La République des LIBRES

"Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."J.Jaurès

31 octobre 2009

L'ENIGME DU SAMEDI SOIR

Ce soir deux énigmes de deux auteurs étrangers et étrangers l'un à l'autre également.... A vous !

Enigme 1
cf
"Le thermomètre marquait - pour eux - quarante degrés à l'ombre. La salle était plongée dans une pénombre telle que c'est tout juste si l'on parvenait à distinguer les points des cartes et les figures très pâles des joueurs. Un punkah démanché, déchiré, en calicot blanchi au badigeon, balayait l'atmosphère surchauffée en grinçant plaintivement à chaque va-et-vient.
Au dehors, le temps était aussi couvert que par une journée de novembre à Londres. On ne voyait ni le ciel, ni le soleil, ni l'horizon, rien qu'une vapeur suffocante d'un brun pourpre. C'était comme si la terre su
ccombait à une attaque d'apoplexie. De temps en temps, sans qu'aucune brise n'en fût cause ni que rien ne le laissât prévoir, un nuage de poussière fauve se levait du sol, s'épandait en nappe au sommet des arbres altérés, puis retombait. A d'autres moments, une trombe infernale se formait, parcourait la plaine sur une longueur de deux milles et s'arrêtait ensuite en s'éparpillant, bien qu'il n'y eut, pour entraver son élan, d'autres obstacles qu'une longue et basse pile de traverses de chemin de fer poudreuses, qu'un petit groupe de huttes fabriquées avec du torchis , de vieux rails hors d'usage et de la toile à tente, et que le bungalow solitaire appartenant à l'ingénieur adjoint au secteur de la ligne alors en construction."


Enigme 2 :

"Savez-vous où j'en suis, XXX ? savez-vous que j'en suis à fêter l'anniversaire de mes sensations, l'anniversaire de ce qui me fut cher, de quelque chose qui, au fond, n'a jamais existé - parce que l'anniversaire que je fête est celui de mes rêves stupides et vains - et à faire cela parce que même ces rêves stupides ont cessés d'exister, parce qu'il n'est rien qui puissre aider les aider à survivre : même les rêves doivent lutter pour survivre ! Savez-vous qu'à présent, j'aime me souvenir, et visiter à telle ou telle date des lieux où j'ai été heureux à ma façon, j'aime construire mon présent en fonction d'un passé qui ne reviendra plus et j'erre souvent comme une ombre, sans raison et sans but, morne, triste, dans les ruelles et dans les rues de XXX. Que de souvenirs partout ! Je me souviens par exemple, qu'il y a juste un an, ici, exactement à cette époque, j'errais, à la même heure, sur ce même trottoir, aussi seul, aussi morne qu'aujourd'hui ! Et je me souviens aussi que mes rêves me semblaient aussi tristes et, même si avant, je ne me sentais pas mieux, je crois pourtant, je ne sais pas pourquoi, que la vie me paraissait plus facile, plus apaisée, j'ignorais cette noire pensée qui s'attache à moi en ce moment ; j'ignorais ces remords, ces remords sombres, lugubres, qui ne laissent pas de repos, ni le jour, ni la nuit. Et vous vous demandez vous-même "Où sont passés tes rêves ? Et vous hochez la tête et vous vous dites : Comme les années s'envolent vite ! Et vous vous demandez encore : Qu'as-tu donc fait de tes années  ? Où as-tu enterré la meilleure part de toi ? As-tu vécu ou non ? Attention, vous dites-vous, attention, sur terre tout s'éteint. Les années passeront, elles seront suivies par une solitude lugubre, et la vieillesse branlante avec sa canne, la souffrance et l'ennui. Ton monde fantastique pâlira, tes rêves mourront, se faneront, ils tomberont comme les feuilles jaunes de l'automne... "

 

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29 octobre 2009

VILLES EN VRAC,UNE GEOGRAPHIE AU PETIT BONHEUR 6 VLADIVOSTOK

LE MAÎTRE DE L'EST : AU TERMINUS D'UN RÊVE  DESORMAIS EN CENDRARS...

C'est le sens du nom de la ville. Vladivostok... nom qui fait rêver. Et qui renvoie immanquablement à des lointains insensés.vladivostok C'est aussi le terminus du Transsibérien. C'est enfin l'un des lieux les plus pollués du monde, car c'est là que crève doucement une partie de la  flotte de sous-marins nucléaires de l'URSS. La ville est un artefact politique, on s'en doute bien, en regardant n'importe quelle carte. Elle fut fondée en 1859, par le Comte Mouraviov un proche du Tsar Alexandre II, ce dernier, américanophile et colonialiste, voulait que la Russie se lance dans un immense projet de "colonisation intérieure". C'est ce qui explique, entre autres l'annexion des sultanats du Turkestan (les futures républiques d'Asie Centrale). Alexandre II ordonna donc à Mouraviov de fonder Vladivostok, comme poste avancé vers l'Extrême-Orient, pour faire pièce au Japon des Meiji en plein essor. Peu de temps auparavant avait été fondée Vladikavkaz (Le maître du Caucase) garnison fortifiée pour procéder à la colonisation impériale des régions caucasiennes.
Ici, Vladivostok, puis plus tard Nakhodka, Khabarovsk et Magadan, avaient pour but d'asseoir la puissance des Romanov jusqu'à l'"Orient compliqué" comme disait l'autre. Il fallait 4 mois d'été pour rallier Saint Petersbourg, capitale en ce temps là, à Vladivostok ! En 1903, révolution !!! Le Transsibérien arrive à Vladivostok. On y construit une gare ,"voksal" (le mot russe pour gare ferroviaire est une déformation amusante de Vauxhall, ce palais de métal construit à Londres lors de l'expo universelle du Crystal Palace en 1855" et on la nomme "Moskovskaïa voksal". 1079784_Vladivostok_Central_Station_VladivostokEvidemment. 9300 km de Vladivostok à Moscou ! la plus longue liaison terrestre du monde. Elle traverse Nijni-Novgorod, Omsk, Tobolsk, Irkoutsk, Novosibirirsk. Relisons "MICHEL STROGONOFF" (Marfa Strogoff !!! Marfa Strogoff !! le knout, pour cette vieille coquine etc etc Feofar Khan le méchant pas bô asiate...)  pour comprendre par où passe le train !!!! La ville  explose alors démographiquement et devient une base militaire essentielle, pour les visées russes sur la Mandchourie. Mais patatras ! Mai 1905 ! Tsushima ! Les Japonais infligent une pâtée formidable à la flotte russe, complètement anéantie. Evènement au retentissement immense : pour la première fois depuis Des siècles , un peuple non-européen inflige une défaite cruelle à l'une des grandes puissances européennes. D'où la décolonisation.  L'Île de Sakhaline, en face de Vladivostok, devient Japonaise et reprend son vieux nom de Karafuto. Débute alors l'impérialisme japonais dans le Pacifique. Gravure sur le désastre de Tsushima "Trafalgar de Nicolas II"

Tsushima_battleships










1917: Vladivostok devient la base arrière de la contre-révolution. D'ailleurs le Japonais y débarquent en conquérants, (image ci-dessous) pour renforcer Les "Blancs"Vladivostok_intervention qui y débarquent, ainsi que l'aide américaine. On sait que la guerre civile fut le triomphe du bolchévisme et, en 1922, la création de l'URSS. Bref, Vladivostok est une ville à vocation militaire. C'est la "Kalinigrad de l'Orient".


Staline, ce grand humaniste, fit de la ville un camp de forçats destinés à doubler la voie du Transsibérien et de lancer le projet du BAM (Baïkal-Amur-Magistrale),; une ligne de 4000 km, qui doublerait le Transsibérien trop proche de la frontière chinoise. Le projet a été achevé .... en 1990, soit un an avant l'extinction de la lumière dans les chiottes soviétiques !
Vladivostok est à 300 km seulement de Hokkaïdo, l'île du Nord du Japon. A 90 km de la frontière avec la Chine et la Corée du Nord, ce Paradis de l'Homme Nouveau. Fini désormais l'intérêt stratégique. Je l'ai dit, Vladivostok est devenu un cimetière à sous-marins nucléaires. En voici un, qui crève doucement.... Sans zone interdite autour. 28000 ans de contamination en vue. Roulez manège ! Faut dire que pour le PCUS puis ses successeurs, pires encore, polluer, c'est exister. C'est montrer que l'Homme domine la Nature petite-bourgeoise....

Depuis 1995, la ville renaît grâce au commerce. Des ferrys (comme celui que l'on voit ici à quai) :

VladivostokHarborbourrés à craquer de Nippons (suspendus) débarquent chaque été dans la ville, devenue gigantesque centre commercial détaxé. les prix y sont 30 fois moins élevés qu'au Japon ! Et les Russes sont ravis de cette cohabitation d'un nouveau genre. Une NEP mondiale, en quelque sorte, hein Vladimir Illitch? Je vous passe sous silence les trafics en tous genres, la corruption, classique des classiques. La Mer du Japon, sur laquelle baigne Vladivostok est l'une des plus poissonneuse du monde, en raison du courant froid qui descend du Kamchatka. D'où conflits d'intérêts en matière halieutique (c'que je cause bien dans e'l'poste!). Mais toute la côte sibérienne, est ses admirables paysages, absolument intacts, sont en train d'être dévastés par les papetiers, dont Arjomari et Bolloré qui ont acheté des concessions forestières dans la taïga bouriate , grandes comme la Suisse et bouzillent tout.  Vladivostok voit partir 12 Convois de grumiers par jour par le Transsibérien, désormais à double ou quadruple voies électrifiées. Et une dizaine de cargos à grumes vers le Japon. 

Dernière anecdote croustillante. Staline, qui, quoiqu'on en dise n'était pas Hitler, n'avais pas le moindre plan pour exterminer les Juifs de l'Empire. Il chargea donc ce con de Malenkov, poivrot et âme damnée du tyran, de trouver quelque part, une "terre promise" pour y inviter les Juifs, qui commençaient à en avoir ras la casquette des progroms perpétrés par les gentils slaves si civilisés. Voici une affiche de propagande pour inciter les Juifs russes à s'installer parmi les rennes (on observera malgré tout , le vague trait antisémite du dessin). L'affiche est bilingue:

PropagandeBirobidjan

On mit le dévolu sur la région de Bouriatie. Desservie par le Transsibérien, à l'écart de tout. On créa donc, - c'est assez insensé, le premier état Juif de l'histoire depuis la diaspora: le BIROBIDJAN. On construisit une gare monumentale, une ville, appelée Birobidjan et on décida, plus étonnant encore que la langue officielle de cet "oblast" serait le yiddish. On fit même imprimer un journal en Yiddish. Un drapeau aussi avec une maguen-David. On mit un gouverneur, qui avait appris le yiddish et on attendit. 40000 Juifs s'y installèrent... sur 300 000km2 (=L'Italie).

birobidjan Fiasco total. Car, au sud de cette république juive, il y a la Chine où l'on était du temps de Mao, très antisémite, rapport que les fondateurs de la Révolution de 17, honnie alors étaient Juifs...Et puis les Bouriates peuple turco-mongol, semi-nomade, acceptaient mal l'implantation d'un peuple venu de l'Occident lointain. Fallait déjà qu'ils se fadent les Russes. Bref, le Birobidjan existe toujours. Voici le monument très stalinien  qui annonce l'entrée dans la ville (notons qu'Hitler n'eût pas pris les mêmes égards, mais je passe, je passe) :Entree_au_birobidjan










La ville aussi. La langue est toujours le yiddish... mais il ne s'y trouve plus un seul Juif ou presque. En 1948, la plupart firent leur alyah...la morale de cette histoire : où que les Juifs s'installent, ils sont indésirables. Même si on les avait mis en pleine Sibérie, les rennes, élans, et autres lynx eussent envoyé une pétition au Kremlin...

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27 octobre 2009

PIERRE CHAUNU, SA VIE, SES BONNES OEUVRES

IL Y A HISTOIRE ET HISTOIRE: LA MORT DE PIERRE CHAUNU.

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Pierre Chaunu est mort jeudi à 86 ans. Un des très grands historiens du XXème siècle, l'égal de Braudel, de Duby, de Le Goff, de Favier, de Leroy-Ladurite , de Jean Delumeau etc... Une oeuvre impressionnante, magistrale, indispensable. Et puis, ça plaira à myr, un décortiquage en règle du massacres des Amérindiens. CHAUNU_HISTOIRE_DE_C'est lui, qui, en 1947, démontre l'aspect génocidaire de la disparition des Indiens d'Amérique latine, dont il estime le nombre passant de 80 à 10 millions en 100 ans. Minute papillon !!! Car de droite, Chaunu ne l'était pas pour rire. Thuriféraire de la Vendée "génocidée" elle aussi, collaborateur, (sans jeu de mots) de Radio-Courtoisie, du Figaro, etc etc, ouvertement réactionnaire, genre Gaxotte, avec le génie en plus,- cela dit parler de génie pour Gaxotte, ce serait parler d'intelligence chez Eric Besson- et pourtant, 46 livres,  tous essentiels à la progression de la pensée historique moderne.

En Amérique, l'arrivée des Européens produit un cataclysme démographique, en premier lieu du fait de l'importation de maladies comme la variole contre lesquelles les Amérindiens ne sont pas immunisés. De 80 millions à la veille des Grandes Découvertes, leurs effectifs chutent d'environ 90% !

«C'est entre 1720 et 1740 que, partout la population recommençant à croître très lentement, nous avons la présomption d'un retour à l'équilibre dans un écosystème modifié», écrit Chaunu.

 

Dans le droit fil de sa thèse sur Séville, Pierre Chaunu publie de nombreux ouvrages sur l'Amérique hispanique, l'Espagne de Philippe II, le temps de Luther et des Réformes,... en particulier un bel ouvrage illustré : La civilisation de l'Europe des Lumières (Arthaud, 1971).

Statistiques à l'appui, il montre que le commerce entre l'Amérique hispanique et la métropole n'a pratiquement rien rapporté à celle-ci. Au mieux, les trésors d'Amérique équivalent à 6 ou 7 % du revenu annuel du roi de France, non déduit le coût exorbitant du transport. «À quoi sert l'or d'Amérique ? À produire l'or d'Amérique»... "Civilisations de l'Amérique Latine XVI-XVIIIème Siècles".

Un autre volet de sa pensée historique est tout son travail sur "l'Histoire des gens" dont il est l'un des initiateurs avec Duby:Admirateur de Braudel, il s'attache à montrer dans un livre magistral, parmi tant d'autres, ce que fut la mort à Paris entre les XVIème et XVIIIè siècle (une idée pour Annibal???) Ce livre  déjà ancien est novateur annonçant les travaux d'Alain Corbin , de Vigarello  :LA_MORT_A_PARIS

 

 

Mais Chaunu, curieusement, se rapproche aussi de Claude Lévi-Strauss (101 ans aux prunes!) par cette réflexion étonnante, qui le place dans la lignée de l"anthropologie philosophique" si j'ose dire:

Ainsi, dans ses deux premiers essais, La mémoire de l'éternité et De l'Histoire à la prospective (1975), il s'interroge sur les raisons et les conséquences du choc démographique.

Principal enjeu : le temps qui passe. «L'enfant est l'autre, il est l'obstacle qui heurte une conscience de soi, la conscience des géniteurs. Surtout, l'enfant est le grand témoin du temps, donc de la mort. Le ventre de la femme enceinte rappelle au passant qu'il est mortel. C'est en construisant un discours cohérent et vrai sur la mort que la société chrétienne avait incorporé l'enfant. Les anciennes civilisations aimaient l'enfance... Ce que notre société adore, ce n'est pas l'enfance. L'évolution suicidaire de la natalité le prouve. Ce que la société de sensation-consommation vénère, c'est l'adolescence. Parce que l'adolescent est un presque adulte».

Pas faux. Il met en valeur l'aspect délibérément consumériste de la conception "pondeuse" des sociétés modernes.

Bref, c'était un grand historien. On ne peut pas en dire autant de Jean-Noël Jeanneney. Dans le tout à fait remarquable numéro de "L'HISTOIRE" agrémenté d'un "billet" de Bécassouline pas inintéressant encore que contestable, JNJ débute une série passionnante sur les grands articles de presse qui ont changé le cours de l'histoire. Il commence la série, en tout seigneur tout honneur, par la "J'ACCUSE" ,dont je rappelle que le titre est de Clemenceau et non de Vaughan comme on le croit toujours. Clemenceau , fin et opportuniste qui comprit que l'Affaire Dreyfus lui remettait le pied à l'étrier. L'article donc, de JNJ est remarquable, documenté, intelligent. Mais ce qui m'a littéralement stupéfait , c'est que tout au long de l'article n'apparaissent JAMAIS les mots Juif ou antisémitisme, comme si JNJ avait résolu de placer l'affaire Dreyfus EN-DEHORS de l'antisémitisme. Seule un mince référence au livre - très contestable- de Michel Winock fait allusion à cet antisémitisme qui est pourtant le "nerf de l'histoire" que cela nous plaise ou non.
Qu'en conclure? Chaunu trimballe de sacrées casseroles d'historien de droite et "L'HISTOIRE" passe pour le fer de lance de la recherche historique "de gauche"...ah , mais j'oubliais! derrière "L'HISTOIRE" il y a "LE MONDE" . Tout s'explique.
Mise à part cette singulière bévue,, le numéro comporte un article puissant sur Churchill et un autre , non moins passionnant en ces temps de grippe Bienvenue pour l'UMP, sur la peste de Marseille en 1732.
Bref, il y a matière à réflexion....
 


 


 

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GEANT CONTRE MAISTRE ...

... ou Ventoux contre mistral...

Je viens parler ici d'un sacré "géant " comme on le nomme en Provence où je vis depuis quatorze ans. Le mont Ventoux, dont le nom est né d'une souche celto-ligure "Ven (hauteur) tur (qui se voit de loin)" - racine que l'on retrouve aussi dans Ste Victoire-Venasque-Vence ... etc...-  ainsi que par l'attestation de nombreux objets notamment des centaines de petites trompettes votives en terre cuite à son sommet,- était certainement un lieu sacré cultuel, dédié aux éléments naturels.
C'est François Pétrarque qui détourne le sens pré-latin en répandant la dénomination catholique latine "Mons Ventosus". Dès alors, l'acception du mont Ventoux comme associé au vent tant il est vrai que le mistral s'y déchaîne, durera jusqu'à ce que des archéologues et des linguistes du XXs. se penchent sur son cas.
Fils de la surrection des Alpes toutes proches, qui, d'est en nord-ouest, comme un croissant, présente une frontière naturelle au nord, "la face nord" et abrite sur ses flancs sud, tout le fameux Comtat venaissin, anciennement appelé - avant Bruxelles- "le jardin potager de la France", le mont Ventoux abrite une flore particulièrement exceptionnelle non par sa quantité mais bien par sa rareté. (Il y pousse des fleurs qui ne poussent nulle part ailleurs sur la planète).   
ventoux
1912 mètres d'altitude, ce n'est pas rien, d'ailleurs son sommet blanc en pierriers calcaire laisse imaginer la rudesse alpine qui y règne... les touristes s'imaginent toujours que ce sont des neiges éternelles quand ils voient, en plein été, la sommité blanche sur le ciel... Il n'en est rien. A début du XXsiècle, le mont Ventoux était d'ailleurs entièrement dénudé suite à l'utilisation abusive, sans aucune gestion, du bois de ses forêts. Il abritait une activité pastorale importante ainsi d'ailleurs qu'un autre commerce, celui de la glace. En effet, il y avait des "mines" de glace aménagées sur la commune de Bédoin. Cette activité s'est définitivement arrêtée au XXs. pour les raisons que l'on sait, et a vu son heure de gloire à l'époque où les papes siégeaient en Avignon (jusqu'en 1418) puisque la cour était fort friande, entre autres, de sorbets. Les charrois de blocs de glace descendaient jusqu'à Marseille par charrette sur l'ancêtre de l'A7 pour rafraîchir toute la région et permettre de copier les cours italiennes en matière de desserts glacés. A la même époque on y dresse au sommet, une chapelle, celle de Ste Croix, aujoventoux001urd'hui écrasée par une "tour" (sur la photo qui date de février 2009) émettrice, dédiée à différentes ondes civiles et militaires... Le Mont Ventoux a aujourd'hui été entièrement reboisé en essence diverses.
Objet de soins, il est déclaré réserve de biosphère dans les années 90. Actuellement une lutte est engagée pour en faire un parc naturel, notamment pour les paysans qui auraient tout à gagner des nombreuses subventions inhérentes à ces structures. On y produit aujourd'hui la cerise et le muscat AOC, l'olive, la lavande, les truffes et il y a encore peu le tilleul. Le pastoralisme y est à l'état résiduel et la forêt et les friches gagnent sur tous les fronts. Je vous passe sous silence l'activité touristique comme le tour de France, les sports d'hiver, le vol et la randonnée... On y rencontre aussi les essais moteur des prototypes de grands fabricants de voiture, et enfin on y dénombre une quinzaine de morts /an, tous cyclistes chevronnés victimes d'arrêt cardiaque...
vt
Mais hormis ces considérations, au-delà de ce portrait, le Ventoux c'est surtout une présence physique. Il régule le micro -climat du Comtat et confère cette impression d'un microcosme. Imaginons qu'il n'y soit pas : le nord, ses brumes et norois domineraient : adieu les fruits, les fleurs et les légumes...: de quoi se serait nourri la France d'avant Bruxelles ? Imaginons qu'il n'y soit pas, Francesco Petrarca n'aurait pas eu l'occasion de méditer sur Augustin et ses mémoires et, comme un romantique avant l'heure, d'élever au rang d'intense bonheur les plaisirs sensitifs de la montagne... Imaginons qu'il n'y soit pas, Giono sans les Baronnies (là où se trouve la face nord du Ventoux, cette partie mystérieuse et sombre) aurait une main coupée et le Hussard courrait sur les toits à la recherche du choléra...La Provence ne serait plus qu'une banlieue chicos de la Côte d'Azur...et nous, humbles habitants du Comtat ne trouverions plus notre souffle quand, pendant les nuits d'été on va cherc

vvher un peu de fraîcheur dans les forêts de cèdre...

Pour terminer ce petit tour sur le mont Ventoux, je vous propose quelques lignes en provençal qui me font mourir de rire :

"Pluieo menudo
Fremo barbudo
E ome sènso barbo
D'aqueli tres causo
Pren ti gardo" 

(Pluie fine
Femme barbue
Et homme imberbe
De ces trois choses
Prends garde) 

Illustrations : Ventoux février2009, aout 2008 et hier...

Posté par Soded à 16:20 - Commentaires [66] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 octobre 2009

Sur un texte de Morasse - suite

« Le droit de vote aux femmes ? Vous n’y pensez pas ! » (Clémenceau)

 ET CE SIÈCLE CRÉA LA FEMME (02)

 Le 10 juin 1910, il y aura bientôt cent ans, un grand débat s’ouvrit à la Chambre des députés. Ferdinand Buisson, président de la Ligue des droits de l’homme et député de la Seine, exposait le résultat des travaux d’une commission qui avait été constituée quatre ans plus tôt, à l’initiative d’un député catholique, Paul Dussaussoy. Le discours portait sur l’histoire des rapports de l’idée républicaine et du droit des femmes.


Ferdinand Buisson ne manqua pas de rappeler, tout d’abord, que la Révolution puis le fouriérisme et le saint-simonisme avaient fait de ce droit des femmes un principe. Il cita Fourier : « les progrès sociaux et les changements de période s’opèrent en raison du progrès des femmes vers la liberté ». Dans le même élan, Saint-Simon : « L’individu social c’est l’homme et la femme ! » Les députés entendirent siffler leurs oreilles quand il évoqua une des toutes premières féministes, saint-simonienne et fondatrice de l’hebdomadaire « Le Conseiller des femmes », Eugénie Mouchon-Niboyet (1796-1883) : « Quand le moins intelligent des citoyens à droit de vote, la plus intelligente citoyenne est encore privée de ce droit »… et Jeanne Deroin, qui tint tête à Proud’hon, puis Pauline Rolland qui paya de prison, avec la précédente, ses revendications. La IIe République (1848) avait refusé le droit de vote et voulait même interdire le simple droit de pétition « pour une question de décence publique et parlementaire ». Victor Schœlcher, Victor Considérant, Jean Macé, Pierre Leroux prirent la défense des femmes contre l’Assemblée législative.

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Ferdinand Buisson passa très vite sur le Second Empire qui, sauf plébiscites, ne s’était montré pas plus favorable au vote des femmes qu’au vote des citoyens mais néanmoins assez libéral pour que fût autorisée, en 1869, à Maria Deraismes et Léon Richer, une « Société pour l’amélioration du sort de la femme et la renvendication de ses droits ». Après la chute de Badinguet, la génération de Louise Michel avait été réduite au silence, les admirateurs et successeurs de Thiers ayant abusivement qualifié toute féministe de « pétroleuse ». Ferdinand Buisson sauta donc par-dessus la Commune, laquelle irritait encore trop d’épidermes, pour en venir aux dizaines d’associations qui inscrivaient en priorité à leur programme le « suffrage » (le vote) des femmes et se battaient pour lui. C’est ainsi que, depuis 1889, les femmes étaient électrices et éligibles « dans toute une série de juridictions spéciales » : conseils (et inspection) du travail, prud’hommes, tribunaux et chambres de commerce, conseil supérieur de la mutualité… mais cela n’avait pas empêché de sérieuses oppositions du Parlement.
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En débat, il y avait cette simple proposition, déjà examinée mais sans succès en 1906 : « Sont électeurs tous les Français des deux sexes âgés de vingt et un ans accomplis et n’étant dans aucun des cas d’incapacité prévus par la loi ». On avait entendu un Georges Clemenceau grogner que ce serait « un saut de régression jusqu’au Moyen Age », un retour au cléricalisme et à la toute puissance des confesseurs. Mais, rien à faire, le débat sur le « droit des femmes » s’était emparé de l’opinion publique. Des journaux en faisaient leur « Une » illustrée… Ce 10 juin 1910, Ferdinand Buisson brossa un tableau succinct des deux courants « qui se partagent en France le féminisme » et les adhésions des « suffragistes ».

 

Il y avait, d’une part, les activistes féministes regroupées depuis 1883 dans la société « Le Suffrage des Femmes », fondée par Hubertine Auclert (1848-1914), qui édita durant dix ans, La Citoyenne où l’on pouvait lire : «  En protestant contre les lois existantes, faites sans les femmes contre les femmes, la Société a toujours rejeté l’idée d’institutions futures élaborées sans le concours des femmes, parce que ces institutions seraient encore faites contre elles.» Depuis 1890, à partir de la rue de la Roquette où se trouvait son quartier général, cette société « Le Suffrage » organisait des manifestations spectaculaires « les plus ingénieusement variées », multipliait les pétitions et les appels à la presse ou aux parlementaires : « Nous vous demandons de décider que les mots " les Français " soient interprétés dans la loi électorale comme ils le sont dans la loi civile. Ces mots " les Français " qui comprennent les deux sens comme contribuables doivent comprendre les deux sens comme électeurs, donc leur conférer, au même titre, le droit au vote municipal et politique, le droit à l’éligibilité. »

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L’autre courant paraissait « beaucoup plus calme et réservé ». Il avait déjà une longue histoire. La société autorisée en 1869, sous le Second Empire, n’était née que le 16 avril 1870. Mais, en avril 1869, Léon Richer (1824-1911) avait pu fonder un journal, Le Droit des Femmes, qui, en septembre 1871, après la proclamation de la IIIe République et la fin de la Commune, devint l’Avenir des Femmes. La « Société pour l’amélioration du sort de la femme  et la renvendication de ses droits  », fondée avec Maria Deraismes (1828-1894), n’avait réellement existé qu’en 1874. En 1875, le royaliste Louis-Joseph Buffet (1818-1898), ministre de l’Intérieur du gouvernement De Broglie, avait fait savoir à Léon Richer que la société qu’il présidait devait être dissoute… Mais à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, Léon Richer était revenu à la charge et avait organisé un « Congrès international du Droit des femmes » (le premier) qui avait connu un beau succès. En août 1878, le gouvernement de la nouvelle majorité, cette fois républicaine, autorisa la renaissance de la Société pour l’amélioration du sort de la femme, mais Maria Deraismes et Léon Richer, s’étant disputés, se séparèrent.Tandis que le courant « l’Amélioration du sort des femmes » suivait Maria Deraismes, Léon Richer faisait reparaître son journal, et fondait, en novembre 1882, la « Ligue française pour le Droit des femmes », laquelle, en 1920, pouvait légitimement parler d’un « cinquantenaire ». En 1882, la Ligue s’était choisi Victor Hugo pour président d’honneur – il accepta. Ensuite, on sollicita Victor Schoelcher puis René Viviani… Après Léon Richer, Maria Pognon assura la direction en 1894, puis, à partir de 1904, Marie Bonnevial. En 1919, elle fut dirigée par Maria Vérone…

 

Il existait alors une grande fluidité des mouvements et des associations. Parmi les sociétés et les œuvres constituées, on en dénombrait une dizaine de très influentes. Ferdinand Buisson, pouvait donc conclure à « une grande floraison d’œuvres féminines et féministes ». Un Conseil national des femmes françaises regroupait les énergies. Il avait rendu à la cause féministe « le très grand service de concentrer les efforts (et) de grouper des forces que leur isolement eût condamnées pour longtemps à la stérilité. » A partir de 1898, ce grand mouvement avait suscité des congrès importants et constructifs. Le dixième se tint en 1913, puis la guerre interrompit le mouvement.

Il y avait aussi des journaux, dont la plupart était l’organe d’une association. Parmi eux, il faut faire une place à part à celui de l’Union fraternelle des femmes, La Française ; à celui du médecin Madeleine Pelletier (1874-1939), La Suffragiste ; et à celui de Marguerite Durand (1864-1936), comédienne et journaliste dont la bibliothèque constitue aujourd’hui encore un fonds de documentation considérable sur le féminisme français. Son journal, La Fronde, fut quotidien de 1897 à 1903 puis mensuel.

Pour la première fois, en 1936, il y eut trois femmes au gouvernement de Front populaire, des « sous-secrétaires » d’Etat : Cécile Brunschvig, Irène Joliot-Curie et Suzanne Lacore. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale – et le rôle éminent et reconnu des femmes dans la Résistance – que le droit de vote leur fut accordé (« mais ceci est une autre histoire »). 

  Illustrations : Lui, c’est Ferdinand Buisson (1841-1932), Inspecteur général de l’Instruction publique, Président de la Ligue des droits de l’homme, député de la Seine, prix Nobel de la Paix 1927. Il fut à l’origine du concept de « laïcité ».
Elle, c’est une des féministes les plus oubliées, Maria Vérone (1874-1938), présidente de la Ligue française pour le droit des femmes après 1919. Elle fut institutrice puis avocate. Elle fonda l’Union des avocates de France… 

 

 

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24 octobre 2009

L'ENIGME DU SAMEDI SOIR 2

Puisqu'Opitz a cédé à la mauvaise humeur, et a saké l'énigme précédente je vous en livre une deuxième  (sans illustration cette fois, pour aller au plus pressé). A vous !

Enigme 1  

..." Elle elle savait qu'il avait été tué, puisqu'elle était en deuil. Et elle, elle rigolait, elle riait carrément, j'te l'dis... et elle regardait l'un et l'autre avec un air de dire : "Comme je suis bien ici !" "Ah ! mon vieux, j'suis sorti de l'a et j'ai buté dans ceux qui attendaient pour me ram'ner. Comment je suis revenu, je pourrais pas le dire. J'étais assommé. J'suis marché en trébuchant comme un maudit. I'n'aurait pas fallu m'emmerder, à ce moment-là ! J'aurais gueulé tout haut; j'aurais fait un escandale pour me faire tuer et qu'ce soye fini de cette sale vie! "Tu saisis? Elle souriait, ma femme, ma Clotilde, ce jour-là de la guerre! Alors quoi ? Il suffit qu'on soit pas là pendant un temps pour qu'on ne compte plus ? Tu fous le camp de chez toi pour aller à la guerre, et tout à l'air cassé; et pendant que tu l'crois, on se fait à ton absence, et peu à peu tu deviens comme si tu n'étais pas, vu qu'on s' passe de toi pour être heureuse comme avant et pour sourire. Ah ! bon sang ! Je ne parle pas de l'autre garce qui riait, mais ma Clotilde, à moi, qui, à ce moment-là que j'ai vu par hasard, à c'moment-là, qu'on dise ce qu'on voudra, se fichait pas mal de moi !"

Enigme 2

"Car fondamentalement, l'enfance est plus solitaire que la vieillesse". Cette affirmation tirée de je ne sais plus quel livre m'est restée en tête et je l'ai trouvée juste. Est-il vrai que la situation est plus pénible ici pour les adultes que pour les jeunes ? Non, c'est certainement faux. Les personnes d'âge mûr ont leur opinion faite sur tout et ne s'avancent plus dans la vie d'un pas mal assuré. Nous , les jeunes nous avons deux fois plus de mal à maintenir nos opinions à une époque où tout idéalisme est anéanti et saccagé, où les hommes se montrent sous leur plus vilain jour, où l'on doute de la vérité, de la justice et de Dieu. Celui qui continue encore à prétendre que la situation ici est beaucoup plus pénible pour les adultes ne se rend certainement pas compte de l'énorme quantité de problèmes qui nous assaille.../...Voilà la difficulté de notre époque, les idéaux, les rêves, les beaux espoirs n'ont pas plus tôt fait leur apparition qu'ils sont déjà touchés  par l'atroce réalité et totalement ravagés."

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L'ENIGME DU SAMEDI SOIR

Ce soir deux auteurs très différents.... et sans point commun sinon la langue... A vous !

Enigme 1

"Elle voulut saisir le cordon de la sonnette. J'éclatai de rire. "N'appelez pas repris-je. Je vous laisserai paisiblement achever votre vie. Ce serait mal entendre la haine que de vous tuer ! Ne craignez aucune violence; j'ai passé la nuit au pied de votre lit, sans....

-Monsieur, dit-elle en rougissant; mais après ce premier mouvement donné à la pudeur que doit posséder toute femme, même la plus insensible, elle me jeta un regard méprisant et me dit : Vous avez dû avoir bien froid! - Croyez-vous madame, que votre beauté me soit si précieuse ? lui répondis-je en devinant les pensées qui l'agitaient. Votre figure est pour moi la promesse d'une âme plus belle encore que vous n'êtes belle. Eh ! madame les hommes qui ne voient que la femme dans une femme peuvent acheter des odalisques dignes du sérail et se rendre heureux à bas prix ! Mais j'étais ambitieux, je voulais vivre coeur à coeur avec vous, avec vous qui n'avez pas de coeur. Je le sais maintenant. Si vous deviez être à un homme, je l'assassinerais. Mais non, vous l'aimeriez et sa mort, vous ferait peut-être de la peine. Combien je souffre ! m'écriai-je.
s
-Si cette promesse peut vous consoler, di-elle en riant, je puis vous assurer que je n'appartiendrai à personne.
-Eh bien, repris-je en l'interrompant, vous insultez à Dieu même, et vous serez punie ! Un jour couchée sur un divan, ne pouvant supporter ni le bruit ni la lumière, condamnée à vivre dans une sorte de tombe, vous souffrirez des maux inouïs. Quand vous chercherez la cause de ces lentes et vengeresses douleurs, souvenez-vous alors des malheurs que vous avez si largement jetés sur votre passage ! Ayant semé partout des imprécations, vous trouverez la haine au retour. Nous sommes les propres juges, les bourreaux d'une justice qui règne ici-bas, et marche au-dessus de celle des hommes, au-dessous de celle de Dieu.
-Ah ! dit-elle en riant, je suis sans doute bien criminelle de ne pas vous aimer ? Est-ce ma faute ? Non je ne vous aime pas; vous êtes un homme, cela suffit. Je me trouve heureuse d'être seule, pourquoi changerais-je ma vie, égoïste si vous voulez contre les caprices d'un maître ?"




Enigme 2

"Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit qui ose.
Je souffre de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs difficiles
Où je ne puis offrir qu'une hospitalité accrochée,
Moi qui tend toujours vers la verticale
f
Et ne me nourris que de la sécheresse de l'azur.
Je vois les sapins qui s'efforcent, en pélerinage
immobile, vers l'aridité de ma cime.
Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m'en
veuillez pas de mes arêtes hautaines !
J'ai la plus grande avidité de la mer, la grande
allongée toujours mouvante que les nuages
tentèrent de me révéler.
Sans répit j'y dépêche mes plus sensibles sources
les vivaces, les savoureuses !
Elles ne me sont jamais revenues.
J'espère encore."

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22 octobre 2009

SUR UN TEXTE DE MORASSE...

 

"Le plus grand soin d'un bon gouvernement devrait être d'habituer peu à peu les peuples à se passer de lui." Alex' de Tocqueville.


ET CE SIÈCLE CRÉA LA FEMME (01)

 

« La meilleure part de l’humanité », qui fut chantée jadis comme « avenir de l’homme », n’a plus seulement la fonction conservatrice de « perpétuation de l’espèce » ou de transmission de la culture traditionnelle et de la langue (maternelle). La modernité y a ajouté – plus par nécessité que par bonne volonté, d’ailleurs – une égalité dans la vie sociale et un traitement uniforme infligé à l’individu « unisexe ». Dans certains cas extrêmes, ceux que la violence de l’idéologie (de la religion) ou des mœurs locales impose, le sort de la femme reste peu enviable.

 

En Occident au moins, tout aurait-il davantage changé en quatre-vingts ans qu’en vingt-cinq siècles ? La femme aurait-elle cessé d’être Eve ou Vénus ? Son statut social, subordonné aux mâles depuis la nuit des temps, aurait-il connu une subite transformation ? Le vingtième siècle, tout en perpétuant certains éléments de cette situation ancienne, a cependant connu un prodigieux bouleversement. Mais est-on si sûr que le passé fût tout entier subordination ? La femme n’eût-elle jamais un rôle majeur quand la famille constituait le fondement d’une société, restée rurale jusqu’aux « trente glorieuses » ? Et, dans des milieux plus frivoles – en l’occurrence ceux des villes –, la femme ne sût-elle jamais conduire mari, amant ou protecteur  « par le bout du nez » ? Ce sont cinq générations de femmes de caractère, nos mères et nos grand-mères, qui, au cours du 20e siècle, ont vécu les modifications inouïes de leur statut social, de leur vie, de leurs attitudes devant la vie et de leur droit à la parole. Les filles et petites-filles peuvent en témoigner.
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Au premier regard, l’émancipation de la femme (sa « libération ») daterait d’un événement capital : le droit de vote « accordé » par de Gaulle après 1944 – un droit réclamé depuis les débuts de la Troisième République et toujours repoussé par les députés et les sénateurs, malgré des campagnes très favorables, comme celle conduite dès 1900 par Ferdinand Buisson et ses amis. Le droit de vote n’a d’ailleurs pas signifié tout de suite l’acceptation des femmes dans les milieux politiques. Les débats récents sur le « parité » en témoignent. Aussi faut-il plus prosaïquement chercher d’autres « marqueurs» : comme l’évolution du vêtement (et du sous-vêtement) ou l’introduction des « arts ménagers » dans la vie courante ?

En France, pareil changement est perceptible par le costume, la façon de prendre la pose, le naturel ou l’emprunté, mais aussi par la façon de vivre dans un environnement lui aussi daté. Huit personnes sur dix énonceront les deux signes du changement que sont le droit de vote et le costume. Mais il en est d’autres que l’on pointe par exemple à la maison, à propos du « deuxième métier », avec l’introduction, à partir des années 1950-1960, des machines et instruments regroupés sous la rubrique un tant soit peu démagogique d’« arts ménagers » – sans oublier le « partage des tâches », accepté par maris et compagnons devenus conscients que « faire la vaisselle », « torcher les mômes » ou les « conduire à l’école » n’est pas forcément « humiliant » – bien qu’en ces domaines, les statistiques démontrent que les mères sont plus nombreuses à suivre les études des écoliers que les pères et chefs de famille…

Un changement plus ancien s’est produit à partir des années 1910-1920, lorsque les femmes conquirent une partie de leur indépendance financière en travaillant à l’usine, à l’atelier, à l’école, à l’hôpital… ou en remplaçant les hommes dans les champs, au cours de la Grande Guerre. Toutefois, ce fut bien une partie seulement de cette indépendance si l’on tient compte du fait que le droit d’avoir un compte en banque personnel fut soumis à l’autorisation du mari jusque dans les années 1960 (en France). Désormais, la féminisation d’un grand nombre de métiers (et jusqu’au métier militaire) en découle…

Le changement le plus récent est attaché au droit à une maternité choisie et, en conséquence, à la liberté de répondre comme on l’entend à son désir sexuel – ce qui n’a pas été sans influencer le vêtement. C’est sans doute sur ce point que les mœurs ont le plus « bougé ». La mixité dans les établissements d’enseignement secondaire (vieille d’une cinquantaine d’années en France), le développement des idées de « libération » d’une morale judéo-chrétienne au cours des années 1970 – qui porta surtout sur les affaires de cul –, l’extension de la pornographie et de l’exhibitionnisme (lesquels ont fait table rase de la grivoiserie mais beaucoup moins de l’hypocrisie), la revendication de l’homosexualité, le développement de l’union libre (PACS ou pas) – un couple sur deux vit « non marié » –, sont les derniers avatars du changement puisqu’ils sont les plus combattus, sinon les plus mis en cause, et puisqu’ils font l’objet de débats sans fin, qu’ils occupent des sessions entières du champ politique. Au passage, on se souviendra aussi d’un archaïsme attaché paradoxalement au modernisme : l’entrée de l’Automobile Club de France, citadelle du machisme, reste toujours interdit aux « femmes seules » !
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Pour certains, le changement apporté par le vingtième siècle se sera manifesté « comme un toit qui perd ses tuiles ». C’est ce que regrettera un des derniers misogynes… lequel, bien entendu, aura la nostalgie de l’antique hiérarchie où chacun était à sa place, c’est-à-dire l’homme au sommet. Sur ce sujet, il est intéressant de relire les « arguments » développés par les uns et les autres contre l’inéluctable. Rien n’aurait-il changé ?

illustrations : "Coll.Combier"

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20 octobre 2009

VILLES EN VRAC,UNE GEOGRAPHIE AU PETIT BONHEUR 5 MONTEVIDEO

LAUTREAMONT, LAFORGUE , SUPERVIELLE, MONTEVIDEO


Je ne sais si l'oeuvre de Laforgue, celle de Lautréamont ou celle de Supervielle ont été influencées`par leur lointaine naissance, en tous cas, curieux destins que celui de ces deux auteurs français nés aux antipodes...

LAUTREAMONT ET LAFORGUE VUS PAR VALLOTTON

180px_Lautr_amont_by_Vallotton180px_Jules_Laforgue_by_VallottonMais il y a aussi ce calotype magnifique de Lautréamont:

lautreamont1





SUPERVIELLE, par HARCOURT

supervielle





Lointaine , dans l'autre hémisphère, et pendant que je vous en parle en automne, là-bas ,c'est le printemps. Le printemps sur la Plata....Le Rio de la Plata. Découvert par Magellan, le pauvre, qui croyait avoir trouvé le passage vers le Pacifique...il lui faudra encore 6 mois et un hiver en Juillet, pour y parvenir. Montevideo. 2 millions d'habitants. En face de Buenos-Aires. En face, façon de parler. Entre les deux villes, 345 km ! Douze heures de ferry. Montevideo est presque à l'embouchure de la Plata dans l'Atlantique alors que Buenos-Aires est beaucoup, beaucoup lus loin dans les terres. Rio_de_la_PlataFausses jumelles, donc que ces deux villes pourtant étrangement semblables par leur destin. Montevideo , pour nous, Français, c'est avant tout ,excusez du peu , deux grands écrivains, Lautréamont et Laforgue. Curieusement , deux météores, contemporains, et morts excessivement jeunes.  Montevideo fondée par les Espagnols pour faire pièce aux Portugais, malgré le Traité de Tordesillas de 1494 qui partageait le monde en deux et attribuait, de facto, le territoire de la Plata aux Portugais. La ville est récente,(1727)  et fut édifiée sur un ancien comptoir espagnol, fondé un siècle auparavant (Colonia del Sacramento). En 1814, dans le grand vent bolivarien d'indépendance, l'Argentine aida la colonie de Montevideo à se débarrasser de la présence espagnole. Mais c'est en 1828 que le pays devint indépendant, profitant d'un conflit entre l'Argentine et le Brésil. L'Uruguay est probablement l'un des pays les plus plats de la palnète. C'est le pays de la pampa , au même titre que l'Argentine, et le point culminant s'élève à la hauteur vertignieuse de 500 m. Montevideo est considéré comme "le Paris du Cône Sud".En voilà la preuve.... Montevideo










Or, curieusement, si , sur le plan des paysages urbains, on perçoit, en effet, des influences du cycle haussmannien, montevideo_uruguayet que l'on pense réellement à la capitale française, c'est l'Angleterre qui influencera durablement, au XIXème siècle le destin de la ville, ce qui permit au pays d'échapper au contrôle de ses deux puissants voisins. L'Uruguay a une vieille tradition démocratique et le coup d'état fasciste qui y eut lieu en 1973 et dura 8 ans laissa de cuisants souvenirs. Ce coup d'état, naturellement fomenté par la CIA, contre les Tupamaros, financés par Cuba et le Kremlin, eut pour effet de précipiter ce pays tranquille dans la plus sauvage des trois dictatures de ce temps. Puis, les militaires échouèrent, comme partout et comme toujours, et Montevideo redevint la capitale du pays désormais le plus démocratique d'Amérique Latine. Actuellement, l'Uruguay est en passe de devenir une "colonie" économique" du Brésil, nouvelle puissance impérialiste de l'Amérique Latine...

Vue d'une rue de Montevideo avec des jacarandas en fleur...
Rue_montevideo



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18 octobre 2009

ASTERIX A 50 ANS.C'EST A VOUS !!!!

ASTERIX A 50 ANS....


.....à vous !!!! Ecrivez un petit souvenir ou un petit témoignage.

bd_fond_ecran_asterix_obelix_021

Posté par MONTAIGNEACHEVAL à 17:46 - Commentaires [64] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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