, soit 23%du total des terres, et l'équivalent de l'Afrique. C'est dire l'importance de ce milieu. Sans compter que, dans le chiffre, on inclut l'Antarctique et le Groenland, représentant, à eux deux la MOITIE des déserts du globe.

Carte des déserts....                                                                         

location_of_deserts








....et des régions arides

sahara_desert_map

Quand on pense désert, on pense immanquablement "désert chaud", "dunes", "soleil implacable". On évoque Théodore Monod, René Caillié, Wilfred Thesiger, Isabelle Eberhard et tant d'autres. On se souvient de "Lawrence d'Arabie",  des "10 Commandements" de la "croisière jaune" ,de "Tintin" même ,dont 3 albums au moins ont un désert chaud pour cadre , partiel, du moins de ses aventures. le_crabe_aux_pinces_or_1280C'est d'ailleurs l'expression qu'Hergé met dans la bouche d'un Capitaine Haddock dans "Le crabe au pinces d'or" mais qui date de l'Antiquité: "le pays de la soif"...Et donc, l'idée que l'Antarctique, vaste comme deux Australies ou le Groënland soient des régions au moins aussi arides que les déserts "classiques" ne vient à personne.
Le désert, qu'il soit chaud, froid, de sable (les ergs) ,de pierres(les regs) -chers aux cruciverbistes, parce que des mots de 3 lettres, eh bien, c'est sacrément pratique ou encore des plateaux ou des massifs montagneux se définit bel et bien en fonction d'un seul critère, déterminant, l'aridité relative ou absolue. On a établi un classement en 5 catégories allant de la steppe parfois encore arrosée, même irrégulièrement, au désert proprement dit. Les déserts, c'est l'aridité, donc et son corollaire, l'absence de couvert végétal, de points de repères familiers.desert_saoudien Parmi les déserts, quelques uns, gigantesques, sont mondialement connnus , visibles de l'espace..nous apportant parfoois leur haleine chaude jusqu'à nos latitudes. Le Sahara, avant tout. Le "désert des déserts". 10 millions de km2 en incluant le désert de la Péninsule Arabique et celui de Libye qui le prolongent. 20 fois la France, l'équivalent de la Chine, du Canada ou des Etats-Unis. 6000 km d'Ouest en Est, de la Mauritanie à Mascate et Oman. 2500 km du Nord au Sud, de la Méditerranée au Niger. (Vue du Désert Saoudien).



Par satellite , on voit parfaitement "la ligne tropicale des déserts".Terre_Vraies_Couleurs_Deserts_0010
En Afrique méridionale, on trouve le symétrique du Sahara, le Désert du Namib, ou Kalahari , là où se perd dans les sables , l'un des plus longs fleuves du monde, l'Okawango, qui n'atteint jamais la mer, mangé par les sables. On connaît aussi le Désert de Gobi ou Takla-Makan, immense, aux hivers glacials, situé à l'Ouest de la Chine. Le Désert d'Atacama, tout au Nord du Chili, la région la plus aride du monde. Ainsi, on a relevé certains points où il n'a pas plu depuis des siècles. La Vallée de la Mort, enfin, dans l'immense désert du Sud-Ouest américain, mythe parmi les mythes. Je ne cite ici que les plus grands et les plus connus. Mais on trouve aussi des déserts non moins redoutables au Proche-Orient, en Iran, en Asie Centrale, celui, par exemple, où s'ensevelit la Mer d'Aral ou les 4 000 000 de km2 du Désert Australien où se trouve une région au nom emblématique "Nullarbor"...
Les déserts peuplent les jours de notre vie. Et on ne saurait mieux dire. Du fait du changement climatique, le Sahara s'élargit inexorablement, gagnant 5km vers le Nord et vers le Sud, chaque année...et l'homme est impuissant. Les essais de lutte contre la désertification sont souvent dérisoires. La menace de la désertification, on la voit en rouge sur cette carte sans appel:

Desertification








Et , pour terminer, ajoutons que c'est dans et avec la présence silencieuse du désert que naquit l'idée du monothéïsme, il y a 4000 ans. Religions fondées sur l'angoisse, le silence, la méditation, le recours à un Dieu en théorie compatissant, elles sont indissociables du "Croissant Fertile" oasis sans cesse menacée par l'ensevelissement sous les sables tout proches...CROISSANT_FERTILE

Les déserts, comme les océans, sont les non-lieux du monde. Déjà, les peuples anciens avaient remarqué la similitude troublante entre désert et océan. Le voyageur n'y pouvait se guider qu'en se repérant aux étoiles. Et le vent du désert, comme la houle, se levant brutalement...Et le mot Sahel, désignant quelque chose comme "rivage"....en Arabie Saoudite le Désert du "Rub al Khali" , du "Lieu du vide". On ne rappellera pas ici les évidences sur ce que l'esprit humain voit dans le désert, en fait de pureté, de retour à une sorte de virginité primale, mais je dirai seulement que les déserts sont ce qu'il y a, parmi tous les paysages et milieux du globe, de plus singulier.

Et que ce n'est pas demain la veille que nous serons privés de déserts.

thesiger

Couverture d'un des livres de Wilfred Thesiger

 

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MAUVAIS COUP. LETTRE A MYR ET A D'AUTRES

Je m'apprêtais, ce matin à mettre le second épisode de "GEOGRAPHIE EN VACANCES", lorsque j'ai eu un déclic. Comme dans "Les Malheurs d'Alfred" et la scène où Pierre Richard devenu malgré lui vedette de jeu télé animé par un Pierre Mondy déchainé et génial de vulgarité, se prend au jeu, et soudain ,en gros plan fixe finit pas réaliser en disant: "Mais..mais...mais je deviens con !!".

En fait , comme on dit, "qui veut noyer son chien l'accuse de la rage". Et, c'est myr, absolument ce que vous avez réussi à faire. Avec l'insistance des bourrins, l'opiniâtreté des médiocres, vous avez fait semblant de croire, et pas que vous, que la REPUBLIQUE DES LIBRES était devenu un repère de machos d'extrême-droite. Ce qui, de toutes les accusations possibles et imaginables ,est ,sans aucun doute, la plus absurde en même temps que la plus abjecte. Et cette abjection , certaines d'entre vous , l'ont mené au point d'incandescence, qui rend impossible, à mon sens, que demeure ici, cet esprit si particulier, cette jovialité intelligente, cette joie de vivre que nous avions réussi à secréter. Or, en bons pisse-froids -désolé, je n'ai pas trouvé de féminin pour cette jolie expression- vous nous avez cassé les burettes avec ces perpétuelles accusations de machisme. Comme si d'un côté il y avait eu les "gentilles filles persécutées" et de l'autre "les affreux salauds mecs". Affligeant. Consternant. Comme si la liberté de ton se définissait par le nombre de poils au cul...Pas mieux que la Halde et sa stigmatisation de Ronsard.
Donc , belle entreprise de cassage intellectuel, d'un "salon de haute tenue". Et qui le fut d'autant plus que nous n'avions pas activé de modération, faisant de notre République, un ilôt de liberté de ton dans une mer de conformisme.

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24 août 2009

Rear window

La canicule qui s'est abattue récemment sur nos pauvres têtes chauffées à blanc m'a remémoré un film d'A. Hitchock, l'un de ses rares films que j'adore visionner ( il n'y en a que deux en fait : Rear window et les Amants du Capricorne) sans m'en lasser jamais : Fenêtres sur cour (Rear window) 1954, avec James Stewart et Grace Kelly.

alfred_hitchcok
Dès le début le décor est mis : New-York en plein été torride, caniculaire. Un homme, Jeff, journaliste baroudeur de son état, est immobilisé dans son studio sur une chaise roulante, la jambe dans le plâtre. Seule l'infirmière qui passe tous les jours pour les soins quotidiens le rattache au monde; l'infirmière mais aussi son voisinage... planté devant sa large fenêtre ouverte, toute la journée, il prend plaisir à regarder par leur propres fenêtres les habitants des appartements avoisinants et qui donnent tous sur une même petite cour-jardin. Une sorte de vie par procuration pour cause d'ennui... il s'amuse à suivre le quotidien de ses voisins comme on regarde son feuilleton préféré à la télévision...et remarque ainsi des foules de détails, dont un, on s'en serait douté, pour le moins troublant puisqu'il s'agit de la disparition d'une des voisines... et tout s'enchaîne...

Hitchcock a réalisé un film étouffé, à huis- clos, où le spectateur sent l'angoisse monter au fur et à mesure des observations et des questions de Jeff... Ses seules relations avec l'infirmière et la charmante Grace Kelly, sa fiancée, qui vient passer ses soirées avec lui entraînent le spectateur dans les mêmes questions, les mêmes doutes, la même angoisse graduelle au fur et à mesure que le film se déroule : a-t-il bien assisté à un meurtre ? doit-il se protéger ?

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D'autre part, Hitchcock s'amuse à nous montrer que la seule, l'unique occupation humaine quotidienne tourne autour de la reconnaissance et de l'amour et ce quel soit l'âge ou la condition. Sans doute l'un des rares films du maître où il s'amuse à faire de la sociologie.... et ça marche assez bien : conflit de classe entre Jeff et sa richissime fiancée, assassinat commis sur une mégère que le mari n'aura pas appris à apprivoiser, solitude, alcoolisme réduit à néant grâce à la Musique, amour de son prochain, amour de l'innocence, passion sexuelle ; la femme en prend pour son grade (ce qui est notable chez Hitchcock) le mariage aussi... et pourtant c'est la morale de l'histoire : en fin de compte on ne résiste pas à l'amour....

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Ce film est donc assez exceptionnel de par son style : mélange de théâtre (minimalisme de l'action) et de cinéma, mélange de drame et de comédie, légèreté du regard porté sur les autres, voyeurisme et en même temps étude approfondie...réalisme et cependant décor en carton pâte... un grand film car très détonnant, chez Hitchcok ... et en tout cas un film où l'on se sent parfaitement à l'aise dans la peau de Jeff ou de la douce Lisa Fremont ...
A revoir par temps de grosses chaleurs : frissons assurés !

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22 août 2009

L'ENIGME DU SAMEDI (soir)

Voici pour vous, deux extraits de romans, qui n'ont absolument rien à voir entre eux, que ce soit par leurs auteurs, styles, époque et lieu... ! A vous ...

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Enigme 1

"J'avais trente ans. Devant moi s'allongeait la formidable, la menaçante route d'une nouvelle décennie. Il était sept heures quand nous montâmes avec Tom dans le coupé et partîmes pour Long Island. Il parlait sans arrêt, il exultait et il riait, mais sa voix était aussi lointaine de Jordan et de moi que la clameur étrangère du trottoir ou le vacarme du chemin de fer aérien au-dessus de nos têtes. La sympathie humaine a ses limites : nous étions contents de laisser ces tragiques arguments s'effacer derrière nous comme les lumières de la vile. Trente ans - la promesse d'une décennie de solitude, une liste - elle devait s'éclaircir - de célibataires à connaître, un dossier d'enthousiasme qui, lui aussi, devait s'éclaircir, tout comme mes cheveux. Mais il y avait Jordan à côté de moi, qui était trop avisée pour transporter d'un âge dans un autre des rêves oubliés. Comme nous passions sur le pont maintenant obscurci, son visage las se laissa paresseusement tomber sur mon épaule et les coups redoutables de la trentaine moururent au loin sous la redoutable pression de sa main. C'est ainsi que nous filions vers la mort à travers le fraîchissant crépuscule."

Enigme 2 :

"J'ai traversé de nouveau le salon. La veilleuse y répandait toujours sa lumière vert-pâle, par vagues lentes. J'ai pensé à la mer et à ce liquide glacé que l'on boit les jours de chaleur : le diabolo menthe. J'ai entendu encore des éclats de rire et leur pureté m'a frappé. Ils venaient de très loin et se rapprochaient tout à coup. Je ne parvenais pas à les localiser. Ils étaient de plus en plus cristallins, volatils. Elle dormait, la joue appuyée contre son bras droit, tendu en avant; La barre bleuâtre que projetait la lune à travers la pièce éclairait la commissure des lèvres, le cou, la fesse gauche et le talon. Sur son dos, cela faisait comme une écharpe rectiligne. Je retenais mon souffle.

beau

Je revois le balancement des feuilles derrière la vitre et ce corps coupé en deux par un rayon de lune. Pourquoi, aux paysages de Haute-Savoie qui nous entouraient, se superpose dans ma mémoire une ville disparue, le Berlin d'avant-guerre ? Peut-être parce qu'elle "jouait" dans un "film" de "Rolf Madeja". Plus tard, je me suis renseigné sur lui et j'ai appris qu'il avait débuté tout jeune aux studios de la U.F.A. En février 45, il avait commencé son premier film Confettis für zwei, une opérette viennoise très mièvre et très gaie dont il tournait les scènes entre deux bombardements. Le film est resté inachevé. Et moi, quand j'évoque cette nuit-là, j'avance entre les maisons massives du Berlin d'autrefois, je longe les quais et les boulevards qui n'existent plus. De l'Alexander-Platz, j'ai marché tout droit, traversé le Lust-Garden et la Sprée. Le soir tombe sur les quatre rangées de tilleuls et de marronniers et sur les tramways qui passent. Ils sont vides. Les lumières tremblent. Et toi, tu m'attends dans cette cage de verdure qui brille au bout de l'avenue, le jardin d'hiver de l'hôtel Adlon. "

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18 août 2009

Marianne de ma jeunesse...

Puisque nous sommes encore tous, ou presque, en vacances ici, je continue de vous parler de sujets aussi légers à faire qu'à débattre... en l'occurrence il s'agit du très beau film de Julien Duvivier de 1955 - "Marianne de ma jeunesse" (d'après le roman "Douloureuse Arcadie" de Peter von Mendelssohn que je n'ai pas lu...). Un des rares films à parler de l'adolescence dans ce qu'elle génère de poésie, de complexité et d'attirance pour la mort.

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L'histoire se déroule au sein d'un internat privé pour garçons dans un décor naturel sauvage, indéfini et intemporel. Un jeune garçon, presque un jeune homme, "Argentin" démarre la rentrée en compagnie des autres; très vite, il détonne par sa maturité, sa douceur et ses connaissances : il arrive d'Argentine, joue de la guitare, parle de paysages inconnus et de moeurs étrangères qui vont vite faire tourner la tête à la seule jeune fille présente, Lise, (la fille du directeur)... Je n'en dirai pas plus pour toutes les heureuses personnes qui ne l'ont pas encore visionné.

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Les grandes questions de la passion, de la violence que l'on porte en soi, du voyage et du rêve, de l'importance de la nature, de l'attachement et de la fraternité sont abordées à travers cette communauté de jeunes gens.
On y ressent, on se souvient sans doute, de cet étouffement parfois insupportable à pouvoir se détacher de l'amour chaud et rassurant de ses parents, à travers l'histoire de ces adolescents en rupture avec leurs familles dans cet internat privé où les adultes sont aussi variés que dans la vie : cruels ou bons, attentifs ou indélicats; reflets sans fard des jeunes hommes présentés par ailleurs.
L'amour en est le thème central mais abordé de façon très symbolique presque mythologique et qui conserve une part obscure pour le spectateur : l'île, l'emprisonnement, l'empêchement, l'âge, l'interdit, la liberté, la beauté, la jalousie et la mort ... c'est tout un florilège de valeurs qui s'incarnent autour du poétique, voire surréaliste personnage de Marianne.
Les jeunes acteurs filmés par le sensible Julien Duvivier sont magnifiques, (Pierre Vaneck, Isabelle Pia et Marianne Hold) et l'esthétique graphique et photographique d'une grande poésie formelle; à signaler que les décors, qui tiennent une grande place ont été réalisés par Jean d'Eaubonne, l'un des plus grands dans l'histoire de notre cinéma.

Un film parfaitement rafraîchissant, poétique et esthétique; un film un peu mélancolique aussi sur des paysages et des histoires humaines a jamais disparues dans la modernité. A voir et revoir....

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Posté par Soded à 09:52 - Commentaires [153] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 août 2009

L'ENIGME DU SAMEDI SOIR

Comme je suis en voyage, vous lirez ce soir des énigmes ayant pour thème un voyage et sa destination bien précise, chez deux auteurs très différents... A vous !


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"Si la ville était illuminée splendidement, pour qui la regardait des hauteurs, ses rues intérieures me parurent encore plus éclatantes. Toutes les boutiques ouvertes, ornées de guirlandes et de vase de fleurs, radieuses à l'intérieur de glaces et de bougies, les marchandises artistement parées, les lanternes de couleurs suspendues au-dehors, les peintures et les dorures rafraîchies, les pâtisseries surtout, les confiseurs, les marchands de jouet d'enfants et les bijoutiers étalant toutes leurs richesses, voilà ce qui, partout, éblouissait les yeux. Les rues étaient pleines de femmes et d'enfants plus encore que d'hommes, car ces derniers passaient la plus grande partie du temps dans les cafés.

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... Partout des frituriers, des marchands de fruits ou d'épis de maïs bouillis, avec lesquels un homme peut se nourrir tout un jour pour dix XXX ; ainsi que des vendeurs de baklavas, sorte de galette très imprégnées de beurre et de sucre, dont les femmes surtout sont friandes. La place XXX est la plus brillante de toutes. Ouverte en triangle, avec les illuminations à droite et à gauche, et dans le fond celle des bâtiments de la guerre, elle présente un large espace aux cavalcades et aux divers cortèges qui la traversent. Un grand nombre d'étalages de marchands ambulants garnissent le devant des maisons, et une dizaine de cafés font assaut d'annonces diverses de spectacles, de baladins et d'ombres chinoises."

 

 


 Enigme 2 :

"En silence, on transporta le bagage à travers une sombre salle à manger victorienne. Sur le dressoir, un chat moutarde dormait entre de flamboyantes théières de Christofle. La chambre qui donnait sur un jardin flétri, avait une légère odeur d'encaustique et de moisi distingué. Excepté une chambrière, le maître d'hôtel, et la patronne, l'hôtel était désert et, avec ses contrevents fermés, plus intimidant qu'un sépulcre. Nous nous surprenions déjà à baisser la voix, mais puisque le voyage passait ici il n'y avait plus qu'à s'incliner. D'un côté, l'hôtel donnait sur la XXX et l'île des XXX où l'on envoyait autrefois les prétendants turbulents en exil. De l'autre, il s'adossait à une colline d'où l'on apercevait la rive de XXX étendue sous un ciel mauve, la Tour de XXX, et les bâtisses de la vieille ville avec leurs glycines en fleurs et leurs facades délabrées couleur de bois flotté.

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... Nous en étions maintenant réduits à l'épi de maïs grillé ou à la gargote de mauvaise mine. Ca ne manquait pas, ni l'occasion d'y attraper des infections foudroyantes. D'abord la tête vous brûle, puis un jaune pisseux monte du foie jusqu'aux yeux, puis viennent les vomissements interminables et la fièvre. Il vous reste juste la force de décommander les rendez-vous du lendemain et de gagner le lit d'où, pendant une semaine, on va compter les fleurs du papier en cherchant à retrouver dans sa mémoire l'assiette qui vous a empoisonnée. Dans un sens, cela me convenait plutôt de tomber malade ici ; une fois sur les routes, pendant un mois au moins ce ne serait plus possible.

Posté par Soded à 17:21 - Commentaires [222] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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